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Genas - ZAC G SUD- Tranche 2


Cette opération intervient dans le cadre de la construction d’une ZAC implantée au sud de la commune de Genas au lieudit Les Grandes Terres, en bordure de la Rocade Est (RN 346), en plein cœur des vastes plaines fluvio-glaciaires de l’est lyonnais. Devant l’importance des surfaces concernées par les futurs aménagements (44 ha) le projet de construction a été subdivisé en cinq tranches successives. Les diagnostics menés par l’INRAP en 2011 sur les deux premières tranches ont livré les traces d’un vaste réseau de fossés parcellaires, pour lesquels une datation antique est présumée. Au nord de la parcelle, ce sont les vestiges d’un bâtiment sur solins de galets et diverses structures annexes qui ont été mis au jour. Ces résultats positifs ont conduit le SRA à prescrire deux opérations de fouilles. Celles-ci ont été réalisées concomitamment entre la fin du mois de février le début du mois d’août 2012.
La fouille de la Tranche 2 a concerné les parcelles ZO 4, 9, 12, 26, 27, 45, BK 33, 34, implantées au sud et à l’ouest de l’emprise de la future ZAC, sur une superficie globale de 22 500 m2 . Cette opération vient compléter les résultats obtenus lors de la fouille de la Tranche 1. Cette dernière a permis la mise en évidence d’un petit établissement rural antique, implanté au nord de l’emprise, occupé à partir de l’époque tibérienne jusqu’à l’Antiquité tardive (seconde moitié du IVe s. ap. J.-C.). Celui-ci était encadré par une série de fossés délimitant et desservant l’espace dévolu à l’habitat et aux activités artisanales. Un vaste réseau fossoyé, vraisemblablement lié à un découpage parcellaire de l’espace agricole environnant, avait également été observé à cette occasion.
Cette seconde tranche de fouilles consistait uniquement en un suivi linéaire des fossés repérés lors de la phase de diagnostic. Ces fossés devaient être repris et suivis sur toute la longueur de l’emprise à la recherche de zones de jonction et/ou de recoupement, ainsi que d’éléments permettant de préciser leur datation et éventuellement leur organisation structurelle au sein d’un ou plusieurs systèmes parcellaires normés.
Quatorze linéaires ont ainsi été mis au jour. La plupart d’entre eux constituent les prolongements de fossés déjà observés lors de la fouille de la tranche 1. Ainsi, les deux fossés bordiers parallèles signalant la présence d’une voie méridionale ont été retrouvés et suivis. Les niveaux de circulation associés n’ont pas pu être observés, vraisemblablement effacés par des siècles de pratiques agricoles. Trois fossés liés à la structuration du secteur environnant l’habitat ont également été prolongés sur quelques dizaines de mètres et l’un d’eux a livré les traces d’un aménagement de galets probablement lié à une volonté d’assainissement ou de drainage. Seul un axe inédit a pu être mis en évidence et ce dernier n’a pu être daté.
Au sud-ouest de l’emprise, un groupe de fossés pourrait délimiter un espace enclos quadrangulaire d’environ 53 x 151 m. Si la largeur observée semble compatible avec les données métriques antiques (1,5 actus), la zone ainsi délimitée parait trop grande pour un espace agricole. Bien qu’on ne puisse exclure la présence de subdivisions de l’espace n’ayant pas laissé de traces (haies, clôtures ?), l’hypothèse d’une zone liée à l’élevage (pâtures ?) est également envisageable. Peu d’éléments nous permettent de proposer une datation. Notons que deux de ces fossés semblent liés au passage de l’axe viaire antique puisqu’ils ne le recoupent pas. Néanmoins, la confrontation des axes observés avec le cadastre napoléonien et d’anciens clichés aériens du secteur laisse apparaitre plusieurs superpositions qui pourraient aller à l’encontre d’une datation antique. Les limites techniques liées à cette opération de suivi de fossés (simple tranchée de 3 m de largeur) ne nous ont pas permis d’obtenir plus d’informations permettant de trancher entre ces différentes hypothèses.
Cette deuxième phase de fouilles n’a livré que très peu de mobilier, ce qui ne nous permet pas de préciser la datation des fossés. Une majorité d’entre eux parait néanmoins liée à l’occupation antique du secteur. Certains, observés sur des distances trop courtes ou affectant des orientations uniques, n’ont pu être ni datés ni rattachés à un système parcellaire reconnu. On note également la présence de quelques fosses à proximité des fossés sans que l’on puisse non plus les dater ou les rapprocher du fonctionnement de ces derniers.
Enfin, l’extension vers l’ouest d’un fossé parcellaire moderne à contemporain lié à l’implantation d’un chemin agricole a également été observée. Celui-ci traverse le secteur d’est en ouest. Il a été abandonné suite au remembrement mis en place dans les années 1980. Une borne de limite de parcelle, couchée et enfouie, a été mise au jour à proximité.
En définitive, cette seconde tranche de fouilles a surtout permis de compléter certaines données acquises lors de la Tranche 1, notamment par le biais de l’observation de l’extension vers l’ouest de plusieurs fossés. Les éléments de datation et les aspects de chronologie relative attendus n’ont malheureusement pas été rencontrés.


Commune : Genas

Adresse/lieu-dit : ZAC G SUD- Tranche 2

Département/Canton : Rhône

Année de fouille : 2012

Période principale d'occupation : Antiquité

Autres périodes représentées : Epoque contemporaine

Responsable d'opération : Jérôme GRASSO

Aménageur : Société d'Equipement du Rhône et de Lyon

Raison de l'intervention : Aménagement de ZA ou ZI