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Miramont-Sensacq - Le Bourg


La mise en place du réseau d’assainissement collectif dans le bourg de Miramont-Sensacq par le Syndicat des Eaux du Tursan a donné lieu à une surveillance archéologique des tranchées situées sur deux axes : la rue de l’église, d’orientation nord-sud et la rue du château d’eau, orientée nord-ouest - sud-est. Cette opération, menée du 12 au 21 juin 2017, a permis de suivre 280 m linéaires de tranchées au cœur d’une zone jugée potentiellement riche en vestiges médiévaux par le Service Régional d’Archéologie.

La morphologie des parcelles sur les hauteurs du bourg (218 m NGF), délimitant un espace circulaire, suggère en effet l’emplacement d’une motte castrale médiévale. La topographie de cette élévation naturelle est propice à ce type d’installation. Le contexte archéologique de la commune est assez mal connu, d’autant plus dans ce secteur du village. Sur le plan historique, les archives sont rares, une mention du castrum de Miramont est toutefois attestée dès le milieu du XIIIe siècle. 


Les résultats de cette surveillance sont mitigés. D’importants aménagements postérieurs au milieu du XIXe siècle (édification de l’église Saint-Martin, percement de la rue de l’église et construction du château d’eau) ont bouleversé la physionomie du lieu et ont effacé les marques d’éventuels vestiges. Les observations sur le tracé de la rue de l’église rendent compte d’une installation de l’enrobé et de son remblai préparatoire directement sur le substrat naturel, probablement suite à un important décaissement. Sur la bordure orientale du monticule, seule une structure en creux conservée grâce à sa profondeur a pu être repérée. Il s’agit d’un probable fossé dont le comblement final est intervenu à une époque récente d’après le mobilier retrouvé (XIXe ou XXe siècle). Il est à rapprocher des informations livrées par le plan cadastral de 1843 sur lequel des fossés toujours ouverts sont représentés dans cette partie du village. 
La rue du château d’eau, moins impactée par les nivellements liés aux aménagements récents, n’a cependant pas livré une somme importante de vestiges. Deux niveaux de circulation superposés et composés de galets posés à plat ont pu être reconnus. Si le plus récent date de l’Époque contemporaine, aucun élément n’a permis de dater celui qui le précède et séparé du premier par un épais remblai argileux. Enfin, dans la partie finale de cette rue, se terminant en impasse sur la zone la plus haute, plusieurs séquences d’un même fossé sont apparues. Son tracé en arc de cercle semble se superposer à une limite parcellaire du cadastre dit napoléonien. Du mobilier archéologique médiéval (céramique et scories en grande quantité) atteste de son utilisation comme dépotoir au moins partir du premier quart du XIIe siècle. La présence d’une monnaie issue d’ateliers bordelais (première moitié du XIIe siècle) permet d’affiner la fourchette chronologique. Ce fossé, d’une largeur restituable d’environ 3,5 m, pouvait servir d’enclos castral, séparant l’habitat seigneurial de la basse-cour.Ce fossé est le seul vestige médiéval avéré dans le cadre de cette surveillance.


Commune : Miramont-Sensacq

Adresse/lieu-dit : Le Bourg

Département/Canton : Landes

Année de fouille : 2017

Période principale d'occupation : Moyen-Age

Autres périodes représentées : Epoque contemporaine

Responsable d'opération : Magali GARY

Aménageur : Syndicat des eaux du Tursan

Raison de l'intervention : Aménagement de réseaux