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La Farlède - La Font des Fabres


Le projet immobilier du Pôle agro-alimentaire engagé par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Var a motivé un diagnostic archéologique effectué en 2008 à La Farlède, Chemin de La Font des Fabres et réalisé par F. Conche (INRAP). Les résultats obtenus ont impliqué une fouille, conduite en 2009 par S. Mayoud (Archeodunum) dont un bilan est présenté ici. Trois fenêtres de fouilles ont été prescrites pour une surface totale de 13000 m². La période d’occupation mise en évidence sur le site est très courte. En effet la majorité des vestiges est daté du Ier au début du IIe s. ap. J.-C.

Une petite série de silex a été découverte à la surface du substrat et directement sous la terre végétale, dans la partie nord-est de la zone 3. Au nombre de 17 fragments, la série contient 3 grattoirs et 11 lames ou fragments de lame. Ceux-ci sembleraient dater de la période du Paléolithique supérieur. Les fragments ne sont accompagnés d’aucune structure et nous indiquent donc seulement une fréquentation ou un indice de site pour cette période.

Une voie, construite dans le courant du Ier s. ap. J.-C., située au milieu de l’emprise, montre une orientation nord-ouest / sud-est. Elle a été observée lors de la fouille sur 80 m de long et 6 m de large au maximum. Des traces d’ornières sont présentes en surface. Les différentes sections effectuées montrent plusieurs recharges de sable et de galets. Cette voie est toutefois mal conservée dans certains secteurs car elle a subi les dégradations liées aux cultures postérieures. La section stratigraphique la plus représentative montre une épaisseur de la voie de 45 cm. Elle est accompagnée de deux fossés bordiers ainsi que d’un fossé parallèle se trouvant au sud.
Cet axe conduit-il vers les vestiges antiques connus sous le village actuel de La Farlède ? Dessert-il, par l’intermédiaire d’un autre axe, la villa du Réganas située à l’ouest de notre site ? Quoi qu’il en soit, cette voie appartient vraisemblablement à un réseau viaire desservant les différents domaines ruraux qui occupent la Basse Vallée du Gapeau durant l’Antiquité.

La présence de canaux d’irrigation observés lors du diagnostic a été confirmée lors de la fouille sous la forme de structures d’adduction.
En premier lieu un grand fossé hydraulique, que nous pouvons qualifier d’aqueduc, traverse l’emprise de la fouille du nord-est au sud-ouest sur 335 m de long. Il présente le schéma de colmatage suivant : une première phase de dépôts sédimentaires argileux dus à la circulation de l’eau, puis une phase d’abandon et enfin une reprise de l’activité hydraulique entraînant des dépôts limoneux.
A ce canal se rattachent une série de fossés venant à priori l’alimenter en eau. Le fonctionnement de ce réseau hydraulique, antérieur à la voie, est maintenu lors de la construction de celle-ci. C’est ce que montrent au moins deux structures bâties déjà reconnues lors du diagnostic et permettant au fossé – aqueduc de franchir le fossé bordier nord de la voie ainsi qu’un fossé situé plus au sud. Ces structures, en organisant la circulation de l’eau sur deux niveaux, permettent ainsi le fonctionnement indépendant du réseau hydraulique et des fossés bordiers. Il y a donc ici une volonté de gérer la circulation de l’eau et de maintenir le bon fonctionnement du fossé-aqueduc.

Outre les fossés ayant une fonction hydraulique, de nombreux autres fossés rythment le paysage archéologique. Nous pouvons leur attribuer une fonction soit de drainage, soit de limite parcellaire. Si l’on admet et que l’on complète l’hypothèse de restitution des fossés au sud de la voie, émise par F. Conche, un groupe de huit fossés présente une orientation générale plus ou moins isocline à cette dernière. Ceci nous laisserait présumer que ces structures sont contemporaines ou que les fossés reprennent l’orientation de la voie qui aurait marqué durablement le paysage. Quant aux autres fossés, leur orientation ne correspond à aucun cadastre reconnu dans ce secteur.

Plusieurs ensembles de fosses de plantation de vigne occupent le site. Deux se trouvent au sud de la voie et possèdent exactement la même orientation que celle-ci tandis que trois autres ensembles se trouvent au nord et présentent une orientation divergente (w-s-w / e-n-e). La typologie des fosses, l’entraxe entre les différentes rangées de plantation correspondant à des mesures antiques ainsi que quelques tessons de céramique trouvés dans leur comblement semblent confirmer l’appartenance de ces fosses à la période d’occupation de la majorité des vestiges sur ce site, à savoir les Ier -IIe s. ap. J.-C.
 
Dans le secteur nord de l’emprise, plusieurs types de structures pourraient appartenir à un secteur d’habitat ou plus probablement aux vestiges d’annexes viticoles. Il s’agit tout d’abord de deux tranchées perpendiculaires l’une à l’autre, correspondant soit au négatif d’un enclos soit à celui d’une structure bâtie en matériaux périssables. A proximité de ces vestiges, plusieurs fosses dépotoirs datées de la période flavienne contenaient beaucoup de mobilier dont un nombre significatif de fragments de dolium confortant ainsi l’hypothèse d’une activité viticole. Enfin, à quelques dizaines de mètres, quatre puits (dont un a été fouillé durant le diagnostic) livrent du mobilier d’époque flavienne.


Commune : La Farlède

Adresse/lieu-dit : La Font des Fabres

Département/Canton : Var

Année de fouille : 2009

Période principale d'occupation : Antiquité

Autres périodes représentées : Paléolithique

Responsable d'opération : Séverine MAYOUD

Aménageur : CCI du Var

Raison de l'intervention : Aménagement de ZA ou ZI

Référence bibliographique : Grasso 2014 : GRASSO J., « Pars Fructuaria à La Farlède », Archéothéma, 32, pp. 84-85.

Grasso 2015 : GRASSO J., « La Farlède - Projet de Centralité (phase 2) », Bilan Scientifique Régional Provence-Alpes-Côte-d’Azur 2014, pp. 166-167.