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Yverdon-les-Bains - Les Bains


Un four de tuilier à Yverdon-les-Bains

Dans le cadre de la construction d’un vaste complexe immobilier a été mis au jour un four de tuilier. Il mesure 5 m de largeur pour une longueur minimale de 3,60 m. Le mur périphérique n’est documenté que sur le côté sud ainsi que sur une petite partie du côté est. Il est conservé sur deux assises non maçonnées, constituées de blocs de calcaire.

La chambre de chauffe a été creusée dans un substrat argileux beige jaunâtre, à une distance de 0,60 m du mur périphérique. Elle forme un quadrilatère de 3 m sur 2,70 m. Dans la partie centrale, une masse compacte d’éléments de voûte et de murets, complètement déformés suite à leur fusion et à leur vitrification, a été dégagée au marteau piqueur. Le terrain encaissant est cuit sur environ 0,30 m d’épaisseur. La chambre de chauffe est compartimentée par cinq paires (au minimum) de murets parallèles formés de dalles de terre cuite liées par un mélange d’argile et de graviers. Ils sont reliés deux par deux par une voûte en plein cintre d’une portée de 0,60 m et espacée de 0,30 m, construites à l’aide d’éléments de récupération divers (pilettes, imbrices, tubuli, tegulae, dalles). La sole n’est conservée que dans la partie sud du four. Sa surface fortement morcelée présentait l’aspect d’une carapace de tortue. L’alandier est situé hors de l’emprise des travaux et de ce fait est encore en place.

De nombreux ratés de cuissons de tuiles collées les unes aux autres et déformées, confirment la thèse de l’accident, à l’origine de l’abandon du four suite à de trop nombreuses utilisations.

Dans le remplissage de la chambre de chauffe, un aes III, probablement frappé au nom de Valentinien Ier par l’atelier d’Arles (364-367), a été découvert, fournissant un terminus post quem pour l’abandon de cette structure.

L’emplacement du four est optimal. Il est situé directement dans le niveau argileux exploité, proche des collines boisées fournissant la matière première pour les feux et de plans d’eaux navigables pour les livraisons de marchandise. La production devait être principalement destinée aux habitant du castrum construit à partir de 325 apr. J.-C., et peut-être aux thermes romains situés à 200m seulement.

Malheureusement, aucune trace des activités liées à la fabrication de tuiles n’a été mise au jour (fosses d’extractions, aires de façonnage, de moulage et de séchage).


Commune : Yverdon-les-Bains

Adresse/lieu-dit : Les Bains

Département/Canton : Vaud

Année de fouille : 2003

Période principale d'occupation : Antiquité

Responsable d'opération : François MENNA

Raison de l'intervention : Construction de logements

Type de chantier : Sédimentaire (Fouille préventive)