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Pampigny - Au Rionzy, Au Château


La création d’un réseau de chauffage à distance dans le village de Pampigny a nécessité la surveillance des travaux, principalement dans le secteur du château et de l’église, inscrit en région archéologique. Classée monument d’intérêt national, l’église est mentionnée dans les sources historiques dès 1141 et connue sous le vocable de Saint-Pierre dès 1493. Après la Réforme, elle est utilisée comme temple. Le château actuel aurait été construit au 17e s. par la famille de Mestral. Un premier château aurait occupé le sommet de la colline avant l’érection de l’église, mais aucune investigation n’a encore confirmé son existence. 

Malgré l’exiguïté des fouilles en tranchée, cette opération a permis la découverte de neuf sépultures à inhumation et de deux tronçons de murs maçonnés. Ces vestiges ont un lien direct avec l’ancien cimetière représenté sur les plans cadastraux de 1772 et de 1848, censé se situer au niveau du parvis de l’église et délimité par un mur d’enclos encore existant. La présence de sept tombes dans la partie haute du parc du château, à l’extérieur de ce mur, permet de proposer une extension de l’espace funéraire vers le sud-est. L’orientation des tombes (nord-ouest/sud-est ou sud-est/nord-ouest) ne correspond cependant pas à celle de l’église. Un seul niveau de sépultures a été identifié, à l’exception des tombes superposées T3 et T4, mais il est probable que le secteur ait été à l’origine plus densément occupé. Les rares informations dont nous disposons ne permettent pas de déterminer s’il était destiné à une autre catégorie de personnes que le cimetière regroupé autour de l’église. Les murs mis au jour à l’ouest des sépultures pourraient d’ailleurs avoir fonctionné comme délimitation de cet espace, même si l’hypothèse de maçonneries appartenant au château primitif ou au château actuel n’est pas à exclure. 

Une extension du cimetière vers le nord et vers le sud-ouest est aussi probable. Ces zones semblent néanmoins avoir subi d’importants remaniements au vu des nombreux ossements humains découverts en vrac dans les tranchées, comme c’est aussi le cas dans le parvis de l’église. L’absence de sépultures en place émet en effet l’hypothèse d’une désaffection du cimetière avec évacuation de la majorité des tombes, peut-être au 19e s. lorsque des lois cantonales ont interdit l’inhumation au centre des agglomérations. Faute de mobilier associé aux défunts et de datations radiocarbones sur les squelettes, les sépultures découvertes lors de cette opération de suivi ne peuvent pas être datées. 

Les défunts ont été inhumés en position dorsale, la plupart du temps dans un contenant peut-être en bois. Quatre clous et un crochet en fer découverts hors tombes témoignent vraisemblablement aussi de l’utilisation de cercueils cloués. L’étude anthropologique a permis d’identifier onze sujets, neuf adultes et deux immatures. Le sexe a pu être déterminé dans trois cas, tous des hommes. Plusieurs pathologies ont aussi été décelées, plus particulièrement chez l’individu de la tombe T13 qui présente un mauvais état bucco-dentaire et une arthrose sévère de la hanche (coxarthrose). 

Seule une fouille extensive permettrait de mieux caractériser la population inhumée dans le cimetière de l’église Saint-Pierre de Pampigny et d’appréhender la gestion de ce type d’espace, densément occupé durant plusieurs siècles. En ce sens, les opérations de suivi archéologique apportent des informations essentielles à une meilleure approche des sites funéraires.


Commune : Pampigny

Adresse/lieu-dit : Au Rionzy, Au Château

Département/Canton : Vaud

Année de fouille : 2019

Période principale d'occupation : Moyen Âge

Autres périodes représentées : Période moderne

Responsable d'opération : Aline ANDREY

Aménageur : Particulier

Raison de l'intervention : Aménagement de réseaux

Type de chantier : Sédimentaire (Fouille préventive)