Notice_site

Saint-Just-Saint-Rambert - Rempart du Prieuré


Les vestiges de l’enceinte priorale se situent au cœur de la commune de Saint-Just-Saint-Rambert, dans le département de la Loire à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Saint-Etienne. Saint-Rambert, réuni à Saint-Just-sur-Loire en 1973, est un bourg d’origine monastique dont le nom n’apparaît qu’au Xe siècle, jouissant d’une situation privilégiée sur la rive gauche de la Loire. L’enceinte monastique enserrait au Moyen Age l’église priorale Saint-André, l’un des plus beaux exemples d’architecture religieuse romane en Forez, ainsi que l’ancienne église Saint-Jean-Baptiste et le prieuré aujourd’hui transformé en musée. Le clocher-porche de l’église priorale, étudié à plusieurs reprises, a été construit au XIe siècle. Il est enchâssé par les collatéraux de l’église au début du XIIe siècle, et surélevé et fortifié à l’extrême fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle. De nombreux auteurs attribuent l’érection du rempart monastique au XIIIe siècle alors que l’enceinte urbaine serait érigée au XIVe dans le contexte de la guerre de Cent Ans. Un fossé ceinturant l’enceinte monastique est attesté au nord, alimenté par un bief dit « bief des moulins ».
Situé au nord-ouest de l’ensemble prioral, le site, se réduisant au rempart en élévation, est bordé au sud et à l’ouest par des bâtiments, au nord par la rue d’Occiacum et à l’est par la rue De Simiane de Montchal. Au sud-est de ce terrain, se dressent les vestiges du rempart étayés par des renforts en acier sur les parements nord et ouest.
La nature et la localisation du projet de construction d’immeubles sociaux, de part et d’autre de ces vestiges de l’enceinte monastique, ne pouvait donc qu’aboutir à la réalisation d’une opération archéologique préventive. L’ensemble de cette portion du rempart sera conservée dans le futur aménagement.
L’opération archéologique a eu pour objectif de documenter de façon exhaustive l’ensemble des élévations concernées par ces travaux, soit la totalité de cette section du rempart monastique, l’une des mieux conservée. Les datations pour la construction de ce rempart étant assez imprécises, il était évident que le premier objectif était de caractériser sa genèse et les travaux conduits pour son érection, notamment par l’étude des traces laissées par les échafaudages. Une attention particulière devait être portée sur la chaîne d’angle, à savoir si elle marquait un lotissement intérieur, un reliquat de tour d’angle ou encore un redent dans la paroi verticale. Le second axe de recherche portait sur les aménagements défensifs dans le fonctionnement initial du rempart et les aménagements ultérieurs liés à sa fortification. Enfin, la mesure de l’impact de l’habitat civil sur son évolution, notamment par l’étude précise des ouvertures pratiquées dans le mur, devait être le troisième axe de recherche.
Les éléments acquis sur le terrain concernant la chaîne d’angle verticale peuvent aller dans le sens d’une édification plus précoce que le XIIIe siècle. En effet, la mise en œuvre très soignée de l’appareil, en blocs de granit taillés, peuvent être des caractéristiques attribuables au XIIe siècle. Malheureusement, les rares vestiges de cette enceinte priorale primitive, à voir dans le sens de clôture, ne permettent aucunement d’en restituer le tracé. Si toutefois ce dernier était proche de celui que nous connaissons, nous pouvons imaginer qu’il se trouvait à l’angle nord-ouest de l’enceinte, un bâtiment probablement de forme carré ou rectangulaire et pouvant s’apparenter à une tour d’une hauteur minimum de 7,40 mètres.
Une importante restructuration du rempart décomposée en deux phases distinctes est effectuée au XIVe siècle, période d’insécurité. En effet, l’épaisseur des murs, leur orientation, et les décalages horizontaux dans l’alignement des logements de boulins le confirment. L’emprise Saint-Just-Saint-Rambert (Loire), rempart du prieuré, rues Occiacum et Simiane de Montchal de ces nouveaux aménagements devait être sensiblement la même que celle que nous pouvons encore observer aujourd’hui. Lors de la première phase de restructuration, le plan carré du XIIe siècle disparaît au profit du plan semi-circulaire. L’angle des murs nord et ouest forme alors avec les vestiges de la chaîne d’angle un bâtiment comparable à une tour, s’élevant sans doute plus haut que le reste de l’enceinte. Deux ouvertures sont créées dans cette construction, dont une au moins est de type défensif.
A l’époque moderne, le rempart perd son statut d’enceinte fortifiée. Différents aménagements sont opérés, liés à l'installation d'une ou plusieurs habitations à l’intérieur du rempart. Ils indiquent un changement de statut de l’enceinte monastique. Une construction devait se développer sur l’extérieur du rempart, accolée au mur nord. A l’intérieur de l’enceinte, il s’agit de maisons d’habitation dotées de plusieurs étages et pour lesquelles des baies ont été créées dans le rempart.
Le prieuré semble décliner au XVIIIe siècle et il est vendu après la Révolution française. C’est probablement à cette même époque que l'enceinte monastique commence à être largement percée et détruite. Des bâtiments d’habitation vont se développer de part et d’autre du rempart. De larges percements sont réalisés dans des baies préexistantes afin de répondre aux mœurs et aux notions de confort de ces siècles.
Les principaux aménagements du XXe siècle se situent sur l’extérieur du rempart avec la construction d’un ou deux bâtiments, n’affectant que très peu les élévations.


Commune : Saint-Just-Saint-Rambert

Adresse/lieu-dit : Rempart du Prieuré

Département/Canton : Loire

Année de fouille : 2012

Période principale d'occupation : Moyen-Age,Période moderne

Autres périodes représentées : Epoque contemporaine

Responsable d'opération : Cécile RANDON

Aménageur : Cité Nouvelle

Raison de l'intervention : Construction de logements/projet immobilier

Référence bibliographique : Le Progrès 2012 : Le mur du rempart du prieuré sera bientôt restauré, Le Progrès, p.19.