Notice_site

Fareins - ZAC Parc d'activités de Montfray- Zone C


La société Archeodunum a réalisé une opération de fouille préventive dans la commune de Fareins, sur le futur site de la ZAC Parc d’activités de Montfray – Zone C, du 26 mars au 1er juin 2012. Cette intervention concerne une surface de 3300 m2 située en bordure occidentale du plateau de la Dombes et précède l’aménagement d’une zone d’activités commerciales. Les parcelles concernées par le projet avaient fait l’objet d’une campagne de sondages de diagnostic menée de janvier à mars 2007 par S. Motte (INRAP, S. Motte 2007).
La fouille et les différentes études ont permis de définir deux états d’occupation durant l’Antiquité tardive, ainsi qu’un ensemble de fossés attribué à l’époque moderne voire contemporaine.
Le premier état est daté de la fin du IIIe s. ap. J.-C. Il se caractérise par l’aménagement d’une dépression naturelle sur le bord de laquelle est implantée une batterie de seize fours. La fonction de ces structures n’a pas pu être déterminée (fours culinaires, à vocation agricole ou liés au travail des métaux). Autour de la dépression est creusé un fossé drainant protégeant trois des côtés de la zone de travail et aboutissant, à son extrémité nord-est, dans une mare. Cette dernière a été aménagée pour permettre la production d’argile par lessivage des fines. Un puits et une petite bâtisse vraisemblablement utilisée pour le stockage sont installés au sud-ouest, à proximité immédiate de la batterie de fours. Dans le courant de la première phase, l’édifice est démoli et laisse la place à un puisard de grandes dimensions. L’étude des restes osseux mis au jour dans le comblement du puits attestent une l’exploitation des matériaux issus de l’os durant le premier état.
L’occupation de l’état I s’étend au-delà des limites de la fouille. L’habitat lié aux vestiges explorés n’a pas été retrouvé et il n’a pas été possible de préciser sa localisation.
Le second état est daté du milieu du IVe s. ap. J.-C., soit environ un demi-siècle après la première installation sur le site. Il n’est pas possible de définir s’il y a une continuité dans l’occupation ou si les deux états sont séparés par un hiatus. Les structures et les aménagements de l’état I sont abandonnés, comblés ou remblayés à l’exception de la mare qui est encore sporadiquement en usage. L’état II est matérialisé par un ensemble de bâtiments sur poteaux, tous orientés nord-sud. Il s’agit de trois bâtisses d’un module relativement uniforme présentant un plan à une ou deux nefs et érigés en matériaux légers. A cet ensemble s’ajoute un grenier, implanté au nord-ouest de la zone de fouille. Les autres aménagements associés à cette période se répartissent entre fosses dépotoir et foyers en fosse. Les premières sont présentes dans tous les grands bâtiments. Les foyers en fosse, quant à eux, sont installés uniquement à l’intérieur et autour du bâtiment B1. Ils sont tous de forme rectangulaire et de grande taille, suggérant un usage particulier qui pourrait être une activité de fumaison à chaud ou éventuellement le travail du plomb. L’étude de l’instrumentum a également permis de mettre en évidence des éléments liés à la pratique de la pêche et peut-être au façonnage de la céramique.
Malgré l’absence de foyers domestiques à l’intérieur de ces édifices, il faut sérieusement envisager l’hypothèse de bâtiments d’habitat, au moins pour une partie d’entre eux. En effet, leurs caractéristiques rappellent résolument celles d’habitations. D’autre part, l’absence d’un lieu de vie parmi toutes ces constructions paraît difficile à imaginer. De manière générale, la nature de cette nouvelle occupation n’est pas clairement définie, mais elle semble répondre à de nouvelles fonctions plus complexes, ne se limitant plus à un espace artisanal autour duquel gravitent quelques aménagements. L’état II a été abandonné vers la fin du IVe s. ap. J.-C. et le site n’a pas été réoccupé depuis.
Dans les deux cas, il s’agit donc d’un site à caractère rural regroupant des activités agricoles et artisanales et très vraisemblablement un habitat (non reconnu mais fortement supposé pour l’état I) et une nécropole privée à inhumation totalisant huit tombes mise au jour sur la Zone B du Parc d’activités de Montfray complète très certainement les découvertes de l’état II. Les vestiges reconnus lors de cette opération ne se limitent pas à ce qui caractériserait un site artisanal. L’hypothèse d’installations périphériques à une villa doit également être écartée principalement en raison de l’absence quasi certaine d’une telle installation dans les environs du site. Il s’agit donc plus certainement d’un habitat rural ou d’une « occupation dispersée ».


Commune : Fareins

Adresse/lieu-dit : ZAC Parc d'activités de Montfray- Zone C

Département/Canton : Ain

Année de fouille : 2012

Période principale d'occupation : Antiquité

Responsable d'opération : Bastien JULITA

Aménageur : Communauté de Communes Porte Ouest de la Dombe

Raison de l'intervention : Aménagement de ZA ou ZI

Référence bibliographique : Julita 2018 : JULITA B., « Fareins/Parc d'activité de Montfray - zone C (Ain). Batterie de fours et habitat rural de la fin de l'Antiquité dans les Dombes », in SEGARD M. (dir.), Établissements ruraux gallo-romains : quelques études de cas, Goillon : In Folio, pp. 151-164.