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Saint-Jorioz - Tavan


L’intervention réalisée sur la commune de Saint-Jorioz (Haute-Savoie), s’inscrit dans le cadre d’un projet de lotissement comprenant habitations et commerces (Les Talmeliers) au lieu-dit « Tavan ».
La campagne de diagnostics a été effectuée sous la direction d’A. Rébiscoul de l’INRAP (Rébiscoul, Mège 2007) entre le 29 janvier et le 2 février 2007. À l’issue de cette intervention, une opération de fouilles archéologiques préventives a été prescrite. Une autorisation de fouille a été délivrée à François Menna, pour le compte de la société Archeodunum SA (n° 2007/1218, du 03/09/2007). Les investigations ont porté sur une surface effective d’environ 1500 m2.
Le site a fait l’objet d’une première phase d’occupation dans le courant de la seconde moitié du Ier s. av. J.-C. et de la première moitié du Ier s. ap. J.-C. Un fossé a été creusé au fond d’une dépression naturelle (ancien bras asséché du Laudon ?) a été comblé au cours de la première moitié du premier siècle en vue probablement de la construction d’un habitat. Le mobilier augustéen pourrait correspondre à une occupation contemporaine de cet état avec des bâtiments légers non mis au jour. D’axe nord-ouest/sud-est, la fonction de cette structure reste indéterminée.
Au début du troisième quart du Ier s. ap. J.-C., la dépression naturelle a été largement exploitée de manière opportuniste pour y implanter le mur F [21]. Par endroit, des remblais ont été déposés avant la mise en place de la première assise des fondations qui ont été montées à vue. Ailleurs, le creusement d’une tranchée de fondation a été nécessaire.
Les travaux de remblaiement ont eu pour effet d’aplanir le terrain permettant la mise en place de plusieurs locaux en construction légère de part et d’autre du mur F [21. Ils se matérialisent par des radiers de sols empierrés. Parfois le niveau de sol en terre battue est conservé. Il est possible que des planchers aient recouvert les radiers en l’absence de traces de sols conservées.
Vers la fin du troisième quart du Ier s. ap. J.-C., ces locaux ont été transformés, dans le but de bâtir une villa à péristyle. Le corps de bâtiment est constitué de murs maçonnés. Certains locaux réutilisent des niveaux de sol de la phase précédente. Au nord-ouest de la villa, au moins deux petits édicules ont été mis en évidence. Leur fonction est indéterminée. Avec toutes réserves nous proposons l’hypothèse de modestes lieux de cultes privés ou publics de type sacellum, par analogie avec ceux mis au jour dans de nombreux sanctuaires.
 La chronologie est relative car le mobilier est cohérent tout au long du troisième quart du Ier s. ap. J.-C. Elle est basée sur les phases de construction mises en évidence.
Les seuls indices de datation concernant l’abandon du site sont issus des couches de comblement de la latrine F [220] située dans le local E. Elles comportent du mobilier céramique et métallique daté du milieu du IIe s. ap. J.-C. Il en va de même pour les couches de démolition US 2, 4, 100 et 136.
Plusieurs structures tardives non datées ont été mises en évidence (trous de poteau, foyers, empierrements).
D’autres vestiges situés hors contexte stratigraphique ou ne comportant pas de marqueurs chronologiques ont été documentés (fossé, trous de poteau).


Commune : Saint-Jorioz

Adresse/lieu-dit : Tavan

Département/Canton : Haute-Savoie

Année de fouille : 2007

Période principale d'occupation : Antiquité

Responsable d'opération : François MENNA

Aménageur : Particulier

Raison de l'intervention : Construction de logements/projet immobilier

Référence bibliographique : Julita, Menna 2018 : JULITA B., MENNA F., « Saint-Jorioz/Tavan (Haute-Savoie) : une villa aux abords du lac d'Annecy », in SEGARD M. (dir.), Établissements ruraux gallo-romains : quelques études de cas, Goillon : In Folio, pp. 81-92.