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Lyon - 62 rue Charcot. Le Sextant


Une opération préventive de fouille archéologique a été menée sur l’emprise d’un futur immeuble, « Le Sextant », au n° 62 de la rue du Commandant Charcot, dans le cinquième arrondissement de Lyon. Le site est localisé au sud du plateau du Point du Jour, secteur dont la carte archéologique relève de nombreux vestiges antiques. La parcelle prescrite se situe à l’ouest de la colonie de Lugdunum, au nord du tracé des aqueducs de l’Yzeron et de la Brévenne, près des vastes espaces funéraires s’articulant autour du quartier de Trion, et des rues de La Favorite et Joliot Curie. La fouille de la parcelle voisine en 2002 a livré les vestiges d’une nécropole du Ier s. ap. J.-C., avec notamment la présence de structures funéraires remontant à l’époque augustéenne. Pour finir, le tracé de voies créées par Agrippa sont susceptibles d’exister dans ce secteur. Ces différents éléments ont motivé la prescription d’un diagnostic archéologique réalisé par l’Inrap en 2006. Les sondages ont livré une dizaine de structures funéraires antiques, des drains empierrés, ainsi que les vestiges de l’ancienne clinique « Villa des Roses », détruite au préalable de l’opération archéologique.
La fouille archéologique, confiée à la société Archeodunum, s’est déroulée du 19 mars au 24 mai 2007. Contre toute attente, la zone funéraire se limite seulement à une vingtaine de structures concentrées principalement au nord de l’emprise de fouille : 14 fosses-bûchers, 1 sépulture à crémation en dépôt secondaire, 2 fosses de résidus et 3 fosses dont la fonction reste difficile à déterminer. A cela s’ajoutent probablement les vestiges d’une base maçonnée d’autel avec loculus. Cet ensemble est daté par les différents mobiliers entre le règne de Tibère et la fin du Ier s. ap. J.-C.
A l’ouest de cet espace funéraire, une voie empierrée d’orientation nord-sud large de 4 m environ, succède à une fréquentation d’époque augustéenne matérialisée par des niveaux de circulation et des fosses. Il s’agit très certainement d’un simple diverticule, en raison de son utilisation sur une courte durée (au maximum un siècle) et de son orientation. Juxtaposé à cet axe viaire, un espace de circulation construit à l’aide de galets semble fonctionner avec la zone funéraire. Par ailleurs, une fosse dépotoir, localisée à l’écart des structures funéraires, et comblée par un riche mobilier archéologique, dont une partie a subi l’action du feu, est certainement liée à la nécropole. L’ensemble de ces vestiges est recouvert par un niveau argilo-limoneux daté de la fin du Ier s. ap. J.-C. Aucune occupation postérieure n’a été repérée, si ce n’est un système d’assainissement du terrain (drains empierrés, puisards) et les vestiges de l’ancien établissement médical mis en place à la fin du XIXe s.
L’opération archéologique a permis de réaliser une découverte d’un grand intérêt et confirme bien la présence d’espaces funéraires au sud-ouest de la ville antique et notamment dans ce secteur, mis en évidence lors de la fouille de la parcelle voisine. Ces deux opérations matérialisent un point médian entre les sites funéraires établis de part et d’autres de l’extrémité est de l’avenue du Point du Jour, et le lieu de découvertes anciennes à l’extrémité ouest de la rue du Commandant Charcot. Par ailleurs, si seule une voie secondaire a été mise au jour, desservant simplement des espaces funéraires, l’orientation des fosses-bûchers ainsi que leur concentration au nord du site semblent placer une voie plus importante, d’orientation est-ouest, au nord de la parcelle fouillée. En effet, l’existence à proximité immédiate d’un deuxième axe viaire aurait fonctionné comme pôle d’attraction des structures funéraires.


Commune : Lyon

Adresse/lieu-dit : 62 rue Charcot. Le Sextant

Département/Canton : Rhône

Année de fouille : 2007

Période principale d'occupation : Antiquité

Responsable d'opération : Tony SILVINO

Aménageur : UTEI

Raison de l'intervention : Construction de logements/projet immobilier

Référence bibliographique : Le Progrès 2007 : Un ancien espace funéraire mis à jour , Le Progrès (site web).