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Oloron-Sainte-Marie - Ancienne école Marie Elisabeth - Place des Cordeliers


L’ancienne école Marie Élisabeth se situe dans le quartier de Sainte-Croix, au cœur de la ville haute d’Oloron- Sainte-Marie, à côté du collège des Cordeliers. Le bâtiment, entourant sur trois côtés une cour intérieure, con- serve dans son aile occidentale des élévations avec des ouvertures du bas Moyen Âge. Propriété du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques, cette ancienne école fait l’objet d’un projet d’agrandissement du collège des Cordeliers. Le bâtiment devait être démoli à l’origine et remplacé par un édifice adapté aux besoins du collège. Cependant, situé au cœur d’un quartier historique, le décrépissage sur quelques mètres carrés a suffi pour mettre en évidence deux portes anciennes. C’est à l’issue de ces découvertes qu’une opération de relevés, de sondages archéologiques et d’analyses archéologiques a été prescrite par le Service Régional de l’Archéologie et confiée à l’entreprise Archeodunum.
L’étude archéologique des élévations de l’édifice a permis d’identifier six phases de construction et de modifications, s’échelonnant du XIVe siècle ou peut-être même du XIIIe siècle, à la seconde moitié du XXe siècle. Les caractéristiques architecturales font état de bâtiments urbains soignés, évoquant des propriétaires aisés appartenant à la bourgeoisie locale. L’étude historique, à partir de sondages pratiqués dans les fonds notariés, a permis de rattacher la propriété des bâtiments à une même famille (les Bagmalère – Bambalère) du XVIe siècle jusqu’à la fin du XIXe siècle. Puis, les bâtiments ont été progressivement cédés à la congrégation religieuse des filles de Sainte-Croix qui créa une école privée qui perdura jusqu’en 2007.
Les vestiges du premier édifice (phase Ia) se cantonnent à la façade du rez-de-chaussée donnant sur la place des Cordeliers. Deux petites ouvertures avec fente de jour et ébrasement interne ouvrent dans ce mur, mais elles ne présentent aucun élément discriminant pouvant les rattacher à une chronologie particulière. Des fondations de mur ont été mises au jour dans les deux sondages. Ils constituaient la partie ouest de ce premier bâtiment.
Puis, les trois bâtiments identifiés sur la façade ouest, sur la rue des Remparts, ont été progressivement réalignés depuis le nord vers le sud pour former le tracé de la façade actuelle (phase II et III). Ceci paraît relever d’une volonté d’organiser la trame urbaine à partir de parcelles régulières dans cette partie-ci de la ville haute, comme en témoignent également les vestiges des bâtisses avec la même disposition et qui sont encore perceptibles plus au sud dans la rue des Remparts. Le bâtiment 1 de la phase Ia a alors subi d’importants réaménagements, avec son agrandissement aux extrémités en direction de l’ouest et de l’est (phases IIa et III), puis une modification du plan dans ses parties nord et est. Le plan final de ce bâtiment et les indices relevés pour celui accolé au nord, permettant la restitution du plan, suggère un module de construction rectangulaire, allongé, d’une cinquantaine de mètre carrés, avec, ouvrant sur la façade occidentale au rez-de-chaussée, une porte et des ouvertures en hauteur (fente de jour avec ébrasement interne et appui avec pente vers l’intérieur). L’analyse des portes, au nombre de cinq, montre un changement dans l’ordonnancement de la façade des bâtiments donnant sur la rue : Les portes primitives au centre de chaque façade de bâtisse sont bouchées et d’autres sont percées de façon excentrée, à proximité de l’angle sud. Ces portes offrent une typologie qui permet de situer leurs phases de construction entre le XIVe et le XVIe siècle (phase IV). Les sondages n’ont pas permis de trouver de niveaux médiévaux en place, seuls un drain et des remblais ont pu être mis en corrélation avec les murs de la fin du Moyen Âge.
Il faut ensuite attendre le XIXe siècle, peut-être la fin du XVIIIe siècle, pour que soient effectuées de nouvelles modifications (phase VI). Les plus importantes interviennent au début du XXe siècle (phase VIb), lorsque la congrégation des filles de Sainte-Croix récupère le pâté de maisons et que les lieux sont transformés en école privée. Afin de créer des salles plus spacieuses, certains murs ont été abattus, les bâtiments donnant sur la cour ont été entièrement réaménagés, ainsi qu’une partie des murs de la façade ouest donnant sur rue à partir du niveau 2.
La relative complexité et la succession des phases sont la conséquence de la cadence effrénée à laquelle les travaux se sont enchainés durant la fin du Moyen Âge et le début de l’époque moderne. Les phases de construction mises en évidence se sont succédé à un rythme soutenu, les laps de temps sans travaux n’ayant pas excédé un demi-siècle entre le XIVe et le XVIe siècle. S’en est suivie une longue période sans travaux dans la partie étudiée, l’extrémité orientale du bâtiment correspondant plus tard à l’école, hors emprise d’étude, a fait pour sa part l’objet de travaux entre les XVIe et XVIIIe siècle. La cadence des travaux reprend au XIXe siècle mais dans une moindre mesure. C’est seulement au tout début du XXe siècle que les deux corps de bâtiments sont réunis et transformés pour les besoins du nouvel établissement scolaire. Ces travaux ont détruits et oblitérés une partie non négligeable des édifices médiévaux, tout en se servant à la fois des murs anciens.


Commune : Oloron-Sainte-Marie

Adresse/lieu-dit : Ancienne école Marie Elisabeth - Place des Cordeliers

Département/Canton : Pyrénées-Atlantique

Année de fouille : 2013

Période principale d'occupation : Moyen-Age,Période moderne,Epoque contemporaine

Responsable d'opération : Thibaut LASNIER

Aménageur : Conseil Général des Pyrénées-Atlantique

Raison de l'intervention : Aménagement d'un lieu public

Référence bibliographique : Lasnier 2013 : LASNIER T, « Oloron-Sainte-Marie - ancienne école Marie-Élizabeth (Pyrénées Atlantique) », Bilan Scientifique Régional Aquitaine 2013.