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Toulouse - 97-99 rue Férétra


Une fouille préventive a eu lieu à Toulouse, au 95-97 rue du Férétra d’avril à juin 2014. Cette opération était liée à la construction d’un immeuble d’habitation par Bouygues Immobilier. La fouille a été réalisée à la suite d’un diagnostic réalisé par V. Buccio (Toulouse Métropole) en 2013. Cette opération avait permis d’identifier des vestiges protohistoriques et notamment deux structures interprétées comme des puits.
La prescription archéologique définie par le Service Régional de l’Archéologie de la région Occitanie a porté sur la partie arrière de la parcelle, l’avant étant au moment du diagnostic et de la fouille encore occupée par une maison individuelle. La fouille a porté sur une emprise de 457 m². Bien que d’ampleur limitée, la fouille livre plusieurs découvertes intéressant des périodes différentes.
Tout d’abord, les premiers résultats concernent la période néolithique. Même s’il n’a pas été mis au jour de vestiges immobilier, la présence de céramique dans un niveau remanié est un premier indice qui nous indique une présence humaine dès cette période à proximité. L’occupation néolithique est pour l’instant mal connue dans le quartier Saint-Roch, mais de plus en plus en plus d’indices montrent qu’elle s’étend sur plusieurs hectares et est datable du Néolithique moyen et final. Toutefois, on gardera à l’esprit que l’on ne peut pour l’instant définir ni le statut de l’occupation ni sa chronologie précise, les découvertes étant trop lacunaires. Une autre découverte réalisée lors de la fouille du 95-97 rue Saint-Roch intéresse également cette période. Il s’agit de la datation de niveaux de limons jaunes, épais de plusieurs mètres. Quatre charbons de bois prélevés et datés par 14C donnent des dates cohérentes et indiquent que ces niveaux se sont déposés durant le Néolithique moyen. Ces niveaux correspondent vraisemblablement à des limons de débordements liés aux crues de la Garonne. On peut logiquement en déduire que ce secteur de la basse plaine était donc soumis aux crues du fleuve pendant une partie du Néolithique. Il est probable que l’occupation humaine se soit développée en grande partie hors de cette zone, sur le palier supérieur de la basse plaine garonnaise. D’ailleurs, la céramique datable de cette période que nous avons recueillie lors de la fouille provient de niveaux de ce palier qui ont été remobilisés et qui ont colluvionnés sur les limons jaunes cités ci-dessus.


L’arrêté de prescription de fouille portait principalement sur la compréhension de l’occupation du second âge du Fer et l’articulation de l’installation humaine de cette période avec le contexte géographique, au niveau du talus entre les deux paliers de la basse plaine garonnaise. Malheureusement, l’objectif n’a pas été atteint, la majeure partie du sous-sol de la parcelle ayant été détruit par l’installation d’une carrière durant l’Époque moderne. Toutefois, nous avons quand même mis au jour des éléments renvoyant à la fin du second âge du Fer. Une des principales découvertes, outre quelques structures profondes (dont au moins un puits datable de cette période), est la mise au jour des restes d’une structure de combustion complexe, probablement un four de potier. Cette structure particulière n’est pas isolée dans le quartier car deux autres opérations d’archéologie préventive située le long de la rue du Férétra (au 79 et au 125) ont livré des éléments renvoyant à ce type d’aménagement. Il est donc probable qu'au IIe s. av. J.-C. une activité potière ait pris place sur ou à proximité du talus séparant les paliers de la basse plaine de la Garonne. Ce sont d'ailleurs probablement les matériaux issus du fleuve (limons de débordements) qui ont fourni la base pour production de poterie.
En restant dans le domaine de la confection à base de terre, l’un des éléments mis au jour lors de la fouille et qui occupe la majeure partie de l’emprise est une carrière d’extraction de ces limons, une argilière datable de la période moderne. L’aménagement de cette grande structure a détruit en partie les structures du second âge du Fer situées à sa marge et en a certainement oblitéré d’autres dans une proportion inquantifiable. Il est intéressant de constater que l’implantation de cette carrière et les briqueteries que l’on connaît dans le secteur d’après un plan du XVIIIe siècle exploitent la même veine de limon de débordement qui a été utilisée près de 2000 ans plus tôt par les potiers gaulois.


Commune : Toulouse

Adresse/lieu-dit : 97-99 rue Férétra

Département/Canton : Haute-Garonne

Année de fouille : 2014

Période principale d'occupation : Age du Fer

Autres périodes représentées : Néolithique

Responsable d'opération : Guillaume VERRIER