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Saint-Héand - 6 Rue des Terreaux


Située sur la frontière entre le comté de Forez et le Lyonnais, la ville de Saint-Héand est une ancienne châtellenie comtale, dont le château est mentionné pour la première fois en 1265. L’ensemble médiéval était constitué d’une enceinte adoptant un tracé quadrangulaire à parallélépipédique et d’au moins trois bâtiments : un bâtiment orienté est-ouest, un bâtiment en retour d’équerre orienté nord-sud et une tour circulaire identifiée comme étant le donjon. Ces constructions s’organisaient autour d’une cour.
Le corps de bâtiment nord est le seul de l’ensemble à être intégralement conservé. Il s’agit d’un bâtiment simple en profondeur, doté d’un seul étage sur plancher, dont les accès se faisaient par la façade sud. Il mesure 18 m de long pour une largeur de 8 m hors-œuvre. Du bâtiment ouest, construit en retour d’équerre sud du bâtiment précédent, il ne reste que le mur occidental et le mur pignon sud, partiellement intégré dans les constructions contemporaines. Ce bâtiment mesurait 9,8 m de longueur et 6,15 m de largeur hors-d’œuvre. La position topographique de la tour suggère qu’elle était construite à l’angle sud-est de ce bâtiment. L’homogénéité des constructions étudiées illustrent un programme architectural cohérent et rapidement exécuté. Bien qu’intégré dans un ensemble fortifié (le bourg et probablement le castrum), le bâtiment en « L » mis en évidence ne présente pas les caractéristiques d’une maison forte ou d’un logis castral mais plutôt d’une maison-manoriale. La mention « d’Hôtel de Madame », qui lui est probablement associé, illustre parfaitement ce type d’édifice. Le rez-de-chaussée du corps de bâtiment nord devait avoir une fonction domestique et concentrer les activités ancillaires. L’accès s’y faisait par une large porte dont ne subsiste qu’une partie d’un arc en tas-de-charge, et une seule baie en meurtrière éclairait l’espace. L’étage présentait une bipartition inégale de l’espace : le tiers occidental était occupé par la chambre du châtelain, la camera. La pièce était amplement éclairée par une baie géminée à l’ouest et une baie en meurtrière au nord. Elle était décorée avec des enduits peints, dont les maigres vestiges ne permettent pas d’identifier les scènes éventuelles, et chauffée par une petite cheminée adossée au mur sud. L’accès à cette chambre devait se faire par une porte aménagée à l’extrémité nord de la cloison séparant la camera de l’aula. Cette dernière occupait les deux tiers orientaux de l’étage. Éclairée au nord par deux baies en meurtrière similaires à celle de la camera, une porte dotée d’un linteau à soffite surélevée sur coussinets ouvrait sur une galerie externe qui distribuait également l’étage du bâtiment ouest. Les deux pièces de l’étage montaient vraisemblablement sous comble, aucune trace de plafond ou de faux plafond n’ayant été observée. Les volumes étaient donc importants, l’étage devait avoir une hauteur sous la panne faitière de 6,5 m minimum.
Si le château de Saint-Héand est bien mentionné au XIIIe siècle, l’ensemble architectural étudié n’apparait pas dans les sources manuscrites avant le XVe siècle. Bien que la forme barlongue de l’aula et son organisation bipartite se rencontrent dans les manoirs dès le XIIIe siècle, les galeries externes foréziennes sont datées au plus tôt du XIVe siècle (manoir de Teillières) mais surtout du XVe siècle (manoir prioral de Pouilly-les-Nonnains et la galerie de 1442-1443 du prieuré de Montverdun). L’élément le plus caractéristique est la porte sud de la salle du premier étage, avec ses coussinets en doucine et son soffite surélevé et qui ne peut être antérieure au XIVe siècle. L’ensemble étudié est très probablement construit à cette période.


Commune : Saint-Héand

Adresse/lieu-dit : 6 Rue des Terreaux

Département/Canton : Loire

Année de fouille : 2012

Période principale d'occupation : Moyen-Age

Responsable d'opération : David JOUNEAU

Aménageur : Saint-Etienne Métropole

Raison de l'intervention : Restauration/Réhabilitation d'un bâtiment historique

Référence bibliographique : Jouneau, à paraître : JOUNEAU (D.) - « Saint-Héand », in DELOMIER C.(dir.), LE BARRIER C., Archéologie du bâti en Rhône-Alpes-Auvergne, pp. 55-56.