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Lyon - 8 Rue saint-Jean


Réalisée de manière discontinue du 26 mars au 10 juillet 2012 par Vincent Jacob et Aurélie Devillechaise (Sté. Archeodunum), l’étude du 8, rue Saint-Jean a accompagné les travaux de rénovation d’un immeuble urbain sis dans le secteur sauvegardé du Vieux Lyon (Maîtrise d’ouvrage déléguée à la rénovation : Puzzle SAS, Lyon).


Présentation

Le plan de l’immeuble du 8, rue Saint-Jean, est conforme au programme communément observé dans le quartier du Vieux Lyon : deux corps de bâtiments d’habitation s’organisent dans la profondeur d’une longue parcelle en lanière qui ne traverse cependant pas la totalité de l’îlot (longueur hors-œuvre : 25,50 m env. pour 8 m env. de largeur de façade sur rue). Les corps antérieurs et postérieur –ainsi définis relativement à leur position vis-à-vis de la voie publique, contiennent les habitations et sont séparés (ou unis) par une petite cour de plan trapézoïdal.
 Doté d’une cave, le corps de bâtiment antérieur contient sept étages, dont les trois derniers ont une superficie réduite, du fait du retrait de leur mur gouttereau, situé 5 m environ derrière le mur de façade sur rue des cinq premiers niveaux. D’abord double en profondeur et d’une longueur maximum approximative de 11,95 m environ dans-œuvre, il renferme deux pièces, inégales par leur superficie (env. 43,50 et 20 m² respectivement), de part et d’autre d’un mur de refend qui étrésillonne un puits ouvert sur l’allée d’entrée, de la cave au rez-de-chaussée et disparaît cependant au-delà du cinquième étage. Au-rez-de-chaussée encore, le plan double s’augmente de l’allée d’entrée, qui longe les habitations (local boutiquier sur la voie publique et pièce aveugle sur la cour) par le sud et débouche dans la cour. Les sixième et septième étages consistent chacun en une pièce unique de 46,47 m².
 De l’autre côté de la cour, les habitations du corps postérieur, simple en profondeur, sont moins développées, tandis que la largeur de la parcelle s’amenuise d’est en ouest, de sorte que ces dernières ne présentent, du premier au quatrième étage que des superficies réduites, de 21,75 à 24,15 m². Au niveau inférieur du corps se trouve un local voûté servant de remise au commerce aménagé au rez-de-chaussée de l’immeuble, demeuré en activité lors de la rénovation de l’immeuble et pour cette raison non étudié: sa surface restreinte, mentionnée par le plan d’architecte (la pièce est hors-étude) n’est que de 15,32 m².
 Les circulations verticales entre les étages sont assurées par un escalier en vis logé dans une tour de plan circulaire, édifiée en demi hors-œuvre et située à l’arrière des habitations sur rue, à la jonction d’une aile. À chaque étage, l’escalier ouvre directement dans les appartements du corps antérieur, tandis qu’une galerie le relie aux habitations du corps postérieur. Sous ces galeries, une fosse sanitaire a été aménagée dans le sol de la cour.


Étapes de la construction
Dans son état actuel, l’immeuble procède d’un projet cohérent, formulé à la fin du XVIe ou au XVIIe siècle, par la suite amplifié et modifié, mais des antécédences à ce programme ont été relevées sur les murs mitoyens des habitations sur rue. Bien que leur corrélation demeure problématique, ces vestiges semblent s’accorder assez avec les sources disponibles, pour suggérer la restitution, dans le corps antérieur, d’une première demeure de quatre niveaux, quelque peu en retrait par rapport à l’alignement actuel sur la voie publique –ce que trahit un piédroit de porte associé à un fragment de maçonnerie ancien au rez-de-chaussée – et doté d’une cheminée monumentale à l’étage noble, dont la modénature bûchée pourrait remonter au XVe siècle.
Le programme de reconstruction de la fin du XVIe ou du XVIIe siècle a conféré sa physionomie définitive à l’ensemble, mais l’immeuble est d’abord demeuré inachevé. Premier aboutissement, les quatre étages du corps antérieur (au-dessus de la cave voûtée et du niveau boutiquier) étaient dominés par un belvédère qui couronnait la cage de l’escalier en vis et auquel on accédait par une tourelle contenant un escalier secondaire. La distribution des appartements sur rue était identique : on passait de l’escalier vers un couloir débouchant, à l’est du mur de refend, dans les habitations certainement recloisonnées, tandis qu’une seconde porte au travers de ce même mur de refend permettait d’accéder aux cuisines, ouvertes sur la cour. Il est vraisemblable que la réalisation du puits ouvert sur l’allée d’entrée soit de peu postérieure à cette phase principale.
La structure du corps de bâtiment postérieur est en outre posée lors de cette phase de construction principale et s’y remarquent des étapes intermédiaires d’aménagement, qui semblent corroborer l’habitation probable de ses deux niveaux inférieurs, préalablement à la reprise de l’ensemble.
L’immeuble est ensuite effectivement repris, en deux temps. L’ajout des cinquième et sixième étages au-dessus du corps antérieur aboutit à la destruction de l’escalier secondaire vers le belvédère. Leur construction en maçonnerie de pierre semble avoir été rapidement continuée en pan-de-bois, mode de mise-en-œuvre qui caractérise le septième étage sur rue et l’achèvement du corps d’habitation postérieur, ainsi que des niveaux supérieurs des galeries qui y conduisent. Ces travaux paraissent se terminer au XVIIIe siècle. Par la suite, seuls ont été réalisés des aménagements secondaires (cloisonnements secondaires, changements de cheminées…).


Commune : Lyon

Adresse/lieu-dit : 8 Rue saint-Jean

Département/Canton : Rhône

Année de fouille : 2012

Période principale d'occupation : Moyen-Age,Période moderne

Autres périodes représentées : Epoque contemporaine

Responsable d'opération : Vincent JACOB

Aménageur : SCI Saint-Pierre 8

Raison de l'intervention : Restauration/Réhabilitation d'un bâtiment historique