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Saint-Jean-de-Maurienne - Rue Saint-Ayrald


La construction du réseau de drainage le long des murs de la sacristie du XVIIIe siècle a permis une étude des fondations de cette dernière et des niveaux archéologiques qui leur sont associés. Le décapage n’a pas permis d’atteindre les vestiges médiévaux qui se situent sous la cote de fond de fouille. Des travaux récents (XIXe et XXe siècles) ont détruit l’essentiel des niveaux funéraires superficiels dont les seuls vestiges sont représentés par deux sépultures très perturbées. Le mobilier osseux, présentant un bon état de conservation, a permis d’identifier 5 individus (4 adultes et 1 immature), dont deux en position primaire. Les sépultures étant recoupées au-dessus des tibias, il est impossible de déterminer le sexe des défunts en place. Les fosses sont mal conservées et à l’exception d’une présence éventuelle de linceul pour l’une des sépultures, nous ne pouvons pas tirer de conclusions sur les pratiques funéraires. L’apparition à une trentaine de centimètres seulement de la surface de ces deux sépultures permet cependant de penser que l’espace sépulcral est bien conservé sous la voirie actuelle. Les tranchées situées au niveau du chevet de la cathédrale n’ont pas permis d’identifier d’autres niveaux funéraires, qui se situent vraisemblablement à une plus grande profondeur. Des niveaux de voirie pavée ont cependant été mis en évidence, mais aucun élément datant ne permet de les situer chronologiquement.
Les fondations de la sacristie se composent de deux ensembles au faciès différent. La moitié orientale du mur méridional et le mur oriental de cette dépendance sont très homogènes, le ressaut de fondation étant plus important dans l’angle sud-est pour s’amincir progressivement le long des façades.
Il semblerait que l’enfeu actuel ait été aménagé dans le bouchage d’une ouverture plus ancienne dont le seuil, un massif aux contours irréguliers, a été identifié. Il est cependant difficile de dire s’il s’agissait d’une porte ou d’un simple renfoncement. Il pourrait peut-être s’agir d’un premier enfeu, dont l’aménagement actuel serait un avatar tardif.
La différence observée dans la mise en œuvre des matériaux de part et d’autre de ce massif pourrait résulter soit d’une simple étape dans la construction des fondations, soit d’une réutilisation de substructions plus anciennes. Il pourrait s’agir des fondations de la chapelle Saint-Ayrald qui donnait sur la chapelle Saint-Pierre. Ces dernières ont été toutes deux englobées par la sacristie actuelle. Cette hypothèse est renforcée par la mise au jour dans la sacristie d’une maçonnerie orientée nord-sud, dans l’axe du mur oriental de la chapelle Sainte-Thècle située au nord du chœur gothique, et qui pourrait correspondre au mur oriental de la chapelle Saint-Pierre. Nous aurions alors un édifice gothique symétrique avec les chapelles Saint-Thècle et Saint-Pierre de part et d’autre du chevet. Si l’on émet l’hypothèse que la chapelle Saint-Ayrald était configurée de la même manière que les autres chapelles contre le mur gouttereau méridional de la nef et qu’elle était construite sur le côté oriental du clocher, son l’angle sud-est se situerait au niveau de la différence de faciès observée dans les fondations de la sacristie. Nous aurions ainsi un plan très cohérent du collatéral sud de la nef à la période gothique.


Commune : Saint-Jean-de-Maurienne

Adresse/lieu-dit : Rue Saint-Ayrald

Département/Canton : Savoie

Année de fouille : 2012

Période principale d'occupation : Moyen-Age

Autres périodes représentées : Période moderne,Epoque contemporaine

Responsable d'opération : David JOUNEAU

Aménageur : DRAC Rhône-Alpes

Raison de l'intervention : Aménagement de réseaux

Référence bibliographique : Jouneau 2013 : Jouneau D., « Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), cathédrale Saint-Jean-Baptiste », in Bilan Scientifique de la région Auvergne Rhône-Alpes 2012, vol. 1, Lyon, pp. 207.

Jouneau 2015 : JOUNEAU D., « La cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne. Étude archéologique de la grande sacristie et ses apports à la connaissance du monument », Les Dossiers du Musée Savoisien, 1, publication numérique www.musee-savoisien.fr.