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Seyssins - Pré Nouvel Est - Site 1


Dans le cadre du projet d’aménagement urbain de la ZAC «Pré Nouvel Est» sur la commune de Seyssins dans le département de l’Isère deux campagnes de diagnostics ont été prescrites par le SRA Rhône-Alpes. Ces opérations ont été réalisées par l’INRAP sous la responsabilité scientifique de Pascale Réthoré du 25 mai 2010 au 14 juin 2010 pour la Tranche 1 et de Tommy Vicard du 7 au 30 septembre 2010 pour la Tranche 2. Les résultats positifs de sondages ayant livré des vestiges révélant une occupation aux époques protohistoriques, gallo-romaines et médiévales ont ainsi motivé la prescription de deux opérations de fouilles archéologiques préventives sur deux zones mitoyennes situées au centre des 14 ha de l’emprise du projet, immédiatement au sud de la Voie 21 et de part et d’autre du ruisseau des Boutonnières (Site 1 et Site 2). La fouille du Site 1, concomitante à celle du Site 2, a été conduite au début du printemps 2012 par la société Archeodunum. Elle a concerné une surface de 1600 m².
L’occupation la plus ancienne du Site 1 est matérialisée par les vestiges isolés de cinq trous de poteaux dont la datation peut-être située à l’époque augustéenne.
Entre la fin du Ier siècle et le IIe siècle de notre ère, l’occupation principale du site est caractérisée par l’aménagement d’une voie et par la construction d’un petit bâtiment adjacent.
 La voie orientée ouest-est était conservée sur une longueur d’environ 45 m. Elle était cantonnée au sud par le mur de soutènement d’une terrasse et au nord par un fossé de drainage. Ces ouvrages étant situés sur le flanc d’une pente douce, l’aménagement de la bande de circulation de la voie et la construction du mur furent vraisemblablement précédés par un terrassement et un nivellement du terrain naturel dont la largeur maximale a pu atteindre 5 m.
La chaussée de la voie mesurait initialement 3,5 m de large, soit approximativement 12 pieds. Elle était constituée par six charges et/ou recharges de matériaux rapportés identifiées sur une épaisseur conservée d’environ 0,35 m. Le drainage de la chaussée était assuré par le fossé cantonnant la voie au nord. Ce fossé était conservé sur 1,06 m de profondeur et une largeur totale de 3,25 m. Les données stratigraphiques montrent qu’à plusieurs reprises ce fossé fut curé ou même recreusé. Le mur construit en grand appareil de blocs de calcaire liés à la terre mesurait entre 1 m et 1,20 m de large.
A la même époque un petit bâtiment de plan rectangulaire est établit perpendiculairement à quelques mètres au nord de la voie. Bien que de dimensions modestes (4,80 m x 3,88 m), cette construction offrait une architecture soignée. Les murs, fondés à près de 0,80 m de profondeur en tranchées aveugles, était maçonnés au mortier de chaux et mesuraient 0,52 m de large. Les angles étaient solidement chaînés dès la fondation. Les élévations de 0,42 m de large étaient construites avec des petits moellons calibrés d’une dizaine de centimètres d’épaisseur disposés en assises régulières. Un sol de terre semi excavé à une quarantaine de centimètres sous l’arase des fondations couvrait toute la surface interne du bâtiment (11,75 m²).
En l’absence d’éléments significatifs la fonction de ce bâtiment est demeurée difficile à définir. Des fonctions agricoles, domestiques ou funéraires pourraient être envisagées.
A partir de la fin du IIIe siècle plusieurs événements sont révélateurs de l’abandon et du remaniement de l’espace de la voie ainsi que de la réoccupation du bâtiment. Le mur de soutènement situé au sud de la voie est partiellement épierré. Deux fosses d’extraction de matériaux sont creusées aux abords et sur la bande de roulement de la voie. Une vaste tranchée comblée de blocs défonce la bordure septentrionale de la voie sur toute sa longueur.
Le délaissement des fonctions initiales du bâtiment et sa réoccupation apparaissent dans la stratigraphie par la présence de remblais livrant, hormis de la céramique, des artefacts traduisant l’exercice d’activités artisanales. L’aménagement d’un foyer quadrangulaire sur sole d’argile crue cantonnée par des pierres marque le dernier état de la réoccupation du bâtiment entre la fin du IVe siècle et le début du VIe siècle avant sa ruine complète.
De la période moderne à l’époque contemporaine de nombreux vestiges attestent et témoignent principalement des activités agricoles pratiquées sur ces parcelles. On dénombre ainsi une fosse renfermant le cadavre d’un jeune bovidé, des drains, une canalisation d’adduction d’eau, des tranchées de plantations de vignes et des traces de rubéfaction liées à la réduction par combustion de déchets végétaux.


Commune : Seyssins

Adresse/lieu-dit : Pré Nouvel Est - Site 1

Département/Canton : Isère

Année de fouille : 2012

Période principale d'occupation : Antiquité

Autres périodes représentées : Période moderne,Epoque contemporaine

Responsable d'opération : David BALDASSARI

Aménageur : Territoires 38

Raison de l'intervention : Aménagement de ZA ou ZI

Référence bibliographique : Baldassari 2012 : BALDASSARI D., « Seyssins, Pré Nouvel Est », Bilan Scientifique Régional Rhône-Alpes 2012-1, pp. 108. :

Baldassari 2018 : BALDASSARI B., « Seyssins Pré Nouvel (38). Une voie et un petit bâtiment à l'architecture soignée datés du Haut-Empire à proximité de Cularo », in SEGARD M. (dir.), Établissements ruraux gallo-romains : quelques études de cas, Goillon : In Folio, pp. 259-270.