Saint-Genis-Laval - ZAC Vallon des Hôpitaux
Trois occupations majeures du Bronze final, du Moyen Âge et de l’époque moderne à contemporaine au sud de Lyon
Durant quatre mois en 2022, une fouille préventive a été menée en amont de l’implantation d’une ZAC au sein du Vallon des Hôpitaux à Saint-Genis-Laval. Cette emprise, située sur le piedmont oriental des Monts du Lyonnais, est l’une des rares zones encore non urbanisées dans le secteur. Elle apporte donc de riches enseignements dans un contexte archéologique encore peu documenté au sud-ouest de Lyon.
Cette fouille s’est déroulée sur deux secteurs de part et d’autre de la rue Francisque Darcieux, sur une surface totale de 21 993 m². Sous un recouvrement moyen de 80 cm d’épaisseur, 686 structures archéologiques ont été traitées. Si quelques-unes évoquent des occupations très minoritaires du Néolithique et de la période antique, la grande majorité se rapporte à trois phases distinctes du Bronze final, du Moyen Âge et de l’époque moderne à contemporaine.
L’occupation protohistorique est relativement homogène et dessine une fréquentation complexe principalement centrée autour du Bronze final 3a d’après les datations radiocarbones, la céramique abondante et quelques éléments métalliques. Cette occupation se manifeste au nord de la zone de fouille avec quelques bâtiments sur poteaux, de rares fosses-dépotoirs et quelques foyers à pierres chauffées qui signent un pôle plutôt domestique. Plus au sud, les structures excavées se rapportent presque toutes à des structures de stockage qui prennent la forme de silos simples, de silos de très grande taille pourvus d’une logette surcreusée (pour l’accès ?) et enfin à deux ensembles distincts de grandes fosses et de silos se recoupant au même endroit. Par ailleurs, cette occupation protohistorique se démarque par la présence de dépôts de restes humains (sépultures et restes humains épars) et surtout des dépôts d’animaux généralement entiers et juvéniles. Ces pratiques qui peuvent trouver certains parallèles en région lyonnaise évoquent des pratiques rituelles codifiées et répétées à plusieurs reprises. L’ensemble de ces éléments (vestiges domestiques, pratique d’ensilage collectif et dépôts) dessinent un site majeur, mais dont la fonction pose encore beaucoup de questions.
La fréquentation du site à la période médiévale débute avec une présence fugace à la période mérovingienne entre le Ve et le VIIIe siècle de notre ère. Quelques structures et éléments mobiliers renvoient à cette phase précoce surtout dans la partie nord du site, mais elle reste difficile à caractériser. Par la suite, la plupart des éléments renvoient à une occupation plus homogène du X-XIe siècle avec plusieurs fonctions en présence. Un ensemble bâti sur solins s’installe au nord-ouest du site avec une vocation plutôt domestique qui évolue sur deux grandes phases d’aménagement. La présence funéraire se manifeste au travers d’une petite nécropole de six individus et quelques sépultures isolées. Enfin, une grande partie sud du site est encore une fois dédiée à la vocation d’ensilage. Cette dernière fonction correspond à plusieurs batteries de silos ayant des morphologies et des dynamiques de remplissage bien particulières. Même si peu de traces subsistent pour caractériser les denrées conservées, on peut supposer la volonté d’accumuler les excédents agricoles sur le moyen terme, en vue d’une récupération simultanée de chaque batterie.
Dans un dernier temps, la fouille du site a permis la mise en évidence d’une occupation principalement agricole de la zone à la période moderne à contemporaine. La plantation d’un grand verger occupe une grande partie orientale du site, alors que d’autres plus petites plantations arborées dessinent de plus petits ensembles au nord et à l’ouest. L’élevage transparaît au travers de sépultures de gros animaux de ferme (équidés et bovidés) implantées dans le quart nord-ouest. Enfin, la partie méridionale de l’emprise de fouille présente des structures vouées à la gestion de l’eau (canalisations, bassin, empierrement) et des traces agraires pouvant éventuellement être en lien avec une activité maraîchère. Ces activités sont réparties au sein d’un espace partitionné, délimité et cadastré qui peut être mis en relation avec le développement des « maisons des champs » qui s’implantent à proximité immédiate du site.
Revue de presse :
- BFM Lyon : Saint-Genis-Laval: l'étude des vestiges se poursuit (19/02/2023)
- Le Progrès : Une exposition sur les trouvailles archéologiques du Vallon des hôpitaux (22/01/2023)
- Le Met' - Le Magazine de la Métropole de Lyon : Sous le vallon, des trésors de l'âge du Bronze (09/01/2023)
- Le Progrès : Des trésors enfouis refont surface au vallon des hopitaux (19/11/2022)
Bibliographie scientifique :
- TAVERNIER G., ZIPPER K., MOREAU C. : « L'analyse technologique du mobilier céramique en contexte d'archéologie préventive : l'occupation du Bronze final de Saint-Genis Laval (Rhône) », in 14e Rencontres Méridionales de Préhistoire Récente : Savoir-faire, chaînes opératoires, traditions techniques, communautés de pratiques des sociétés de la Préhistoire récente (VIIIe-IIe mill. av. J.-C.) - Palais Musée des Archevêques de Narbonne – Narbonne – 18/21 Octobre 2023
Commune : Saint-Genis-Laval
Adresse/lieu-dit : ZAC Vallon des Hôpitaux
Département/Canton : Rhône
Année de fouille : 2022
Période principale d'occupation : Age du Bronze,Moyen Âge,Période moderne,Epoque contemporaine
Autres périodes représentées : Néolithique
Responsable d'opération : Clément MOREAU
Aménageur : Grand Lyon La Métropole
Raison de l'intervention : Construction d'une zone d'activité
Type de chantier : Sédimentaire (Fouille préventive)