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Saint-Romain-le-Puy - Chézieu


Dans le cadre de la création d’une plateforme de l’usine de traitement du verre Solover, une opération de fouille archéologique préventive a pris place sur l’ensemble de la parcelle affectée à ce projet. Elle s'est déroulée du 28 août au 28 novembre 2012 sur une étendue de 19›000 m2, située dans la Za de Chézieu, à 3 km au nord-est de Saint-Romain-le-Puy. le but principal était de tenter de mieux cerner l’étendue des établissements repérés lors d’opérations précédentes, notamment lors de la campagne de diagnostic réalisée en 2010 sur la même parcelle. Cette dernière avait abouti à la découverte de plusieurs bâtiments et fossés puis coupé, à plusieurs reprises, l’axe d’une voie antique. Ceci avait motivé une prescription sur l’ensemble de la parcelle.
Les fouilles de 2012 ont tout d’abord permis de dégager un tronçon d’axe routier - reconnu comme la voie antique Bolène - et ses fossés latéraux sur une longueur de plus de 115 m. Cet aménagement a été documenté en détail et des coupes systématiques ont permis d’en préciser l’infrastructure.
Parallèlement, l’observation des perturbations enregistrées sur cette voie a abouti à l’identification d’un chemin empierré (figuré sur le cadastre napoléonien) et d’un réseau de drainage moderne.
Plusieurs fossés ont été découverts. Orientés selon des axes variés, ils ont compliqué la lecture du terrain. les plus anciens, orientés OSO-ENE et SSE-NNE, correspondent peut-être aux limites de l’extension d’une installation gauloise qui reste difficile à caractériser. Une fois comblés, ils sont oblitérés par une partie des constructions antiques.
Par la suite, des fossés s’implantent en lien avec l’installation de la voie antique dont ils prennent l’orientation : NE-SO.
Nombre des fossés mis au jour appartiennent à une époque récente. Très mal conservés car situés très haut dans le sol et vierges de tout mobilier, ils demeurent toutefois indatables. Le plus souvent déconnectés les uns des autres et de tout contexte, ils restent indéterminés aux abords de la voie, mais peut-être antérieurement à sa mise en place, un établissement semble s’organiser dès l’époque gauloise sans que la continuité apparaisse clairement. Les seuls témoins en sont les éléments diversement conservés d’un réseau de fossés, impossible à saisir globalement dans le cadre de cette opération, car largement débordant du périmètre fouillé ; viennent s’y ajouter quelques découvertes céramiques qui peuvent tout aussi bien correspondre à du mobilier résiduel piégé dans les structures en creux plus tardives.
Concentrés au nord de la voie, les vestiges de trois ( ?) bâtiments gallo-romains ont été reconnus. Construits sur fondations de pierres, certains d’entre eux empiètent partiellement sur des fossés comblés. il s’agit de constructions quadrangulaires, reposant sur des fondations étroites apparemment non maçonnées. le plan de ces constructions, parfois surprenant, reste incomplet, la faute à une forte érosion du site et une récupération intensive des matériaux. Les constructions ne sont pas associées à des niveaux de circulation, disparus au cours du fort arasement constaté.
Situées à quelques 3 km au sud-est de la ville antique Aquae Segetae, elles pourraient appartenir à une agglomération secondaire. Toutefois, à l’issue des fouilles de 2012, d’autres hypothèses peuvent être formulées. En effet, les vestiges dégagés pourraient également s’insérer dans le cadre d’un simple établissement rural de type ferme ou plus spécifique comme villa suburbaine, mansio ou encore mutatio- qui reste à découvrir – sur un lieu propice à ce genre d’implantation.
Les indices chronologiques fournis par la fouille tendent à situer la construction des édifices au début du Ier siècle après J.-C. et leur abandon à la fin du même siècle. Bien que situées dans intervalle de temps court, toutes les constructions ne sont pas contemporaines, mais le manque de connexion stratigraphique empêche de définir des relations claires.
Des activités artisanales ont été mises en évidence à travers la découverte de plusieurs fosses contenant des déchets ferreux. Ces aménagements, certains outils (pinces) ainsi que la présence de scories attestent le travail de la forge. Limitant les constructions au nord, une rangée de trous de poteaux dessine une palissade séparant peut-être les espaces réservés aux constructions de ceux affectés à l’agriculture.
D’autres trous de poteaux sont apparus sous les constructions de pierre. Dessinant parfois des ensembles quadrangulaires, ils pourraient correspondre aux vestiges d’aménagements antérieurs, plus rudimentaires. À la suite de l’abandon, le site est probablement exclusivement voué à l’agriculture avec peut-être quelques périodes d’interruption. Seuls quelques vestiges de drainages et de circulation témoignent de ces activités à l’époque moderne.


Commune : Saint-Romain-le-Puy

Adresse/lieu-dit : Chézieu

Département/Canton : Loire

Année de fouille : 2012

Période principale d'occupation : Antiquité

Autres périodes représentées : Age du Fer,Période moderne,Epoque contemporaine

Responsable d'opération : François ESCHBACH

Aménageur : Communauté d'agglomération Loire Forez

Raison de l'intervention : Aménagement d'un bâtiment industriel