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Lyon - Couvent des Carmes déchaussées


Cette opération s’inscrit dans le cadre du projet de reconversion en établissement d’enseignement supérieur des archives départementales du Rhône, installées dès 1911 dans les locaux de l’ancien couvent des Carmes déchaussés. Le complexe prend place vers 210 m d’altitude sur le versant nord de l’éperon de Fourvière face au plateau de la Croix-Rousse dont il est séparé par la Saône, qui coule environ 50 m plus bas dans le défilé de Pierre-Scize.


Les fouilles menées à cette occasion sur une petite surface de 150 m² accolée à la façade nord du bâtiment actuel ont permis de mettre en évidence le reliquat d’un habitat antique situé en contrebas des sites majeurs de la colonie de Lugdunum. Néanmoins le respect de la cote de fond du projet (207,4 m NGF) ainsi que l’extension limitée de la surface décapée n’ont offert qu’un aperçu partiel de l’occupation. Celle-ci est illustrée par un mobilier céramique hétérogène dont les éléments les plus récents se rapportent au début voire à la première moitié du IIIe s. en association à des tessons des Ier et IIe s. en position résiduelle, pouvant témoigner un ancrage chronologique plus ancien, conformément aux indices, architecturaux et mobiliers, collectés au diagnostic en dehors de l’emprise de fouille (Ducourthial 2016).


Le peu d’aménagements mis au jour dans le cadre de cette opération se recentre dans une petite surface reléguée à l’extrémité sud-ouest de la parcelle, autrement occupée par une alternance de remblais venant niveler ce secteur escarpé de la colline. Signalons tout d’abord une construction semi-enterrée matérialisée par des fondations en pierre sèche d’orientation NO/SE. Implantée en bonne partie sous le bâtiment du couvent, cette pièce n’a été dégagée qu’au niveau d’un chaînage d’angle sans qu’il soit possible d’avoir une idée ni de ses dimensions ni de son articulation spatiale. L’accès se faisait par le nord à travers une volée d’au moins cinq marches se rétrécissant progressivement vers le bas. La cage d’escalier était annoncée par un espace de circulation extérieur grossièrement structuré par un dallage et un radier de pierres en apparence délimités à l’est par un massif de fondation d’orientation N/S. On mentionnera enfin deux structures en creux, dont une probable fosse de plantation, installées en bordure d’emprise à l’ouest de l’espace bâti.
Concernant les matériaux de construction, l’emploi du granite sous différentes formes (dalles, blocs, moellons) s’avère largement majoritaire. Des fragments de TCA, de rares galets et d’encore plus rares blocs de calcaire doré sont également attestés au sein des différents aménagements, qui se caractérisent également par l’absence de mortier. La pratique du remploi d’éléments architecturaux plus anciens, à savoir des blocs de calcaire taillé et des plaques de béton de tuileau, constitue un autre trait distinctif de cette architecture globalement assez modeste.
A défaut d’une planimétrie exhaustive, cet ensemble demeure peu propice à l’interprétation et n’est d’aucun secours pour éclairer la nature de cette occupation, que l’on peut tout au plus qualifier d’habitat au sens large. Une occupation qui devait en tout cas s’étendre bien au-delà des limites imposées par la prescription si l’on en juge par les quelques portions de maçonneries antiques observées dans les caves du couvent lors du diagnostic.
L’ensemble de ces fondations suit une trame générale NO/SE s’adaptant à la topographie de ce secteur avec une disposition parallèle au sens de la pente naturelle.
Dès la seconde moitié du IIIe siècle au plus tard le site est complètement délaissé, comme l’essentiel de la ville haute de Lugdunum qui à partir de la fin du IIe/début du IIIe siècle voit une rétraction progressive avant l’abandon de la colline de Fourvière au profit des quartiers fluviaux.
Après une longue période d’abandon, des travaux de terrassement affectent le secteur au XIVe siècle, dans le probable but d’aménager un espace de jardin. Les rares vestiges mis au jour pour cette phase coïncident avec les premières mentions d’archives du domaine de Thunes, propriété d’Humbert de la Balme, un custode de l’église de Lyon.
Le début du XVIIe siècle est marqué par l’installation de l’institut religieux carmélitain. Démantelé à la Révolution, le couvent accueillit les archives départementales du Rhône à partir de 1911. Les aménagements d’époque moderne et contemporaine correspondent pour l’essentiel à quelques portions de maçonnerie et à des structures fossoyées (fosses, canalisations) et comprennent également un sol en terre battue longeant la façade nord du grand dortoir du couvent.


Commune : Lyon

Adresse/lieu-dit : Couvent des Carmes déchaussées

Département/Canton : Rhône

Année de fouille : 2017

Période principale d'occupation : Antiquité

Responsable d'opération : Marco ZABEO

Aménageur : Institution Sainte-Marie Lyon

Raison de l'intervention : Restauration/Réhabilitation d'un bâtiment historique