Archives de catégorie : chantiers

Fig. 8 : Pot miniature sans doute lié à un défunt

Avant les gendarmes, des Romains

Avant les gendarmes, des Romains !

C’est à la construction d’une nouvelle gendarmerie, et sur prescription de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes (SRA), que l’on doit la plus vaste fouille archéologique jamais ouverte sur l’agglomération antique d’Aquae Segetae (secteur de Moingt à Montbrison). Au cours de l’été 2020, non loin des fameux thermes de Sainte-Eugénie, c’est tout un pan de la cité romaine qui a émergé, sous les pioches et les truelles des archéologues d’Archeodunum, coordonnés par Camille Nouet (fig. 1).

Fig. 1 : Vue aérienne de la fouille
Fig. 1 : Vue aérienne de la fouille
Fig. 2 : Vestiges romains traversés par une canalisation moderne
Fig. 2 : Vestiges romains traversés par une canalisation moderne

Mèches, pièces détachées et mâchefer : un peu d’archéologie industrielle…

Nous nous situons à l’angle de la Rue Centrale et de la Rue du Repos. Tout au long du XXe siècle, la parcelle a vu se succéder des entreprises industrielles : fabrique de mèches et tarauds, scierie, peinture, équipement automobile, etc. Les dernières installations ont été démantelées en 2012. Si, au sol, il n’en demeure qu’une dalle de béton, les archéologues ont mis au jour toute une série de vestiges modernes : canalisations, gaines électriques, fondations en béton armé ou en mâchefer. Fort heureusement, ces constructions n’ont que partiellement détruit les vestiges antiques (fig. 2).

Une ville romaine qui n’est pas inconnue

La ville à laquelle a succédé Moingt s’appelait Aquae Segetae au temps des Romains. Ce nom nous est connu grâce à la célèbre Table de Peutinger, copie médiévale d’une carte routière romaine. La configuration de cette ville thermale se dessine par plusieurs monuments, découverts à partir du XVIIe siècle : un théâtre, des thermes, un probable sanctuaire, des habitations.

Fig. 3 : Plan général des vestiges
Fig. 3 : Plan général des vestiges

Une succession de bâtiments romains

Camille Nouet et son équipe ont découvert plusieurs bâtiments appartenant à différentes époques de l’antiquité romaine, entre le Ier et le IIIe siècle (fig. 3). Les murs, qui sont les premiers repères, sont pour la plupart très érodés. Certains ont conservé l’enduit et la peinture qui les recouvraient. Les sols qui dessinent les pièces des bâtiments sont faits de différentes manières. La plupart du temps, ils sont en mortier de chaux, parfois agrémentés d’éclats de tuiles ou de briques. D’autres sont simplement en terre battue : le mobilier, les poteries principalement, écrasé à leur surface, facilite leur repérage.

Une foule d’objets riches d’enseignements

Les nombreuses poteries sont déterminantes pour les archéologues, car elles permettent de dater les couches dans lesquelles elles ont été trouvées (fig. 4). Les couches de démolition et les remblais, riches en objets et en matériaux brisés, apportent de précieux renseignements sur l’architecture et la vie quotidienne (fig. 5). Une mention spéciale pour les enduits d’une colonnade décorés de motifs végétaux ! (fig. 6)

Fig. 4 : Poteries
Fig. 4 : Poteries
Fig. 5 : Spatule en bronze
Fig. 5 : Spatule en bronze
Fig. 6 : Fragments d’enduits décorés appartenant à une colonne
Fig. 6 : Fragments d’enduits décorés appartenant à une colonne

Un chauffage par le sol, emblématique du monde romain

Un élément remarquable a été dégagé au nord-est de la fouille. Il s’agit d’un hypocauste, un dispositif destiné à « chauffer par en-dessous » une pièce (fig. 7). La chaleur d’un feu dessert, grâce à un canal, un espace souterrain. Ici, des petites colonnes en briques supportent le sol de la pièce chauffée. La chaleur remonte le long des parois par des briques creuses. L’espace peut être une simple pièce chauffée, ou bien une salle de bain. Ce chauffage par le sol est bien connu à l’époque romaine et largement utilisé dans tout l’Empire romain.

Fig. 7 : Vue aérienne de l'hypocauste
Fig. 7 : Vue aérienne de l'hypocauste

Forgerons et sépultures

Au nord de la fouille, l’équipe a trouvé de nombreuses fosses remplies de déchets métallurgiques et de charbons. Cela suggère la présence d’une forge. Au sud, ce sont plusieurs petits pots intacts qui ont été découverts (fig. 8). Ils accompagnaient probablement un défunt. Plus tard, lorsque le quartier antique est abandonné, quelques sépultures sont installées ici et là, sans doute au Moyen‑Âge.

Fig. 8 : Pot miniature sans doute lié à un défunt
Fig. 8 : Pot miniature sans doute lié à un défunt

Ouverture au public : un beau succès malgré les contraintes sanitaires

L’équipe s’est largement mobilisée pour ouvrir le chantier lors des Journées Européennes du Patrimoine, dans le cadre des manifestations organisées par la mairie de Montbrison. Le vendredi 18 et le samedi 19 septembre, ce sont deux classes élémentaires et près de 190 personnes qui ont été accueillies sur le site. Au programme, visites guidées et stands thématiques, sans oublier masques, gel hydroalcoolique et un petit orage qui n’ont en rien réfréné l’enthousiasme des visiteurs…

Et la suite ?

Depuis, le terrain a été rendu à l’aménageur afin qu’il puisse édifier la nouvelle gendarmerie. Côté archéologie, c’est un long travail d’analyse des données recueillies sur le terrain (dessins, photographies, objets, prélèvements) qui démarre. Nos spécialistes vont se livrer à de minutieuses études, afin de comprendre au mieux comment on a vécu dans ce secteur de la ville romaine d’Aquae Segetae. Tous les résultats seront réunis dans un rapport final abondamment documenté et argumenté.

Opération d’archéologie préventive conduite entre juillet et octobre 2020
sur la commune de Montbrison (Loire), Rue du Repos, avant la construction d’une gendarmerie

Prescription et contrôle scientifique : Service Régional de l’Archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes

Maîtrise d’ouvrage : SCI Caserne Montbrison

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Camille Nouet)

Fig. 2 : Restes organiques dans un paléochenal

Et au milieu coulait une rivière

Et au milieu coulait une rivière.

Des Gaulois et des Romains dans la plaine des Tilles.

Au cours de l’été 2020, l’entreprise Archeodunum a réalisé une fouille archéologique au lieu-dit « les Grands Pâtis », sur la commune de Champdôtre (21). Cette opération, prescrite par le Service régional de l’archéologie de Bourgogne-Franche-Comté, était un préalable à l’extension d’une carrière de sable exploitée par la société Maggioni SA. Sur 15 000 m2 au cœur de la plaine des Tilles, Elio Polo et son équipe ont exploré les traces de communautés agricoles gauloises et romaines installées de part et d’autre d’un cours d’eau disparu.

Une rivière disparue, mine de données pour les scientifiques

Bien avant les occupations gauloises et antiques, le site est traversé par une rivière qui semble active vers 10 000 avant J.-C. (fin du Tardigalciaire / début de l’Holocène) (fig. 1). Ce cours d’eau serpentait dans le vaste couloir alluvial actuellement parcouru par la Tille et l’Ouche. Son passage a creusé de nombreux sillons entre des buttes situées au nord et au sud du site.
Une fois colmatés, les anciens chenaux sont restés très humides. Leur comblement tourbeux a piégé et conservé énormément de restes organiques, bois, graines et pollens, qui livrent de précieux renseignements sur l’environnement et le climat (fig. 2). Pour approfondir l’analyse, une collaboration a été mise en place avec le laboratoire Chrono-Environnement de l’Université de Besançon (fig. 3).

Fig. 1 : Vue aérienne de la fouille.
Fig. 1 : Vue aérienne de la fouille.
Fig. 2 : Restes organiques dans un paléochenal
Fig. 2 : Restes organiques dans un paléochenal
Fig. 3 : Le laboratoire Chrono-Environnement de Besançon au travail
Fig. 3 : Le laboratoire Chrono-Environnement de Besançon au travail

Les Gaulois puis les Romains sont dans la plaine

Hormis quelques indices du Néolithique (5000-2000 av. J.-C.), une première fréquentation des lieux semble intervenir à la fin de l’Âge du Bronze (1000-800 av. J.-C.), au sud de la fouille, sous la forme d’un fossé de plan courbe – peut-être un enclos circulaire ?
Ensuite, c’est à la fin de la période gauloise et principalement à l’époque romaine que l’on retrouve des occupants au contact de la zone humide (fig. 6) .
Au Ier siècle avant J.-C., des fosses sont ainsi creusées dans un des bras de l’ancienne rivière – peut-être pour en extraire de la tourbe ? Un fer de hache y a été trouvé (fig. 4).

Fig. 4 : Fer de hache
Fig. 4 : Fer de hache
Fig. 5 : Squelette de chien
Fig. 5 : Squelette de chien
Fig. 6 : Plan général des vestiges.
Fig. 6 : Plan général des vestiges.

Au nord, des enclos pour le bétail 

Au début de l’époque romaine (Ier siècle après J.-C.), un chemin relie le paléochenal à un réseau de fossés situés au nord de la fouille. Ceux-ci dessinent de vastes enclos, que l’on pense destinés au bétail. À l’intérieur, des empreintes de poteaux évoquent des clôtures, des palissades ou des bâtiments. Plusieurs dizaines de fosses émaillent la zone, creusées dans le sable et le gravier. L’une d’elles contenait le squelette d’un chien (fig. 5).

Franchir l’ancienne rivière

Entre la fin du Ier siècle et le début du IIe siècle de notre ère, un nouveau chemin traverse le chenal principal. Large de près de 6 mètres, il est bordé par deux grands fossés, dont l’un renvoie les eaux vers l’ouest. De nombreux objets en poterie et en métal en sont issus (fig. 7).
Plus tard, un apport massif de graviers comble les fossés et le chemin. Pour Elio et son équipe, il s’agit d’opérations d’assainissement facilitant le franchissement de la zone humide.
Ici également, le contexte est favorable à la conservation d’objets, qui ailleurs n’auraient pas résisté aux outrages du temps : éléments organiques (noisettes, glands…), ou témoins des activités humaines, tels que des fragments de pieux (fig. 8) ou une semelle en cuir encore munie de ses clous (fig. 9).

Fig. 7 : Fibule en bronze
Fig. 7 : Fibule en bronze
Fig. 8 : Fragment de pieu
Fig. 8 : Fragment de pieu
Fig. 9 : Fragment de semelle en cuir encore munie de ses clous
Fig. 9 : Fragment de semelle en cuir encore munie de ses clous

Au sud, des puits et un habitat ?

Au sud de l’ancien cours d’eau, nulle trace de chemin, mais un enclos quadrangulaire, qui s’implante sur le fossé de l’Âge du Bronze. On retrouve comme au nord des groupes de poteaux et des fosses, mais en plus grand nombre. L’équipe suppose que c’est ici, ou à proximité, qu’habitaient les gens qui exploitaient ce secteur de la plaine. Un élément qui nourrit cette hypothèse est la présence d’une vingtaine de puits, des fosses circulaires larges de 1,70 m et profondes de 1,80 m (fig. 10). Au fond d’un de ces ouvrages rudimentaires, l’équipe a trouvé un pot complet (fig. 11) et des lames de forces à tondre. Ces objets viennent compléter les éléments de vie quotidienne, mais aussi l’outillage agricole ou artisanal (ciseaux à bois, pierre à aiguiser), recueillis ailleurs sur le site.

Fig. 10 : Un puits vu en coupe
Fig. 10 : Un puits vu en coupe
Fig. 11 : Pot en cours de fouille en laboratoire
Fig. 11 : Pot en cours de fouille en laboratoire

Et maintenant ?

À l’issue du chantier, le terrain sera exploité en carrière. Côté archéologie, nos experts étudieront l’ensemble des données recueillies (photos, dessins, objets, etc.) afin de comprendre au mieux comment on a vécu dans ce secteur de la plaine des Tilles entre le Ier siècle avant J.-C. et le IIIe siècle après J.-C. Plus particulièrement, les données paléo-environnementales alimenteront l’analyse du climat et du paysage sur le temps long. Tous les résultats seront synthétisés dans un rapport de fouille abondamment documenté.

 

Opération d’archéologie préventive conduite en été 2020 sur la commune de Champdôtre, en préalable à une extension de carrière

Prescription et contrôle scientifique : Service Régional de l’Archéologie de Bourgogne Franche-Comté

Maîtrise d’ouvrage : Ets L. Maggioni SA

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Elio Polo)

Fig. 8 : Prélèvement en cours des galets

Jours de fête il a 2800 ans à Corbas (Rhône)

Jours de fête il y a 2800 ans ?

Premiers résultats des fouilles archéologiques à Corbas, Les Grandes Verchères

C’est au nord de Corbas que cinq archéologues d’Archeodunum ont réalisé une fouille en  préalable à un projet immobilier. L’équipe est intervenue en juin et juillet 2020, sur 2 500 m². La découverte principale est un ensemble de six imposants foyers, ultimes vestiges d’un ou de plusieurs repas collectifs, qui se sont tenus il y a environ 2 800 ans.

Un projet de construction à l’origine de la fouille archéologique

La fouille s’est inscrite dans la cadre du projet de construction O’VOL, porté par la société Alila. L’instruction du dossier a déclenché un diagnostic archéologique sur 5 500 m². À la suite de résultats positifs, le Service régional de l’archéologie a prescrit la fouille de 2 500 m² (fig. 1)

Ce qui était attendu : des vestiges de l’âge du Bronze

Des vestiges de la fin de l’âge du Bronze et du début de l’âge du Fer (vers 800 av. J.-C) étaient déjà connus dans le secteur. Le diagnostic préalable a confirmé cette présence, avec de nombreux fragments de poteries et, surtout, deux grands foyers rectangulaires. Si aucune trace d’habitations n’a été détectée aux alentours, cela restait un point à examiner.

Fig. 1 : Alors que le décapage est toujours en cours, la fouille des foyers débute.
Fig. 1 : Alors que le décapage est toujours en cours, la fouille des foyers débute.
Fig. 2 : Les six foyers
Fig. 2 : Les six foyers

Des foyers alignés, au milieu de nulle part ?

La fouille a duré quatre semaines. L’équipe, dirigée par Clément Moreau, a découvert quatre grands foyers supplémentaires, pour un total de six foyers (fig. 2-3). Fait remarquable, ces six structures sont situées sur une même ligne, orientée nord-sud. En revanche, peu d’indices du contexte dans lequel ils s’insèrent : de nombreux fragments de céramique, mais pas de bâtiment attesté.
De telles batteries de foyers de ce type ne sont pas rares à la fin de l’âge du Bronze, ou à des époques plus anciennes. Il arrive souvent qu’elles soient situées à l’écart de tout aménagement domestique, dans des confins.

Fig. 3 : Fouille en cours de l'alignement de foyers
Fig. 3 : Fouille en cours de l'alignement de foyers
Fig. 4 : Dégagement des galets d’un foyer.
Fig. 4 : Dégagement des galets d’un foyer.

Un peu de Polynésie à Corbas

Un autre élément frappant est la construction standardisée des foyers. Fosses de 2 m x 1,20 m, restes de bûches carbonisées sur le fond, surmontées d’une couche de galets ayant chauffé (fig. 3 et 4, 5). Au total, c’est près de 1,5 tonne de galets qui était conservée dans les six fosses.
Ce type de foyer est bien connu en archéologie. On le qualifie de « four polynésien », en référence à un dispositif de cuisson encore très fréquent en Polynésie, où il est nommé « ahi ma’a ». Le principe est une cuisson à l’étouffée. Le feu en fond de fosse chauffe les pierres qui deviennent brûlantes. On y dépose alors la nourriture, que l’on recouvre de branchages et de terre, et qu’on laisse cuire pendant plusieurs heures.

Fig. 5 : La fosse d’un foyer, avec les bords rougis par le feu et la couche charbonneuse qui apparaît sous les galets
Fig. 5 : La fosse d’un foyer, avec les bords rougis par le feu et la couche charbonneuse qui apparaît sous les galets
Fig. 6 : Sous les galets, les bûches et les charbons.
Fig. 6 : Sous les galets, les bûches et les charbons.

Quelle occasion, quels convives, quel menu ?

Un seul des foyers de Corbas suffit à nourrir un groupe nombreux. Comme on les a vraisemblablement allumés de concert, il est donc séduisant d’imaginer que les six fours aient servi dans des circonstances exceptionnelles (rassemblement, cérémonie, fête, mariage, etc.), qui resteront hélas dans l’ombre.
Qu’y a-t-on mangé ? Isolée à 15 mètres au sud, une jeune vache a été enterrée entière (fig. 7). Outre le fait que l’absence de découpe ne soit guère compatible avec le fonctionnement des foyers, on ne peut pour l’instant pas dire si l’animal en est contemporain. En revanche, par des analyses chimiques des résidus sur les pierres issues des foyers, on tentera d’identifier les restes des aliments réellement consommés.

La suite des évènements

Sur place, le terrain est désormais disponible pour la suite des aménagements. En souvenir des festins de l’âge du Bronze, un barbecue collectif y sera-t-il aménagé ?
Côté archéologie, les investigations se poursuivent en laboratoire. Les spécialistes d’Archeodunum exploitent les informations recueillies sur le terrain (Fig. 8). Pendant plusieurs mois, une quinzaine de personnes vont se relayer pour décrire et analyser au mieux les vestiges. Hormis les analyses chimiques déjà évoquées, on s’intéressera aux bois brûlés, à la fois pour les dater et pour connaître l’environnement boisé du site. Tous les résultats seront synthétisés dans un rapport final abondamment documenté et argumenté.

Fig. 7 : Jeune vache enterrée plus au sud (ne manque que le haut du crâne).
Fig. 7 : Jeune vache enterrée plus au sud (ne manque que le haut du crâne).
Fig. 8 : Prélèvement en cours des galets
Fig. 8 : Prélèvement en cours des galets

Opération d’archéologie préventive conduite en juin et juillet 2020 sur la commune de Corbas, en préalable à la construction de logements

Prescription et contrôle scientifique : Service Régional de l’Archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes

Maîtrise d’ouvrage : Alila

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Clément Moreau)

Fig. 3 : L’équipe de fouille au travail.

Les riches racines de Boigny-sur-Bionne

Les riches racines de Boigny-sur-Bionne

Premiers résultats des fouilles archéologiques à la ZAC de la Clairière, Tranche 1

C’est au nord de Boigny-sur-Bionne que les archéologues d’Archeodunum ont réalisé une fouille en préalable à un projet de lotissement. L’équipe est intervenue en automne 2019, sur 13 380 m². Elle a mis au jour une imposante villa gallo-romaine, à laquelle ont succédé des occupations du Moyen-Âge. Ces belles découvertes éclairent d’un jour nouveau les lointaines origines de Boigny-sur-Bionne.

Boigny-sur-Bionne et la fouille archéologique. Vue plongeante depuis le nord. En bleu, les vestiges de la villa gallo-romaine. En orange, la fouille de 2021. Fond Google Earth, plan et montage Archeodunum.
Boigny-sur-Bionne et la fouille archéologique. Vue plongeante depuis le nord. En bleu, les vestiges de la villa gallo-romaine. En orange, la fouille de 2021. Fond Google Earth, plan et montage Archeodunum.

Les raisons de l’intervention

La fouille archéologique s’inscrit dans le cadre de la future ZAC de la Clairière. Cet aménagement, piloté par Nexity, est destiné à accueillir des logements. Le projet a déclenché un diagnostic archéologique sur 7 hectares. à la suite de résultats positifs, le Service régional de l’archéologie a prescrit la fouille de 2,7 hectares.

Ce qui était attendu

Selon le diagnostic préalable, les lieux semblent fréquentés entre la fin de la période gauloise et le Moyen‑Âge. En particulier, on attribue une série de maçonneries à un domaine agricole (villa) installé dans un enclos d’environ 3 hectares. Aux alentours, de nombreux vestiges dispersés témoignent d’un ou plusieurs habitats du Moyen-Âge. Enfin, une petite nécropole reste mal datée.

Les principaux résultats à l’issue de la fouille

C’est la partie située au nord-ouest de l’église de Boigny-sur-Bionne que Jérôme Besson et son équipe ont investie en 2019. L’opération a en effet été scindée en deux moitiés égales : la seconde phase de fouille, à l’est, aura lieu en 2021 (fig. 1).

Une avalanche de vestiges

11 semaines de fouille, une équipe passée de 8 à 15 archéologues, 674 vestiges et plus de 1500 couches archéologiques : telle est l’opération de terrain en quelques chiffres. Les découvertes se sont rapidement avérées beaucoup plus nombreuses qu’initialement prévues. En conséquence de quoi, en concertation avec le Service régional de l’archéologie, l’équipe a procédé à des ajustements méthodologiques.

Fig. 2 : Partie sud de la fouille, avec l’église de Boigny-sur-Bionne en arrière-plan.
Fig. 2 : Partie sud de la fouille, avec l’église de Boigny-sur-Bionne en arrière-plan.
Fig. 3 : L’équipe de fouille au travail.
Fig. 3 : L’équipe de fouille au travail.

De riches Gallo-romains

L’occupation gauloise ne semble pas présente dans le secteur investigué – ce sera probablement pour 2021. Les vestiges les plus anciens appartiennent à l’époque romaine.
Au sein de l’enclos repéré lors du diagnostic, l’élément le plus remarquable de la fouille est un très grand édifice rectangulaire, d’axe nord-sud : sa longueur dépasse 58 m ! Ce bâtiment évolue durant toute la période romaine (du Ier au IVe siècle apr. J.-C.), avec la création de pièces supplémentaires.
Le bâtiment est doté d’un vaste bassin et de pièces thermales, équipées d’un système de chauffage par le sol (hypocauste) et d’un réseau de canalisations. Ces éléments témoignent d’un confort certain. Pour les archéologues, il s’agit de la partie résidentielle du domaine – et non de la simple dépendance que l’on avait cru voir ici lors du diagnostic (fig. 4, 5 et 6).

Fig. 4 : Une niche semi-circulaire, emplacement probable d’un bassin dans les thermes
Fig. 4 : Une niche semi-circulaire, emplacement probable d’un bassin dans les thermes
Fig. 5 : Le bassin (à droite) et les thermes (à gauche).
Fig. 5 : Le bassin (à droite) et les thermes (à gauche).
Fig. 6 : Vue d’une cave maçonnée gallo-romaine.
Fig. 6 : Vue d’une cave maçonnée gallo-romaine.

Des vivants et des morts au Moyen Âge

Par la suite, la villa est abandonnée. Probablement dès le Haut Moyen-Âge, ses ruines servent de cimetière. En témoigne notamment une tombe collective de sept individus. Au total, ce sont 26 inhumations que les archéologues ont dégagées. Dans leur majorité, elles sont datées du Moyen-Âge (fig. 7, 8 et 9).
Datées de la même période, de nombreuses fosses et trous de poteau jalonnent le secteur. Ces vestiges indiquent une continuité de l’occupation des lieux, sous la forme de bâtiments en bois. Une vingtaine de fosses creusées dans le sol sont caractéristiques du stockage des récoltes.

Fig. 7 : Tombe collective du Haut Moyen-Âge, installée dans les ruines de la villa antique.
Fig. 7 : Tombe collective du Haut Moyen-Âge, installée dans les ruines de la villa antique.
Fig. 8 : Fouille de la tombe collective.
Fig. 8 : Fouille de la tombe collective.
Fig. 9 : Tombe retrouvée dans le secteur nord.
Fig. 9 : Tombe retrouvée dans le secteur nord.

De la Gaule romaine à Boigny-sur-Bionne

En résumé et en première analyse, c’est un vaste et riche domaine agricole gallo-romain que l’équipe d’Archeodunum a dégagé : plus particulièrement, sa partie résidentielle, située au cœur d’une vaste cour entourée de murs. La fréquentation des lieux semble ensuite constante jusqu’au Moyen-Âge, préfigurant probablement la création du bourg actuel (fig. 10).

Fig. 10 : Plan général des vestiges.
Fig. 10 : Plan général des vestiges.

La suite des événements

Sur place, les terres ont été remises en place et le terrain est désormais disponible pour la suite des aménagements.
Côté archéologie, les investigations se poursuivent en laboratoire. Les spécialistes d’Archeodunum exploitent les informations recueillies sur le terrain. Pendant plusieurs mois, une quinzaine de personnes vont se relayer pour décrire au mieux les vestiges retrouvés et comprendre comment on vivait (et mourait) entre le Ier et le XVe siècle dans ce secteur de l’Orléanais. Tous les résultats seront synthétisés dans un rapport final abondamment documenté et argumenté.
Et rendez-vous est d’ores et déjà pris en mars 2021, pour la suite de l’opération !

à voir : Un documentaire de 10’ consacré à la fouille archéologique de 2019, réalisé par Claude Humbert à la demande de la mairie de Boigny-sur-Bionne

Opération d’archéologie préventive conduite à l’automne 2019 sur la commune de Boigny-sur-Bionne, en préalable à la mise en place d’une ZAC et à la construction de logements.

Prescription et contrôle scientifique : Service Régional de l’Archéologie de Centre-Val de Loire

Maîtrise d’ouvrage : Nexity

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Jérôme Besson)

Journées Européennes du Patrimoine 2020

Journées Européennes du Patrimoine 2020

Archeodunum a le plaisir de vous convier à quatre manifestations.

Entre le 17 et le 19 septembre, les archéologues d’Archeodunum animeront une visite archéologique et deux conférences. Une de nos plus récentes opérations sera présentée dans une exposition. Grâce à ces actions, vous pourrez découvrir quatre sites différents, ainsi que les facettes de notre discipline.

Covid-19 : prenez soin de vous, prenez soin de nous, pensez à vous munir de masques et à respecter les gestes barrières 

Visite de chantier à la Rue du Repos à Montbrison (Loire) : les gendarmes et les Romains

C’est à la construction d’une nouvelle gendarmerie que l’on doit la plus vaste fouille archéologique jamais ouverte sur l’agglomération antique d’Aquae Segetae (quartier de Moingt à Montbrison). Non loin des thermes de Sainte-Eugénie, c’est tout un pan de la cité gallo-romaine qui est en train d’émerger, sous les pioches et les truelles de nos archéologues. Les JEP de cette année sont une occasion unique de découvrir ce riche passé, que vous présentera l’équipe d’Archeodunum à l’œuvre sur place.

Manifestation organisée par Archeodunum en partenariat avec la Mairie de Montbrison

Horaire et adresse : vendredi 18 septembre de 14:00 à 16:00 et samedi 19 septembre de 10:00 à 15:00, angle de la Rue du Repos et de la Rue centrale, 42600 Montbrison

Réservation obligatoire à l’Office du Tourisme de Montbrison

Retrouvez ici la plaquette de présentation du site

Et retrouvez nous sur le site des JEP

Aménageur : SCI Caserne Montbrison

Ambiance de fouille

Conférence à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) : bunkers et nids de mitrailleuses, c’est aussi de l’archéologie

Dans le cadre d’une conférence à plusieurs voix consacrée à « L’archéologie de la Seconde Guerre mondiale dans la Poche de Saint-Nazaire », Mohammed Sassi présentera les résultats de sa fouille récente sur la zone des Brais à Saint-Nazaire. Ce sera l’occasion de se pencher sur l’archéologie de l’enfermement, et sur l’archéologie du Mur de l’Atlantique.

Manifestation organisée par la Ville de Saint-Nazaire, en partenariat avec la DRAC des Pays de la Loire, l’Inrap et Archeodunum

Horaire et adresse : jeudi 17 septembre 2020 à 19:00, Les Abeilles 44, 3 rue de l’Ecluse, 44600 Saint-Nazaire

Entrée libre dans la limite des places disponibles, réservation au 02 28 540 640

Aménageur : SONADEV

Vue de la fouille

Conférence à Sérézin-du-Rhône (Rhône) : la villa sous les arbres

Au printemps 2019, à Sérézin-du-Rhône, une équipe d’Archeodunum a fouillé une riche et vaste demeure campagnarde des premiers siècles après J.-C. Camille Nouet, responsable de l’opération, consacrera une conférence aux résultats de l’opération. Mosaïques, colonnades et aqueducs au programme !

Manifestation organisée par la mairie de Sérézin-du-Rhône

Horaire et adresse : vendredi 18 septembre à 18 :00,  Le Moulin, Salle des Tilleuls, Rue Philémon Descaillots, 69360 Sérézin-du-Rhône

Attention ! Inscription obligatoire.

En raison de l’affluence et des contraintes dues à la pandémie en cours, la structure accueillant la conférence a mis en place un système d’inscriptions. L’entrée est gratuite, mais l’inscription est donc obligatoire.
Inscriptions par téléphone au 06 32 48 76 92 auprès de Mme Pontini.

Pour en savoir plus sur le site, retrouvez l’actualité en sortie de fouille, et la notice scientifique des principaux résultats.

Retrouvez-nous sur le site des JEP

Aménageur : Vilogia

Fig. 6 : Antéfixe en remploi dans un mur

Chambéry (Savoie) : en un temps record, une exposition sur Leminco

De mai à juillet 2020, au pied de la colline de Lemenc, une équipe d’Archeodunum a fouillé des vestiges appartenant à Leminco, la première agglomération antique reconnue à Chambéry. Quelques semaines à peine après le dernier coup de truelle, l’exposition « Lemenc… sous nos pieds » présente ce chantier et les premiers résultats.

Manifestation organisée par les Archives municipales de Chambéry en partenariat avec Archeodunum

Horaires et adresse : samedi 19 et dimanche 20 septembre 2020 de 10h à 12h et de 14h à 18h, Hôtel de Cordon, 71 rue Saint Réal, 73000 Chambéry

Entrée libre dans la limite de la jauge autorisée.

Retrouvez ici le communiqué de presse sur la découverte de Leminco

Retrouvez-nous sur le site de la ville de Chambéry

Aménageur : SNC COGEDIM SAVOIES LEMAN

Objet sorti de fouille
Fig. 6 : Antéfixe en remploi dans un mur

Sous les arbres, une très belle villa gallo-romaine

Sous les arbres, une très belle villa gallo-romaine

Résultats de la fouille archéologique – Sérézin-du-rhône (69)

Au printemps 2019, une équipe de l’entreprise Archeodunum a réalisé une fouille archéologique au 13 rue de la Sarrazinière à Sérézin-du-Rhône (69). Cette opération était un préalable à la construction de logements sociaux par Vilogia. Sur 1250 m², au cœur d’un parc ombragé, nos archéologues ont exploré une luxueuse villa gallo-romaine (fig. 1).

Fig. 1 : La fouille dans son écrin de verdure © Flore Giraud
Fig. 1 : La fouille dans son écrin de verdure © Flore Giraud

A la recherche de la villa perdue

La présence d’une villa antique est supposée dès le XIXe siècle, grâce à des mosaïques découvertes lors de la construction de la gare. En 1971, deux nouvelles mosaïques sont trouvées au 24 rue de Ternay. En 2017, sur la parcelle voisine, l’évaluation archéologique révèle des vestiges analogues. Dès lors, le doute n’est plus guère permis. Nous sommes à l’emplacement d’une vaste et riche maison de campagne gallo-romaine, installée de manière privilégiée au-dessus du Rhône, à mi-chemin entre les villes romaines de Vienne et de Lyon. La fouille promettait donc des découvertes passionnantes.
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Jardins sophistiqués avec vue sur le Rhône

C’est la portion occidentale de la demeure, côté Rhône, qu’ont dégagée Camille Nouet et son équipe (fig. 2). Si l’érosion du bord de plateau a emporté une partie de la construction, on reconnaît au centre de la fouille un vaste portique en arc-de-cercle. Celui-ci ouvre par une colonnade sur un jardin (fig. 3). La vue se prolongeait sans doute en contrebas jusqu’au Rhône. Des fontaines, aujourd’hui disparues, agrémentaient probablement les espaces extérieurs.

Fig. 2 : Les archéologues au travail
Fig. 2 : Les archéologues au travail
Fig. 3 : Base de colonne du portique
Fig. 3 : Base de colonne du portique

De la belle architecture

Côté maison, le portique dessert plusieurs pièces (fig. 4). Le plan de la demeure s’organise selon un principe de symétrie, ce qui est un critère de beauté dans l’architecture romaine. Cette recherche de qualité se reflète également dans les aménagements et les finitions.
Notre équipe a ainsi eu la chance de découvrir des mosaïques noires et blanches (fig. 5), ainsi que des fragments des fresques qui ornaient les murs. Parmi les matériaux, on note la présence de marbres d’importation. Plusieurs antéfixes ont surgi au milieu des ruines des toitures de tuiles ou en remploi dans les murs (fig. 6). Ces plaques décoratives, fixées en rive basse des toits, formaient une frise de visages et de végétaux rehaussés de couleurs (fig. 7) – c’est une découverte tout à fait remarquable !
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Fig. 4 : Plan de la villa
Fig. 4 : Plan de la villa
Fig. 6 : Antéfixe en remploi dans un mur
Fig. 6 : Antéfixe en remploi dans un mur
Fig. 5 : Mosaïque du portique
Fig. 5 : Mosaïque du portique
Fig. 7 : Antéfixe avec des traces de pigments bleu et orange
Fig. 7 : Antéfixe avec des traces de pigments bleu et orange

Sous les sols, des canalisations en plomb amenaient l’eau sous pression, et des conduits en maçonnerie servaient à son évacuation (fig. 8). Ces équipements rappellent l’importance de l’ingénierie hydraulique dans le monde romain, dont les aqueducs de Lyon ou de Vienne sont de puissants témoins.

Fig. 8 : Canalisation maçonnée dans la cour/jardin
Fig. 8 : Canalisation maçonnée dans la cour/jardin

Trois siècles d’occupation

La villa de la Sarrazinière a été habitée entre le début du Ier s. et le milieu du IIIe s. après J.-C. Durant cette longue période, les résidents successifs ont procédé à diverses transformations. Il s’agit de témoignages de la fréquentation des lieux et de choix esthétiques et structurels. La vie des habitants est également illustrée par des graffitis incisés sur des poteries. Une de ces inscriptions est en langue grecque, ce qui est une découverte assez rare (fig. 9). Elle permet de reconnaitre des individus cultivés qui connaissent une langue étrangère. La villa est finalement abandonnée au milieu du IIIe s., vraisemblablement à la suite d’un incendie.

Fig. 9 : Graffiti en langue grecque sur une poterie
Fig. 9 : Graffiti en langue grecque sur une poterie

Et maintenant ?

À l’issue de la fouille, l’aménageur réinvestit son terrain pour la suite de son programme (fig. 10). En écho aux découvertes, les bâtiments s’appelleront Villa Romana et Les Mosaïques ! Côté archéologie, nos experts ont analysé l’ensemble des données recueillies (photos, dessins, objets, etc.) afin de comprendre au mieux le site. Tous les résultats ont été synthétisés dans un rapport de fouille abondamment documenté, remis au Service Régional de l’Archéologie.

Fig. 10 : Le programme Villa Romana à l’emplacement de la fouille © Vilogia
Fig. 10 : Le programme Villa Romana à l’emplacement de la fouille © Vilogia

Opération d’archéologie préventive conduite au printemps 2019 sur la commune de Sérézin-du-Rhône, au 13 rue de la Sarrazinière, en préalable à la construction de logements sociaux.

Prescription et contrôle scientifique : Service Régional de l’Archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes

Maîtrise d’ouvrage : Vilogia

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Camille Nouet)

Fig. 8 : Vénus au moment de sa découverte.

Dans quartier chic, maison romaine avec terrasse et banc en pierre

Dans quartier chic, maison romaine avec terrasse et banc en pierre

Saint-Romain-en-Gal « Route Nationale », principaux résultats de la fouille archéologique conduite par Archeodunum en hiver 2019-2020

C’est à Saint-Romain-en-Gal, dans un quartier très aisé de la ville antique de Vienna que six archéologues d’Archeodunum ont réalisé une fouille de 850 m2, avant la construction de la nouvelle résidence « Les Reflets » édifiée par la SCCV LES REFLETS / OXALYS.
L’équipe est intervenue durant l’hiver 2019-2020. Elle a mis au jour un système de terrasses : la partie amont était bâtie, alors que la partie aval correspondait à un parc ou à un jardin. On y a trouvé, miraculeusement intacts après deux millénaires, un banc et un couple de statuettes.

Un environnement de prestige

La fouille se situe à proximité d’ensembles antiques luxueux (thermes monumentaux du Palais du Miroir, Maison des Dieux Océans), dont les splendeurs sont visibles au Musée et site de Saint-Romain-en-Gal (fig. 1).

Fig. 1 : Vue aérienne du chantier. Au fond, le Musée et site de Saint-Romain-en-Gal. © Flore Giraud pour Archeodunum.
Fig. 1 : Vue aérienne du chantier. Au fond, le Musée et site de Saint-Romain-en-Gal. © Flore Giraud pour Archeodunum.
Fig. 2 : Plan des principaux vestiges.
Fig. 2 : Plan des principaux vestiges.

Des terrasses vers le Rhône

L’élément le plus présent et le plus saillant du chantier est un puissant mur de soutènement, de facture très soignée, qui traverse toute la longueur des 85 mètres du chantier (fig. 2 et 3). Conservé sur une belle hauteur de plus de 3 m, il sépare deux terrasses étagées de 1,30 à 2 m.
Une ouverture dans l’ouvrage correspond probablement à un escalier, aujourd’hui disparu, reliant les deux niveaux. C’est également là que passent plusieurs canalisations enterrées, destinées à évacuer l’eau vers le Rhône (fig. 4).

Du bel habitat…

La terrasse supérieure n’a été qu’entraperçue. Des départs de maçonnerie, associés à des sols en béton, indiquent que des constructions prennent appui sur le mur de soutènement. Des mosaïques entrevues à proximité révèlent une architecture de bon standing.

Fig. 3 : Mur de terrasse.
Fig. 3 : Mur de terrasse.
Fig. 4 : Interruption dans le mur de terrasse et canalisations en cours de fouille.
Fig. 4 : Interruption dans le mur de terrasse et canalisations en cours de fouille.

… combiné à un parc ?

La terrasse inférieure n’est pas bâtie, en tout cas sur les dix mètres de large qui en ont été explorés. Il s’agit probablement d’un parc, dépendant de la terrasse supérieure. Son sol est d’abord plat, puis descend en pente douce en direction du Rhône. Il a été rehaussé à plusieurs reprises à l’aide de remblais. Ces couches successives ont livré toute une gamme d’objets qui nous renseignent sur la vie des habitants, entre le Ier et le IIIe siècle après J.-C. (fig. 5 et 6).

Fig. 5 : Bol en terre cuite avec décor de gladiateurs
Fig. 5 : Bol en terre cuite avec décor de gladiateurs
Fig. 6 : Gourde en terre cuite
Fig. 6 : Gourde en terre cuite

« Un banc, solitaire et moussu »

Sur cette terrasse, l’équipe d’Archeodunum a fait deux découvertes peu ordinaires. Tout d’abord, c’est un banc en pierre de taille (fig. 7), encore debout après deux millénaires – bien qu’un peu de guingois ! Fait d’une assise posée sur deux pieds moulurés, il présente de frappantes analogies avec les bancs qui ornent nos jardins.

Fig. 7 : Banc en pierre retrouvé encore debout lors de la fouille.
Fig. 7 : Banc en pierre retrouvé encore debout lors de la fouille.

La Vénus et le barbu

Un peu plus loin, ce sont deux fragiles statuettes, miraculeusement intactes elles aussi, qui ont émergé sous la truelle et le pinceau des archéologues. Elles sont restées debout, disposées dos à dos et séparées par un petit bloc, à l’emplacement choisi par leur propriétaire. Hautes d’une quinzaine de centimètres, elles sont en terre cuite blanche.
Une des figurines représente une Vénus sortant du bain (fig. 8, 10), un thème très fréquent dans l’iconographie gallo-romaine. L’autre est un personnage barbu, dont l’identité est pour l’heure énigmatique (fig. 9-10). L’ensemble témoigne sans doute d’une pratique religieuse privée, à l’instar des vierges ou des crucifix que l’on trouve encore dans nombre de nos maisons.

Fig. 8 : Vénus au moment de sa découverte.
Fig. 8 : Vénus au moment de sa découverte.
Fig. 9 : La Vénus et le personnage barbu. © Dauphiné Libéré
Fig. 9 : La Vénus et le personnage barbu. © Dauphiné Libéré
Fig. 10 : Barbu au moment de sa découverte
Fig. 10 : Barbu au moment de sa découverte

Pollution et protection

Le terrain d’intervention était lourdement pollué. Pour assurer la sécurité de son équipe, Archeodunum a mis en place un protocole particulier : port d’une combinaison, de gants et de masques de protection (fig. 11).

… Et la suite ?

Dans des conditions difficiles, Archeodunum a donc mis au jour une portion certes réduite, mais à la fois impressionnante et émouvante, d’un quartier chic de la Vienne antique.
Les investigations se poursuivent en laboratoire. Archéologues et spécialistes mènent des études pour affiner et exploiter les informations recueillies sur le terrain. Tous les résultats seront synthétisés dans un rapport final abondamment documenté et argumenté.

Fig. 11 : L’équipe au travail avec ses équipements de protection.
Fig. 11 : L’équipe au travail avec ses équipements de protection.

Opération d’archéologie préventive conduite par Archeodunum entre fin 2019 et début 2020 sur la commune de Saint-Romain-en-Gal (Rhône), Route Nationale, avant la construction de la résidence « Les Reflets ».

Prescription et contrôle scientifique : Service Régional de l’Archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes

Maîtrise d’ouvrage : SCCV LES REFLETS / OXALYS

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Jérôme Grasso)

04 – Fouille de deux squelettes

Il y a 2000 ans, des chiens et des hommes sous la place des Carmes à Clermont-Ferrand

Il y a 2000 ans, des chiens et des hommes sous la place des Carmes à Clermont-Ferrand

Sur le passé, la Place

En été 2019, durant 18 semaines, une équipe d’Archeodunum a investi la Place des Carmes en préalable à son réaménagement complet (fig. 1). La décision de faire procéder à ces investigations archéologiques revient au Service régional de l’archéologie (Ministère de la Culture), qui a également contrôlé la bonne exécution des travaux.
C’est la présence de vestiges antiques et médiévaux qui a justifié l’exploration de 2000 m2. Si le maintien des voiries et des réseaux enterrés ont restreint et morcelé la fouille, les découvertes faites par les dix archéologues sont très nombreuses. Elles lèvent largement le voile sur la longue histoire de ce site, de l’Antiquité à nos jours.

Une moisson de découvertes !

Pour la période romaine, la mieux représentée, plusieurs bâtiments appartiennent peut-être à une vaste villa (fig. 2). Ils sont jouxtés par des sépultures d’hommes et d’animaux. Au Moyen âge, on stocke à cet endroit de la nourriture dans des silos enterrés. Plus tard, des sépultures et des maçonneries semblent dessiner un pôle religieux. Enfin, des galeries souterraines d’époque contemporaine restent pour l’heure assez énigmatiques.

01 - Le chantier vu du ciel © Flore Giraud pour Archeodunum
01 - Le chantier vu du ciel © Flore Giraud pour Archeodunum
02 – Plan des principaux vestiges
02 – Plan des principaux vestiges

2000 m2 pour 2000 ans d’histoire

Il y a deux mille ans, lorsque Clermont est encore la ville romaine d’Augustonemetum, le secteur de la Place des Carmes fait partie de la marge nord-est de l’agglomération. Cette zone suburbaine est traversée par des voies d’accès, le long desquelles se développent des nécropoles. Elle accueille également les premiers domaines agricoles qui exploitent les campagnes environnantes. À la fin de l’Antiquité, la ville se rétracte derrière des remparts et le secteur reste inoccupé. C’est avec l’essor de l’entreprise Michelin, à partir de la seconde moitié du 19e siècle, que la place des Carmes embrasse sa véritable fonction d’espace urbain.

Une villa romaine ?

L’équipe a dégagé de nombreuses fondations de murs un peu partout sur le site. La partie centrale s’est avérée la plus riche, avec un bâtiment de plus de 650 m2 (fig. 3). Composé de plusieurs pièces, il comprend notamment une cave et un espace ouvert à l’est, muni de quatre puits.
À la limite ouest du chantier, une abside semi-circulaire, peut-être en lien avec des bains, annonce un édifice probablement plus luxueux, qui se déploie sous le bâtiment Michelin. À l’opposé, une série de murs appartient à une autre construction qui s’étend en direction de l’est.
Pour l’instant, il est difficile de savoir à quoi correspondent ces trois bâtiments. S’agit-il d’une villa (au sens antique du terme, à savoir un domaine agricole) et de ses dépendances ? ou de bâtiments autonomes ?
On relèvera qu’ils partagent une même orientation, et que celle-ci est différente de la trame régulière de la ville antique. Faut-il y voir l’influence d’une voie toute proche ?

03 – Secteur 2 : vue aérienne du grand bâtiment antique
03 – Secteur 2 : vue aérienne du grand bâtiment antique

Des carrières en circuit court

Au contact de ces constructions, une découverte notable est celle d’une série de vastes fosses d’extraction de pierre. Le sous-sol a servi de carrière, ce qui représente une source d’approvisionnement « zéro kilomètre » facile d’accès. On en veut pour preuve le fait que ce sont ces matériaux qui constituent les fondations des murs.

Des offrandes pour l’au-delà

Archeodunum a exploré plusieurs espaces funéraires d’époque romaine. Le plus important se situe au pied du site Michelin, à côté du bâtiment à abside. Il regroupe une trentaine d’inhumations (fig. 4). Des offrandes (vases miniatures et autres objets du quotidien) accompagnent certains défunts (fig. 5 et 6).

04 – Fouille de deux squelettes
04 – Fouille de deux squelettes
05 – Offrandes funéraires
05 – Offrandes funéraires
06 – Fiole en verre
06 – Fiole en verre

Des chiens et des hommes

Un aspect remarquable, et particulièrement émouvant, est la présence conjointe de nouveau-nés, ou de jeunes enfants, et de chiens (fig. 7 et 8). Cette association est une pratique assez répandue en Gaule, notamment chez les Arvernes. À l’instar de nos chiens d’aveugles, mais ici dans le monde des morts, cet animal semble remplir un rôle de guide ou d’accompagnant.

07 – Tombe d’un enfant
07 – Tombe d’un enfant
08 – Inhumation d’un chien
08 – Inhumation d’un chien

Au plus près des vivants

Des zones funéraires plus petites sont au contact des autres édifices antiques. Au centre du chantier, un espace funéraire investit la façade orientale du bâtiment de 650 m2. À l’est, c’est une sépulture de nouveau-né qui a été découverte dans l’habitation (fig. 9). Cette tombe illustre la pratique, très répandue durant l’Antiquité, d’enterrer les tout-petits au sein du foyer domestique.

09 – Tombe d’un nouveau-né
09 – Tombe d’un nouveau-né

Premiers éléments de chronologie

Les premiers résultats, fondés sur l’étude des objets, suggèrent de dater les vestiges entre la fin du Ier et le IIIe s. après J.-C. La fin de l’occupation antique est manifestée par des fosses de récupération de matériaux, ainsi que par le comblement des puits, utilisés comme dépotoirs après leur abandon (fig. 10).
Quant aux sépultures, nous en saurons plus avec les datations radiométriques (carbone 14) qui seront réalisées sur les ossements. Seul indice matériel, une monnaie déposée dans la bouche d’un défunt en guise d’obole nous situe dans les décennies centrales du IIIe siècle après J. C.

10 – Récolte de mobilier
10 – Récolte de mobilier

Silos médiévaux, morts modernes et défense passive ?

En plusieurs zones du site, l’équipe d’Archeodunum a fouillé de nombreuses grandes fosses datées du Moyen âge (fig. 11). Il s’agit sans doute de silos enterrés, destinés au stockage des denrées (notamment des céréales).
À l’est, c’est une nouvelle série de sépultures qui apparaît, associée à des murs. On y restitue un ensemble à vocation religieuse. Faut-il y voir un lien avec le couvent voisin des Carmes-Déchaux ?
Enfin, une découverte inattendue est celle de trois couloirs souterrains en pierre et en béton. À l’heure actuelle, deux hypothèses sont envisagées : une appartenance à un système de galeries liées à la défense passive mise en place dans les villes de la France de la Deuxième Guerre Mondiale ; ou, plus probablement, d’anciens équipements d’entretien ou de franchissement routier ou ferroviaire. La levée de ce mystère sera confiée à un spécialiste des archives…

11 – Fouille d’un silo
11 – Fouille d’un silo

… Et après ?

La moisson d’informations recueillie par l’équipe d’Archeodunum est très riche et va éclairer la longue histoire de cette périphérie clermontoise, de l’Antiquité à nos jours. Mais les investigations se poursuivent en laboratoire ! Durant plusieurs mois, une dizaine d’archéologues et de spécialistes vont mener des études pour affiner et exploiter les données du terrain. Tous les résultats seront synthétisés dans un rapport final abondamment documenté et argumenté.

Opération d’archéologie préventive conduite par Archeodunum entre mai et septembre 2019 sur la commune de Clermont-Ferrand (Auvergne), à la Place des Carmes-Déchaux, en préalable au réaménagement de la place.

Prescription et contrôle scientifique : Service Régional de l’Archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes

Maîtrise d’ouvrage : Clermont Auvergne Métropole

Co-maîtrise d’ouvrage : Manufacture de Pneumatiques Michelin

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Marco Zabeo)

Conférence à Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône)

Le clocher roman restauré
Le clocher roman restauré
Surveillance archéologique en cours
Surveillance archéologique en cours
Le parement nord du rempart échafaudé
Le parement nord du rempart échafaudé

Le clocher de Sainte-Foy-lès-Lyon et ses abords du XIe au XXIe siècle : lecture archéologique des vestiges

Conférence grand public jeudi 13 février à 19h.

Espace culturel Jean Salles – 20 rue Châtelain, Sainte-Foy-lès-Lyon

Les travaux de restauration de l’église Sainte-Foy (XIXe siècle), qui ont débuté au printemps 2019 à l’initiative de la Mairie de Sainte-Foy-lès-Lyon, ont été l’occasion de mener une étude des vestiges archéologiques alentours suivant une prescription du Service Régional de l’Archéologie (DRAC Auvergne – Rhône-Alpes).

Notre intervention a principalement concerné les élévations du clocher-porche de l’ancienne église disparue, dont la forme et le décor en bichromie de pierres et de briques permettent de l’inscrire dans une tradition caractéristique de l’époque romane. La restauration de l’unique portion du rempart médiéval conservée en élévation a été également l’occasion d’en étudier la mise en œuvre et de remarquer la présence de reprises postérieures, en lien avec la restructuration du secteur. Enfin, une surveillance de tranchée réalisée le long du mur gouttereau ouest de l’église actuelle a révélé des vestiges de maçonneries, ainsi que des sépultures que l’on suppose appartenir à l’ancien cimetière. On sait que ce dernier était utilisé jusqu’au milieu du XVIIe siècle, date à laquelle l’espace d’inhumation paroissial a été déplacé autour de l’ancienne église.

Cette opération archéologique a permis d’étoffer nos connaissances du bâti ancien de la paroisse de Sainte-Foy, en apportant des éléments de restitution mais aussi de datation grâce à des analyses radiocarbone. Ce sont ces résultats que nous présenterons lors de la conférence du 13 février.

Camille Collomb

Relevé archéologique phasé de la façade nord du clocher
Relevé archéologique phasé de la façade nord du clocher

Portes ouvertes à Segonzac (Charente)

Vue d’ensemble de la zone en cours de fouille. © 3DR View pour Archeodunum
Vue d’ensemble de la zone en cours de fouille. © 3DR View pour Archeodunum
Fouille en cours
Fouille en cours
Fouille d’un trou de poteau.
Fouille d’un trou de poteau.
Vase de stockage en place au fond d’une fosse.
Vase de stockage en place au fond d’une fosse.

Venez rencontrer une équipe de fouille en cours de découverte d’un village du Néolithique et de l’âge du Bronze

Les visites guidées auront lieu le mercredi 22 janvier 2020 de 14h à 17h.

Rendez-vous au lieu-dit “les Marcioux” à la sortie nord-ouest de Segonzac (16), au sud de la D24 (Localisation)

Entrée libre, visites commentées par les archéologues de l’équipe de fouille

Prévoir de bonnes chaussures et une tenue adaptée à la météorologie 😉

Segonzac « Les Marcioux » (16)

Un village du 2e millénaire avant J.-C.

Une opération d’archéologie préventive conduite par Archeodunum s’est déroulée entre novembre 2019 et janvier 2020 sur la commune de Segonzac (Charente), au lieu-dit « Les Marcioux ». Prescrite par le Service Régional de l’Archéologie de Nouvelle Aquitaine, cette fouille de 30 000 m2 visait à étudier des vestiges du Néolithique et de l’âge du Bronze, en préalable à l’installation du lotissement « Nouveau Quartier », réalisé par la commune.

Près de 1000 vestiges de l’âge du Bronze

Le décapage mécanique a permis d’ôter 0,30 à 0,70 m de terre végétale. Environ 1000 structures sont apparues. Elles se distinguent sur le calcaire blanc par un comblement sombre. Pour l’essentiel, elles correspondent à des fosses d’ancrage de poteau, initialement destinées à recevoir des pieux de bois. Plusieurs alignements de ces trous de poteau permettent de restituer différents plans de bâtiments, tous à ossature de bois.

Le mobilier recueilli (poterie et silex) renvoie à deux grandes phases d’occupation : un habitat de l’âge du Bronze ancien au sud-est de l’emprise, et un habitat de l’âge du Bronze final au nord-ouest. Après la période du Néolithique, qui a vu la sédentarisation des sociétés humaines et le développement de l’agriculture, l’âge du Bronze correspond à la découverte et à la maîtrise des alliages à base de cuivre. Il est suivi par l’âge du Fer.

Un habitat ouvert de l’âge du Bronze ancien (2200-1600 avant J.-C.)

Plusieurs plans de bâtiments peuvent être attribués à l’âge du Bronze ancien. Deux édifices à 4 poteaux ont été identifiés à l’est de l’emprise. Leur forme carrée et leurs dimensions modestes incitent à y voir des greniers surélevés. La fonction des deux bâtiments rectangulaires à une nef, constitués de 6 ou 8 poteaux, est plus difficile à cerner : habitation, stockage, lieu d’activité agricole, artisanale ? Au sud-est, un édifice quadrangulaire à 2 nefs, de 6 x 5,40 m, pourrait être une habitation. Cet habitat de l’âge du Bronze ancien semble donc ouvert et structuré, avec des zones liées aux activités (sans doute agropastorales) et des zones domestiques.

Des aménagements de l’âge du Bronze final (1400-800 avant J.-C.)

Au nord de l’emprise, plusieurs aménagements marquent l’emplacement d’un habitat de l’âge du Bronze final. Il s’agit notamment d’une palissade sur poteau, orientée est/ouest, et de plusieurs fosses ayant servi de dépotoir. Ces dernières contenaient de grandes quantités de poterie, dont certaines ornées de décors typiques de la fin de l’âge du Bronze.

Dans le même secteur, un bâtiment à 4 poteaux peut être interprété comme un grenier, mais aucun élément ne permet à ce stade de le dater. Il en va de même d’un long fossé curviligne tout proche. Conservé sur seulement 0,05 à 0,15 m d’épaisseur, ce fossé n’a livré que de rares fragments de poterie peu caractéristiques. Sa position, son orientation et sa courbure nous incitent néanmoins à l’associer aux structures précédemment évoquées.

Après la fouille …

Au terme de l’intervention de terrain, les investigations se poursuivront. Un important travail d’étude sera réalisé par les archéologues et les spécialistes de manière à obtenir le maximum d’information. Des datations par le radiocarbone permettront d’affiner la chronologie des différents contextes. Un rapport sera finalement rédigé pour synthétiser l’ensemble des résultats de cette opération.

Audrey Blanchard

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