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Saint-Gence - La Gagnerie


La fouille de Saint-Gence « La Gagnerie, Lots 18 et 45 », réalisée sur une superficie de 2266 m², a permis de documenter un secteur situé en périphérie de l’agglomération gauloise de Saint-Gence reconnue et en partie restituée par de nombreuses fouilles précédentes (Lintz, 2011 ; Maniquet, 2012). Ce sont plus de 400 structures qui ont été ainsi mises au jour et identifiées. La durée de l’occupation depuis le milieu du IIe siècle avant notre ère jusqu’à la moitié du Ier siècle de notre ère permet d’observer l’évolution de ce secteur périphérique au cœur de l’agglomération sur le long terme.
Une première phase datée de La Tène D1 a/b correspond à l’installation d’un chemin encavé orienté sud-ouest/nord-est et encadré de fossés bordiers. Une longue palissade de poteaux matérialise une séparation physique entre cet espace de circulation et les zones au sud où vont s’organiser des activités secondaires identifiées par la présence d’un embryon d’organisation parcellaire dans un premier temps. Des puits dont le statut privatif ou public reste à déterminer prennent place au début de cette phase. Ils seraient à mettre en lien avec des habitations dont il ne subsiste aucun vestige archéologique décelable ou avec les activités artisanales ou annexes réalisées dans le secteur. Une longue série de fosses d’extraction prend ensuite place au sud de cet axe viaire jusqu’à le recouvrir en partie. Un premier bâtiment simple sur poteaux porteurs semble contemporain de cette activité d’acquisition de ressources minérales, probablement de l’argile et des graviers issus de l’arène granitique, et marque le secteur qui semble donc plus que fréquenté que véritablement occupé. La présence dès le début de l’occupation d’un volume très important d’amphores, notamment des récipients gréco-italiques et des Dr. 1A, suggère qu’une origine/volonté économique a présidé à l’émergence de Saint-Gence. Ce nœud économique a-t-il été installé sur une route déjà active dans une volonté de contrôler un marché suite à de nouveaux influx et de nouvelles dynamiques commerciales ou relève-t-il d’une création ex nihilo ?
L’occupation de Saint-Gence perd de sa vitalité durant La Tène D2 a. Le nombre de vestiges archéologiques se réduit de manière importante et se limite à quelques trous de poteau, au comblement supérieur d’un fossé et un foyer. Le mobilier céramique et amphorique notamment ne se retrouve plus qu’en très faible quantité. L’agglomération semble se rétracter sur elle-même, vers le nord-est. L’origine exacte de cette déprise reste aussi à investiguer dans un cadre plus général que celui permis par cette seule fouille.
À partir de la moitié du premier siècle avant notre ère, une recrudescence du nombre de vestiges et du mobilier archéologique est nettement perceptible. D’un secteur qui semblait presque déserté, les découvertes permettent d’observer une extension du cœur de l’agglomération vers le sud-ouest, le long d’un nouveau chemin encavé dont le tracé reprend le précédent en se décalant légèrement vers le nord. Son entretien a été compliqué par la présence de nombreuses structures antérieures plus ou moins importantes. Les plans de quatre bâtiments sur poteaux traduisent ce nouveau dynamisme. Ils sont toujours situés au sud du chemin tandis qu’au nord une série de fosses artisanales traduit une probable activité métallurgique dont l’ampleur reste un peu floue. Dans un second temps, un système d’adduction d’eau est installé sur le tracé du chemin qui est décalé vers le nord. Il est creusé dans une zone qui n’a presque pas connu d’installations antérieures et qui offrait peut-être donc une meilleure stabilité et un entretien plus aisé. Le corpus des amphores est dominé par des formes républicaines tardives et une activité artisanale métallurgique est toujours perceptible.
Le changement d’ère s’accompagne d’une fréquentation bien moindre du secteur. La présence de quelques structures et d’un peu de mobilier suggère une rétractation de l’occupation vers le cœur de l’agglomération et non pas un abandon complet. De gros niveaux de remblais comblent le troisième état du chemin encavé qui ne paraît dès lors plus praticable.
Aucun reste archéologique postérieur au premier siècle de notre ère a été mis au jour dans ce secteur.


Commune : Saint-Gence

Adresse/lieu-dit : La Gagnerie

Département/Canton : Haute-Vienne

Année de fouille : 2016

Période principale d'occupation : Age du Fer,Antiquité

Responsable d'opération : Aurélien ALCANTARA

Aménageur : Limoges habitat

Raison de l'intervention : Construction de logements/projet immobilier

Référence bibliographique : Le Populaire du Centre 2016 : Saint-Gence. Portes ouvertes au chantier de fouilles, Le Populaire du Centre, p.16.

Bosc-Zanardo à paraître : BOSC-ZANARDO B., « Saint-Gence, La Gagnerie - Lots 18 et 45 », Bilan Scientifique 2018, DRAC Nouvelle Aquitaine.