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Lausanne-Vidy - SEL


De mars 2015 à février 2016, l’installation de nouveaux réseaux d’électricité et le remplacement de conduites de gaz par la Ville de Lausanne a occasionné le suivi archéologique d’une tranchée longue de 600 m, ainsi que la surveillance de diverses excavations en marge du projet, sur une surface totale d’environ 1500 m2. La tranchée principale s’étend depuis le rond-point de la Maladière jusqu’au chemin de Bois de Vaux, en passant par la route de Vidy, à travers les quartiers orientaux et centraux du vicus de Lousonna. Près de la moitié du tracé a livré des vestiges, a priori exclusivement d’époque romaine (étude en cours). Les dimensions de la tranchée – en moyenne 2,40 m de large et 1,60 m de profondeur – ont permis de relever la plupart de ces vestiges en plan et en coupe, bien que certaines parties plus étroites (1,20 m) et/ou plus profondes (jusqu’à 4 m) ont nécessité des moyens techniques et un mode de documentation adaptés.

La partie orientale de la tranchée enjambe le cours du Flon et permet d’entrevoir l’intégration de la rivière dans le tissu urbain antique, surtout en rive droite où l’on observe une nette rupture de terrain renforcée par plusieurs enrochements successifs, au niveau présumé de l’ancienne berge. Plusieurs niveaux de chaussée et de portiques ont également été recoupés, en particulier à l’est du forum une portion du decumanus maximus constituée d’un puissant radier de blocs disposés en caissons, rechargé sur près de 80 cm par des couches de graviers. Dans les zones d’habitat le bâti est dense, avec notamment une cinquantaine de murs qui permettent de préciser le plan des insulae traversées. Techniquement, les aménagements rencontrés sont variés : murs porteurs maçonnés, murs bahuts en matériaux mixtes, cloisons internes en matériaux légers, sablières basses sur solins de pierres sèches, poteaux plantés, sols maçonnés ou niveaux de terre battue, autant de modes de construction déjà attestés dans ce secteur du vicus (Berti Rossi, May Castella 2005). Les aménagements extérieurs sont représentés par deux canalisations, une citerne et trois puits, dont un a livré des éléments de construction en bois.

La chronologie des vestiges doit encore être précisée, en particulier par l’étude du mobilier céramique et des monnaies, mais il est déjà possible d’évoquer une phase d’occupation initiale, matérialisée par des trous de poteaux, des fosses dépotoir et des sols sablo-graveleux indurés. La typologie du petit mobilier (fibule à disque médian, stylet en os à corps renflé…) et le faciès visiblement peu romanisé de la céramique associée à ces structures suggèrent une datation augustéenne ou plus précoce (LTD2b), en tout cas dans la seconde moitié du 1er s. av. J.-C. À l’ouest du secteur, des empreintes d’éléments en bois également liées à cette première phase d’occupation sont comparables aux constructions sur poutres entrecroisées identifiées à 150 m de distance, sur le site de Chavannes 11 (état 1, vers 50 av. J.-C.), dont les meilleurs parallèles se trouvent dans les fortifications contemporaines de type murus gallicus (Berti Rossi, May Castella 2005).



Quelques images du site :


Portion du decumanus maximus

Fosse dépotoir et négatif de poteau de la première phase d'occupation romaine


Commune : Lausanne-Vidy

Adresse/lieu-dit : SEL

Département/Canton : Vaud

Année de fouille : 2015-2016

Période principale d'occupation : Antiquité

Responsable d'opération : GUICHON Romain

Aménageur : Ville de Lausanne

Raison de l'intervention : Remplacement des services

Type de chantier : Sédimentaire (Fouille préventive)