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Plaisir - Église Saint-Pierre


Réalisée en différentes phases entre août 2012 et septembre 2013, l’opération archéologique, qui portait sur l’église de Plaisir et ses abords immédiats, a accompagné les travaux de restaurations ainsi que l’aménagement de nombreux réseaux en sous-sol. L’étude a comporté un cours volet archéologie du bâti, visant à étudier in extremis les structures en élévation non encore affectées par les travaux, et de nombreuses phases de fouilles stratigraphiques comprenant le décapage de l’ensemble de l’intérieur du lieu de culte et le creusement de plusieurs tranchées tant à proximité de l’édifice que sur la place Saint-Pierre formant parvis. Les résultats issus de cette campagne permettent d’une part de connaître désormais la chronologie et l’évolution architecturale de l’église Saint-Pierre, vocable pouvant constituer un gage d’ancienneté et d’autre part, de mieux appréhender son environnement funéraire.

Des vestiges de maçonnerie, autorisant à restituer un premier édifice doté d’une large nef unique prolongée d’un chœur carré, ont été dégagés lors des fouilles intérieures précédant la pose d’une chape en ciment sur l’ensemble de la surface. Limitées en profondeur, ce décapage n’a pas permis de déterminer une stratigraphie susceptible de rattacher ces vestiges à un siècle donné. Néanmoins, tant les modes de construction que le plan dégagé autorisent à identifier un premier édifice, probablement antérieur à l’an Mil. Une annexe, flanquant la nef au sud, à proximité du chœur, a été ajoutée dans un second temps. Par la suite, une abside quadrangulaire a remplacé le chœur primitif, témoignant d’une volonté de réaménagement du sanctuaire. Détruite lors de la mise en place de l’actuelle croisée, il en subsiste néanmoins quelques traces en élévation mises en évidence par l’étude archéologique du bâti.

Au XIIIe siècle est lancée une campagne de reconstruction de l’église, sur un plan monumental. La première étape a consisté à mettre en place la croisée (d’un transept jamais réalisé) à l’emplacement de l’ancienne abside. Datée du 2e quart du XIIIe siècle par sa sculpture, cette croisée précède la reconstruction de la nef, entreprise au milieu du XIIIe siècle : il en subsiste le mur gouttereau nord – élevé sur les fondations du premier édifice – ainsi que le faux-transept septentrional. L’analyse stylistique a permis d’attribuer au milieu du XIVe siècle la construction de l’actuelle abside pentagonale. La largeur de la nef – aujourd’hui couverte par une charpente des années 1480d (réparée à l’automne-hiver 1556-1557d) – de l’édifice gothique, inférieure à celle du monument du Haut Moyen Age, a été déterminée grâce à l’apparition en fouille de l’arase de l’ancien mur gouttereau sud, placé à l’aplomb de la file de colonnes, matérialisant la séparation avec le bas-côté. Ce dernier a été édifié, comme nous l’apprennent les sources, à l’extrême fin de l’Ancien Régime, période à laquelle furent également modifiées les baies du gouttereau nord et la façade occidentale. Auparavant, au XVIe siècle, avait été ajoutée au sud du chœur une chapelle seigneuriale, modifiée au début du XVIIIe siècle, quand furent érigées une nouvelle sacristie et une tourelle d’escalier (reconstruite en 2012) pour desservir le clocher. Quant aux nombreux travaux des XIXe et XXe siècles, leur portée est parfaitement établie grâce aux nombreuses sources conservées.

Outre les arases des maçonneries tant de l’édifice antérieur que de l’ancien mur gouttereau sud de la nef, les fouilles à l’intérieur de l’édifice ont également permis la mise au jour dans la partie orientale, en dépit des profondes perturbations engendrées au cours des années 1990 par la pose de semelles en béton armées supportant des étais, d’éléments liturgiques, notamment l’ancien autel. Deux états, fonctionnant avec différents niveaux de sol, ont ainsi été reconnus. De nombreuses fosses ont été dégagées en plan, mais non fouillées en raison des cotes altimétriques à respecter.

Quant au suivi du creusement de tranchées aux abords immédiats de l’édifice – au nord, au sud et à l’ouest – mais aussi sur la place, ils ont livré des informations sur l’occupation funéraire aux alentours du lieu de culte, sans toutefois livrer des données sur la délimitation de l’enclos paroissial. La recherche historique menée en archives sur le cimetière a permis de mettre en évidence les nombreux agrandissements opérés entre le XVIIIe et le XIXe siècle, ainsi que les nivellements et curages occasionnés par la transformation du lieu d’inhumations en place publique dans les années 1850. En dépit de ces interventions destructrices, un niveau de sépultures a été conservé tant à l’ouest qu’au sud : l’aménagement des fosses, directement dans le substrat, s’étalent du Moyen Age au début du XIXe siècle. La plus ancienne sépulture datée par C14 appartient au XIIe siècle. Signalons enfin la grande densité funéraire observée au nord de l’église – zone non touchée par les remaniements du XIXe siècle – où six niveaux d’inhumations ont été reconnus.


Commune : Plaisir

Adresse/lieu-dit : Église Saint-Pierre

Département/Canton : Yvelines

Année de fouille : 2012-2013

Période principale d'occupation : Moyen-Age

Autres périodes représentées : Période moderne

Responsable d'opération : Julien NOBLET

Aménageur : Ville de Plaisir

Raison de l'intervention : Aménagement de réseaux