Algans - Le Riat
Une reconnaissance archéologique a été menée par l’Inrap sur l’ensemble des communes impactées par le projet autoroutier reliant l’autoroute A68, au nord-est de Toulouse, depuis la commune de Verfeil à la rocade de Castres. Au lieu-dit « Le Riat » sur la commune d’Algans, plusieurs sondages ont livré quelques fonds de structures en creux ainsi qu’un épandage de vestiges datés du Néolithique. Très arasés dans l’ensemble, ces aménagements ne sont conservés que sur une très faible profondeur (entre 2 et 15 cm). Ces résultats ont conduit à la prescription d’une fouille archéologique préventive sur une emprise de 2,3 hectares divisée en deux secteurs bordant la route des Crêtes. La commune d’Algans est située sur la marge orientale du Bassin aquitain, un pays de collines agricoles. Les terrains sédimentaires sont issus de l’érosion des Pyrénées et composés de marnes, molasses et de calcaires d’origine lacustre. Le site du Riat est positionné au sommet des crêtes qui forment un interfluve entre trois vallées (Algans, Girou et Portauque). L’emprise fouillée présente un relief en pente légère de 2,14 % orientée nord-ouest/sud-est à une altitude moyenne de 300 m NGF.
L’analyse des matrices sédimentaires constituant le versant du Riat où est installée l’emprise fouillée montre une érosion du substrat en « marches d’escalier » du versant, guidée par l’alternance de matériaux durs (calcaire et grès indurés) et de matériaux plus meubles (limons carbonatés). Le matériel archéologique détecté lors du diagnostic correspond en fait à des nappes de vestiges déplacés par les colluvions et piégés dans les creux du terrain. Le terrain décapé à plat montre une grande variabilité des substrats.
L’essentiel des anomalies identifiées lors du diagnostic correspond à des aménagements agricoles récents comprenant des fossés de limites parcellaires, des fosses de plantation de haies et d’arbres. Les structures archéologiques sont rares et mal conservées, leur partie supérieure ayant été emportée par les colluvions. Notons toutefois la présence de deux structures de combustion à pierres chauffées de la fin du Néolithique qui constituent l’essentiel de cette présence ancienne sur le site. Plusieurs datations par méthode radiocarbone ainsi que du mobilier céramique permettent d’envisager une utilisation de ces foyers entre 2900 et 2660 avant notre ère.
D’autres vestiges témoignent d’une présence sur site plus récente comme un puisard (chronologie indéterminée) et un petit grenier sur quatre poteaux post-médiéval, ou de mobiliers épars mélangés qui sont les indices d’une fréquentation durant l’âge du Bronze et l’âge du Fer avec quelques fosses, fossés et un petit bâtiment sur quatre poteaux.
Le cœur du site du Néolithique final était probablement situé plus au nord, sur le replat du plateau, et a été excessivement perturbé par des dynamiques géologiques dans ses marges, ne laissant que le fond de quelques structures et ayant emporté l’essentiel du mobilier archéologique.
Commune : Algans
Adresse/lieu-dit : Le Riat
Département/Canton : Tarn
Année de fouille : 2024
Période principale d'occupation : Néolithique
Responsable d'opération : Bruno BOSC-ZANARDO
Aménageur : Guintoli
Raison de l'intervention : Autoroute
Type de chantier : Sédimentaire (Fouille préventive)
Notice de présentation brut de fouille :