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Montbard - Château de Montbard et Parc Buffon : mur d'enceinte ouest, section sud


La mairie de Montbard a engagé en 2019 un important programme de restauration du Parc Buffon ainsi que des maçonneries du château médiéval. La première campagne de travaux a concerné la partie SUD de la courtine OUEST et s’est accompagnée d’une étude archéologique, prescrite par le Service Régional de l’Archéologie. Le projet initial prévoyait également la restauration de trois zones situées sur le tronçon EST de l’enceinte mais, pour des raisons budgétaires, ce projet a été décalé dans le temps. Ainsi, parmi les neuf zones bien délimitées qui présentaient des fragilités importantes et qui ont fait l’objet d’une consolidation, sept ont été impactées par le suivi archéologique. En concertation avec la maîtrise d’œuvre, RL&A. Architectes, ainsi qu’avec les entreprises mandatées, l’équipe d’Archeodunum est intervenue trois fois, entre le 6 juin et le 16 juillet 2019.

L’étude archéologique s’accompagne d’une étude documentaire, dont la première étape a été le récolement des sources écrites, planimétriques et iconographiques, ainsi que la reprise de l’historiographie. L’objectif de ce travail est de présenter un bilan historique de l’ensemble du site, en tendant à l’exhaustivité en ce qui concerne les données archéologiques des murs d’enceinte.
L’objectif de l’étude archéologique est, dans un premier temps, d’apporter des informations sur la chronologie du site. Pour ce faire, l’intervention a consisté pour chaque zone de sondage à identifier les différentes maçonneries et à les caractériser, afin d’en établir la chronologie relative. De ces observations découlent leur attribution à l’une des trois principales phases d’occupation du site : médiévale, moderne (XVIIIe s., travaux de Buffon) ou contemporaine (XIXe – XXe s., travaux de la municipalité). L’objectif réside également dans l’interprétation de la fonction du bâti étudié, par le biais de son évolution architecturale dans le temps.

D’après les résultats de l’étude, seules les maçonneries mises au jour dans le sondage SRA 5, sur la terrasse haute, peuvent être rattachées à l’occupation du site à la période médiévale. Il s’agit des vestiges d’un ancien système de latrine ou de dépotoir, dont subsistent trois arcs en pierre construits de manière à enjamber une faille naturelle du rocher. L’arc central et l’arc le plus au SUD soutiennent des dalles en pierre qui affleurent au niveau du sol de la terrasse. Le tracé de l’enceinte au niveau de cet aménagement forme trois pans et reflète peut-être l’empreinte d’une ancienne tour, aujourd’hui disparue.
Les autres secteurs étudiés présentent des caractéristiques communes et l’on est tenté de les attribuer à l’Époque moderne, plus précisément aux travaux de G.L. Leclerc de Buffon, lorsque ce dernier s’approprie la forteresse médiévale pour y installer ses jardins. L’ensemble bâti situé au SUD de son cabinet d’étude serait alors le témoignage des importantes modifications qu’il a apporté aux anciennes constructions, car on n’y retrouve aucune trace de l’enceinte primitive. Par ailleurs, l’étude de la poterne a montré que son dispositif d’origine faisait partie d’un ensemble permettant de circuler depuis le cabinet d’étude sur la terrasse haute jusqu’à une porte ménagée dans le mur de l’allée Clémenceau, qui permettait de rejoindre directement le potager.
Les maçonneries de l’enceinte portent également les traces de réparations et de modifications plus récentes, que l’on peut attribuer à la transformation du site en jardin public à la suite de son acquisition par la municipalité, dès la fin du XIXe siècle. La poterne en est un exemple parlant, à travers l’escalier sinueux agrémenté de vasques en ciment, creusé dans le rocher et dont on sait, grâce à une photographie ancienne, que la création est antérieure à 19251. Ce dispositif traduit la volonté de relier la terrasse haute à la terrasse basse tout en condamnant le passage dans le mur qui longe l’allée Clémenceau. C’est également à cette époque que doit être attribuée la surélévation des murs de terrasse, qui sont alors pourvus d’un garde-corps. Nous avons par ailleurs observé des reprises dans les maçonneries de l’enceinte, que l’on peut attribuer à des réfections effectuées en réponse à la fragilité de la structure. Par ailleurs, les archives de 1945 mettent en cause des actes de vandalisme, ainsi que des destructions opérées par les troupes allemandes ayant occupé le site pendant la Seconde Guerre Mondiale2.

1 La carte postale en question figure dans le rapport d’A. Allimant-Verdillon : Allimant-Verdillon A., Étude historique et archéologique, schéma directeur du Parc Buffon, Centre de Ressources de Botanique Appliquée, 2016, p.588.
2 Idem, p. 592 : A.M.M. 1 M 37 bis, septembre 1945.




Commune : Montbard

Adresse/lieu-dit : Château de Montbard et Parc Buffon : mur d'enceinte ouest, section sud

Département/Canton : Côte-d'Or

Année de fouille : 2019

Période principale d'occupation : Période moderne

Autres périodes représentées : Moyen Âge

Responsable d'opération : COLLOMB Camille

Aménageur : Ville de Montbard

Raison de l'intervention : Remise en valeur du château et du parc, restauration des maçonneries

Type de chantier : Etude du bâti (Fouille préventive)


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