Notice_site

Aubonne - Rue de Trévelin


Les travaux d’agrandissement d’un garage privé ont entraîné la découverte d’ossements humains par les ouvriers. Avertie par le maître d’œuvre, la section d’Archéologie cantonale (SIPAL) a alors prescrit une intervention archéologique. À notre arrivée, l’essentiel de l’excavation avait déjà été effectuée, détruisant au moins cinq tombes à des degrés divers. La fin du décapage mécanisé, réalisée sous surveillance, a permis de mettre au jour cinq sépultures supplémentaires et les fondations de deux murs antérieurs au cimetière.

Les deux tronçons de maçonneries repérés sont perpendiculaires et témoignent de l’angle d’un aménagement (bâtiment ?) détruit avant l’établissement du cimetière, sans que sa fonction et sa datation ne puissent être précisées.

Les dix sépultures partiellement mises au jour lors de cette intervention, auxquelles doivent être ajoutées sept tombes observées en 2010 dans une tranchée située à 25 m au nord-est, sont implantées selon un axe nord-est/sud-ouest et disposées en rangées. Espacées les unes des autres d’environ 50 cm, les fosses sont globalement de forme rectangulaire aux angles émoussés, avec des parois verticales et un fond plat. Leur largeur est suffisante pour accueillir un contenant et, bien que leur sommet soit arasé, leur profondeur peut être estimée entre 150 et 180 cm.

Le cimetière connaît deux cycles d’inhumations, signalés par un chevauchement des alignements et un changement d’orientation des individus. Au cours de la première phase, la tête des défunts se trouve au nord-est, tandis qu’elle est au sud-ouest lors de la deuxième période d’ensevelissement.

Des traces de bois, des éléments d’assemblage en fer et les observations archéo-thanatologiques attestent l’emploi systématique de cercueils cloués ou vissés. Seules deux sépultures de la phase 1 ont livré du mobilier en lien avec le défunt. L’inventaire, qui comprend dans les deux cas quelques épingles en bronze étamé, est complété par des agrafes à barbacanes en bronze pour l’une des tombes. Traditionnellement, ces épingles sont associées à la présence de linceul, dont l’utilisation décline au cours du 19e s.

Les quelques documents conservés aux archives nous apprennent que la commune d’Aubonne se dote dès 1724 d’un nouveau cimetière. Situé hors de l’enceinte historique à l’ouest du bourg, le terrain choisi pour le projet est constitué par la réunion de nombreuses parcelles aux affectations diverses (prés, jardins, vignes, vergers, champs, etc.), sur lesquelles aucune construction n’est mentionnée. Grâce au relevé effectué par un arpenteur en 1833, les dimensions et la distribution générale du cimetière sont connues. D’une surface de 3000 m2 environ, il est entièrement ceint d’un mur. L’entrée principale, sur le côté sud-est, donne accès à un chemin sud-est/nord-ouest, rejoignant une allée perpendiculaire, bordée d’arbres. En 1863, la municipalité dépose devant le conseil communal un préavis ayant pour objet la fermeture du cimetière, qui est alors abandonné et désaffecté en surface.


Commune : Aubonne

Adresse/lieu-dit : Rue de Trévelin

Département/Canton : Vaud

Année de fouille : 2018

Période principale d'occupation : Période moderne

Responsable d'opération : THORIMBERT Sophie

Aménageur : Particulier

Raison de l'intervention : Agrandissement d'un garage privé

Type de chantier : Sédimentaire (Fouille préventive)