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Sainte-Foy-Lès-Lyon - RD 342


Dans le cadre de l’aménagement de protection contre les inondations du bassin versant de l’Yzeron porté par le SAGYRC, une opération d’archéologie préventive a été menée par la société Archeodunum SAS, du 2 juillet au 3 août 2018, sur une superficie de 395 m², dans la section de la rivière que franchissait l’aqueduc du Gier par l’intermédiaire du pont supportant les conduites forcées du siphon dit de l’Yzeron au quartier de Beaunant dans la commune de Sainte-Foy-Lès-Lyon. La fouille a concerné trois des 29 piles du pont, les piles n° 17, n° 18 et n° 19.
En rive droite de la rivière, cette intervention a permis, contre toute attente, de mettre au jour le massif de fondation de la pile n° 17, cependant basculée de 38° vers l’est. L’amorce de son élévation a été retrouvée à proximité en position secondaire sous la forme d’un gros fragment de maçonnerie de près de 6 mètres de long. Plusieurs blocs de taille en grand appareil de choin de Fay et de pierre de Lucenay ont été retrouvés, soit en connexion avec ce fragment, soit à proximité immédiate, suggérant que la partie aérienne de la pile n° 17 s’élevait sur un soubassement en opus quadratum.
Le massif de fondation de la pile n° 18, jusqu’alors conservé jusqu’à son arase au milieu du lit de la rivière, a pu, notamment, être examiné par l’intermédiaire d’un sondage profond pratiqué sur le côté sud. Permettant d’une part de mettre au jour un coffrage de fondation en bois de sapin, et d’autre part d’atteindre la base de la maçonnerie à 171,57 m NGF, soit 3,44 m sous son arase. Le coffrage était composé de poteaux de sections carrées ou rectangulaires de 13 à 15 cm de côté, et de planches d’environ 36 cm de large et 25 mm d’épaisseur, fixées sommairement aux poteaux avec des clous en fer. Les analyses dendrochronologiques, réalisées par François Blondel (laboratoire Artehis – Dijon), ont révélé que l’abattage des arbres dont sont issues les planches s’est produit en 110 apr. J.-C. Cette datation permet dès lors de situer la construction de l’aqueduc du Gier au début du IIe apr. J.-C.
Sur la rive gauche de l’Yzeron, la pile n° 19 a pu être examinée jusqu’à la base de son élévation. Cependant, des précautions prises vis-à-vis de la solidité de cette pile ont réduit l’exploration archéologique à deux sondages situés au nord et au sud sous le niveau de la première épaulée d’opus reticulatum révélée par le décapage. Ces deux sondages ont, toutefois, permis de mettre au jour un soubassement composé de trois assises de blocs de taille en grand appareil de choin de Fay s’élevant sur environ deux mètres de hauteur.
La fouille a également révélé la présence d’un radier, composé de moellons de gneiss et de mortier, établi entre les piles n° 18 et n° 19. La construction de cette structure maçonnée suggère que dans l’Antiquité, le lit de la rivière se développait probablement en pied du versant oriental de la vallée et qu’il fut canalisé entre ces deux piles. Les données acquises par l’étude géomorphologique réalisée par Stéphane Gaillot (SAVL) montrent que des sédiments alluvionnaires couvraient le radier lors de l’effondrement du pont.
Hormis les études géomorphologiques, xylologiques et dendrologiques, le rapport a été enrichi de deux études concernant les matériaux  : la première sur les mortiers et les briques, prise en charge par Benjamin Clément, la seconde sur les pierres de construction, effectuée par Hugues Savay-Guerraz (Directeur du musée Lugdunum à Lyon).


Commune : Sainte-Foy-Lès-Lyon

Adresse/lieu-dit : RD 342

Département/Canton : Rhône

Année de fouille : 2018

Période principale d'occupation : Antiquité

Responsable d'opération : David BALDASSARI

Aménageur : SAGYRC - Syndicat Intercommunal du Bassin de l'Yzeron

Raison de l'intervention : Aménagement de réseaux