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Lausanne - Parc de la Brouette


Cette opération, liée au projet de mise en souterrain d’un tronçon de la ligne ferroviaire du LEB, a permis la découverte de 57 sépultures. Connu par les plans cadastraux et par les archives, ce cimetière, rattaché à l’église Saint-Laurent, a été en fonction entre 1830 et 18721 .

En raison de l’implantation d’une gare à la fin du 19e siècle à cet emplacement, le nivellement complet de la parcelle, avec oblitération des tombes, était fortement supposé.

Cependant, l’intervention a montré qu’une portion assez importante du cimetière subsistait. L’espace est organisé selon une trame régulière, avec un système de tranchées longitudinales, préféré à celui de fosses individuelles. Creusées dans le sens de la pente, elles sont orientées nord-est/sud-ouest et distantes les unes des autres de 60 à 80 cm. La séparation des tombes est assurée par des planches placées verticalement aux extrémités, avant qu’elles ne soient remblayées. Ce mode d’inhumation peu fréquent s’explique par la nécessité de gérer de manière efficace et rapide l’augmentation des décès, résultant de l’afflux démographique en ville.

En raison de son utilisation limitée dans le temps, le cimetière n’a connu qu’une seule phase d’inhumations. Pour preuve, aucun recoupement ou superposition n’ont été relevés et le comblement des sépultures ne comporte pas d’ossements en réduction. 

L’emploi de cercueils cloués, dont l’état de conservation est le plus souvent très bon, est systématique. Ils sont naviformes ou plus rarement rectangulaire, avec un couvercle plat ou en bâtière. Certaines observations de terrain, devant encore être confirmées par des analyses, indiquent que l’intérieur des cercueils était garni de capitonnage, natte ou coussin confectionnés à l’aide de végétaux. Le mobilier accompagnant les défunts est extrêmement rare, de même que les restes de pièces d’habillement.

Inhumés en position dorsale, avec généralement les bras le long du corps et les jambes en extension, les défunts des deux sexes appartiennent à toutes les classes d’âge. Certaines sépultures présentent des déplacements de portions de corps de grande amplitude, rendus possible par une décomposition en espace vide, associée à des phénomènes de flottaison. Cette intervention a également livré les restes d’un individu autopsié, avec le crâne scié et le prélèvement d’une partie de la jambe gauche.

L’intérêt de cette fouille réside principalement dans la possibilité de créer des référentiels – archéologique, anthropologique et taphonomique –, non seulement pour la période concernée, mais également pour des époques plus anciennes. La constitution d’une collection identifiée, en confrontant les données anthropologiques avec les différentes archives à disposition, et une meilleure compréhension des déplacements pouvant survenir en espace vide, sont deux des principaux axes de cette recherche.

1 Cette fourchette chronologique a pu être resserrée à 1832-1841 lors de l’élaboration du rapport, grâce à la consultation de documents d’archives.


Commune : Lausanne

Adresse/lieu-dit : Parc de la Brouette

Département/Canton : Vaud

Année de fouille : 2017

Période principale d'occupation : Période moderne

Responsable d'opération : Sophie THORIMBERT

Aménageur : Particulier

Raison de l'intervention : Projet de mise en souterrain d'une partie de la ligne ferroviaire LEB

Type de chantier : Sédimentaire (Fouille préventive)