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Saint-Just - Chantelarde


Le site de Saint-Just-Chantelarde est situé dans le département de l’Ain, à proximité de Bourg-en-Bresse, dans la partie méridionale de la plaine bressane. Localisé à l’extrémité d’une terrasse du Riss ancien, il surplombe de 20 m la plaine alluviale de la Reyssouze. La fouille précédait la réalisation du contournement nord-est de Bourg-en-Bresse (RD 117A, Conseil Général de l’Ain). Menée sur une superficie de 2,6 hectares, elle a révélé une occupation dense constituée de près de 1300 structures, vestiges d’une vaste installation à vocation domestique inédite dans ce secteur, composée, entre autres, de plus de 1000 trous de poteau, d’une centaine de fosses, d’une quinzaine de foyers en place, et d’un moins deux fours. L’essentiel de cette occupation concerne la période protohistorique. Quelques vestiges datés du Moyen Âge central ont cependant été mis en évidence dans la partie sud-ouest de l’emprise. Il s’agit pour l’essentiel de quatre bâtiments sur poteaux, associés à trois silos et à deux fosses assimilables à des fonds des cabanes, qui caractérisent une petite occupation rurale, à vocation agricole. L’occupation médiévale du site s’étend vraisemblablement au sud, au-delà des limites de l’emprise. Un fossé et une fosse, datés du Ier siècle de notre ère constituent les seuls reliefs d’une occupation du site à la période antique.


Sur la base du mobilier céramique issu des fosses dépotoirs, deux horizons chronologiques distincts caractérisent les vestiges protohistoriques. Ils attestent une première installation au début du Bronze final (BF1) et une seconde, sans doute plus importante, au premier âge du fer (Hallstatt C2/D1). Les assemblages observés semblent bien s’intégrer au sein des faciès régionaux. Avec environ 7000 restes et plus de 220 individus dénombrés, la céramique issue du site de Saint-Just représente un lot conséquent. Les vestiges datés du Bronze final se répartissent en deux secteurs distincts. Le premier, situé dans le quart nord-est du site, concerne une trentaine de structures. Il s’agit, pour la plupart, de cuvettes de dimensions variables, peu profondes, comblées de galets rubéfiés et thermofractés. Ces structures côtoient quelques trous de poteau épars, caractérisés pour certains par la présence de galets utilisés en calages, et qui ne semblent pas dessiner en plan d’aménagements cohérents. Neufs d’entre eux sont toutefois implantés de manière concentrique autour d’une grande fosse à fond plat de près de 4 m de long, dont la vocation ne peut être déterminée avec certitude. Une deuxième zone, localisée dans les parties centrale et méridionale du site concentre des structures également datées du Bronze final 1 par les ensembles céramiques homogènes qu’elles ont livrées. Parmi elles comptent quelques trous de poteau, deux foyers à pierres chauffantes de plan sub-rectangulaire, deux foyers à pierres chauffées de plan circulaire et un vase-silo. Un ensemble de quelques fosses, localisées dans ce secteur, se distingue par la présence de deux vases emboités l’un dans l’autre. L’essentiel du mobilier céramique provient néanmoins de fosses dépotoirs, qui livrent également d’abondants rejets de fragments de terre cuite vraisemblablement successifs à la réfection de foyers environnants, ainsi que, pour une d’entre-elles, des carporestes carbonisés. Un silo de près de 2 m de profondeur, isolé dans le quart nord-ouest de l’emprise et qui constitue le seul exemplaire mis en évidence sur le site, a également pu être daté du Bronze final 1 sur la base d’une analyse radiocarbone.
Cette zone occupée au Bronze final est recoupée, au premier âge du Fer, par l’implantation de nouveaux aménagements. Matérialisée par quelques fosses détritiques, elle comprend notamment au moins deux foyers en place, sous la forme de chapes de graviers recouvertes de soles d’argile. L’occupation du premier âge du fer s’étend également dans la partie nord du site, jusqu’à la limite de l’emprise. Ce secteur a livré, entre autres, un nombre important de fosses, identiques pour certaines, à celles mises en évidence par ailleurs ; leur remplissage se compose alternativement de rejets de céramiques et de terre cuite. D’autres se distinguent, en plan, par des dimensions nettement plus importantes et des formes polylobées qui permettent peut-être d’assimiler leur fonction primaire à celle de fosses d’extraction. Enfin, un four d’un type particulier a été mis en évidence dans la partie centrale du site ; il est constitué d’une fosse de travail et d’un alandier qui dessert une chambre de chauffe surmontée d’une voûte presque entièrement conservée. Un charbon de bois soumis à l’analyse radiocarbone permet de rattacher cette structure à l’occupation hallstattienne du site.
Les deux secteurs datés du Hallstatt C2/D1 d’après les restes céramiques essentiellement issus des dépotoirs sont reliés par une importante série de trous de poteau, dont l’emprise semble se poursuivre au nord au-delà de la limite de fouille. Quelques structures de ce type sont également attestées dans la partie méridionale du site. Extrêmement ténus, ils sont, pour la plupart dépourvus de calages et n’ont livré de la céramique que de manière très éparse. De ce fait, il est difficile de les attribuer à l’une ou l’autre des périodes d’occupation du site. La lecture du plan montre la régularité et la cohérence de l’ensemble, au sein duquel se découpent des plans de bâtiments de morphologies diverses (greniers sur quatre ou six poteaux, bâtiments de plan rectangulaire ou absidial, à une ou deux nefs, bâtiment de plan polygonal ou circulaire sur une ou plusieurs couronnes de poteaux, …) et qui attestent, a priori, au moins deux orientations divergentes (nord-est/sud-ouest et nord-nord-est/sud-sud-est), voire trois. Si à de rares exceptions près, ces bâtiments n’ont pu être rattachés précisément à l’un ou l’autre des horizons protohistoriques mis en évidence sur le site, leur nombre conséquent et la diversité dont ils témoignent constituent néanmoins un apport documentaire non négligeable.


Le site, enfin, est jalonné par quelques structures isolées, qu’il s’agisse de fosses ou de structures de combustion, et pour lesquelles aucun élément ne permet de préciser la datation. La première est un four à sole perforée, vraisemblablement effondré ou détruit sur place comme l’atteste la position des restes de la sole observés dans la fosse et un fragment de la coupole effondré à proximité. Fréquemment interprété comme servant à la cuisson de la céramique, ce type de four pourrait ici être associé à quelques indices de production de céramique mis en évidence dans les fosses (supports annulaires en terre cuite servant à caler les vases lors de la cuisson, lissoirs en pierre, rebuts de cuisson). Enfin, une dernière structure, très ténue, est localisée dans la zone centre-orientale du site. Il s’agit d’un enclos fossoyé de plan circulaire, reconnu sur la moitié de son tracé. La fosse qui a été mise en évidence à l’intérieur n’a livré aucun mobilier.


En raison de sa superficie, du nombre et de la qualité des structures ainsi que de la lisibilité des plans de bâtiments qui y ont été mis en évidence, le site de Saint-Just – Chantelarde offre un apport documentaire conséquent et revêt une importance notable à l’échelle locale et régionale, encore assez peu documentée pour ces périodes, qu’il s’agisse du Bronze final 1 ou du Hallstatt C2/D1. 


Commune : Saint-Just

Adresse/lieu-dit : Chantelarde

Département/Canton : Ain

Année de fouille : 2008

Période principale d'occupation : Age du Bronze,Age du Fer

Autres périodes représentées : Antiquité,Moyen-Age,Période moderne,Epoque contemporaine

Responsable d'opération : Audrey PRANYIES

Aménageur : Conseil Général de l'Ain

Raison de l'intervention : Aménagement routier

Référence bibliographique : Le Progrès 2009 : D. M., Un village de 3000 ans a retardé l'achèvement de la rocade nord-est , Le Progrès, p.17

Le Progrès 2009 : Archéologie sur la rocade nord-est : des vestiges d'un village de 3000 ans, Le Progrès, p.11.

Le Progrès 2010 : Saint-Just. Chantelarde, un village de 3000 ans, Le Progrès, p.13.