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Magny-les-Hameaux - Abbaye de Port royal des Champs- La Porterie


Réalisée en mars-avril 2012, l’opération archéologique, qui portait sur quatre bâtiments en ruine disposés à proximité du portail d’entrée de l’ancienne abbaye, précédait les travaux de restaurations visant à doter le site d’un nouvel espace d’accueil pour le public. L’étude a consisté pendant trois semaines en une analyse archéologique du bâti des structures conservées en élévation, puis, durant cinq jours, trois sondages ont été ouverts au voisinage de l’entrée. Les résultats issus de cette campagne permettent désormais de mieux connaître la chronologie et l’aspect de la porterie pour les périodes médiévale, moderne et contemporaine.
Les deux piles marquant l’entrée sont les seuls éléments conservés en élévation qui appartiennent au dispositif d’entrée originel, vraisemblablement attribuable à la seconde moitié du XIIIe siècle. Construits en moyen appareil de blocs de meulière, elles recevaient certainement à l’origine un arc brisé – justifiant la présence des contreforts – dont l’arrachement des sommiers s’observe encore à l’examen des faces internes des piédroits. A 2 m à l’ouest du contrefort occidental, s’élevant sur environ 3 m de hauteur, une maçonnerie de facture identique pouvait laisser présager l’existence d’une porte piétonne, dont le piédroit, présentant une feuillure de 7 cm et se terminant par un talus, a été retrouvé dans le sondage n° 1. Toutefois, la fondation de ce massif recoupant le niveau de chantier lié à la construction du contrefort, l’aménagement de l’accès piétonnier est intervenu dans un second temps, relativement proche chronologiquement à en juger par le profil des moulures.
Partant, l’analyse archéologique du bâti a mis en évidence la faible présence d’éléments médiévaux composant l’actuelle porterie; à l’inverse, elle a révélé de nombreuses maçonneries érigées au XVIIe siècle, appartenant soit au mur de clôture élevé vers 1616 à la demande d’Antoine Arnauld, père de l’abbesse réformatrice Mère Angélique, afin de séparer matériellement les religieuses du monde extérieur, soit aux travaux de fortifications entrepris sous la Fronde, vraisemblablement par les Solitaires chargés de défendre le site sous le commandement de Louis-Charles d’Albert, duc de Luynes. Ainsi, le bâtiment A s’appuie au nord sur l’ancienne clôture, conservée sur 3,50 m de hauteur, sur laquelle ont été greffées deux tours de défense flanquant l’entrée. L’angle nord-est du bâtiment C correspond aux vestiges d’une tour, agrandie et transformée en bâtiment agricole par la suite. Deux niveaux de bouches à feu au nord et au sud assuraient la défense de la porte d’entrée. Les bouches-àfeu, dont certaines ont été sondées, associent blocs de meulière et/ou de grès et possèdent une profonde embrasure de tir, abritée sous un linteau en bois. Le mur tourné vers l’extérieur du bâtiment E possédait également une ouverture de tir, renforçant ainsi le flanquement horizontal de la porterie. A la même époque, la porte piétonne est vraisemblablement modifiée.
Après la suppression et la destruction de l’abbaye en 1711, des bâtiments à vocation agricole sont installés à l’emplacement de la porterie. Ainsi le bâtiment C est-il agrandi vers l’ouest et transformé en étable ; le bâtiment A, habitation à deux niveaux et possédant un four à pain, est accolé à l’ancienne clôture à proximité du portail, dont les piédroits sont refaits. Enfin, l’ancienne tour occupant le bâtiment E, dont trois murs ont été arasés, sert probablement de hangar grâce à l’installation de deux piliers destinés à recevoir une couverture.
Au cours des XIXe et XXe siècles, le bâtiment A est agrandi dans un premier temps vers l’est, puis vers le nord (bâtiment C) ; le bâtiment E est transformé par la pose d’une toiture en Magny-les-Hameaux (78), Abbaye Port-Royal-des-Champs, Porterie - site n°78 356 003 18 appentis, reposant sur des murs maçonnés. Enfin, dernière construction, un réduit voûté et chauffé est aménagé à la jonction des bâtiments B et C.
Quant aux sondages, outre la mise au jour du piédroit de la porte piétonne déjà mentionnée, ils ont permis d’étudier les fondations des maçonneries médiévales, construites en tranchées aveugles, et de découvrir l’existence d’un radier assurant un chaînage entre les deux piles, renforçant l’idée de l’existence d’un arc brisé. Par ailleurs, les sondages avaient pour objectif de confronter la réalité archéologique aux gravures de Madeleine Horthemels (1686-1767), auteur des plus anciennes représentations de la porterie, qu’elle dotait d’un passage couvert. Les sondages, dans le prolongement du portail, n’ont révélé aucune structure maçonnée, contredisant ainsi les témoignages iconographiques dont l’inexactitude avait à maintes reprises été soulignée.


Commune : Magny-les-Hameaux

Adresse/lieu-dit : Abbaye de Port royal des Champs- La Porterie

Département/Canton : Yvelines

Année de fouille : 2012

Période principale d'occupation : Période moderne,Epoque contemporaine

Autres périodes représentées : Moyen-Age

Responsable d'opération : Julien NOBLET

Aménageur : Musée national de Port-Royal-des-Champs

Raison de l'intervention : Restauration/Réhabilitation d'un bâtiment historique