Empurany :
La tour du Fort scrutée par des archéologues
Le projet de création d’un musée dans la tour du Fort d’Empurany, porté par la commune, a été l’occasion d’étudier un pan de l’histoire de l’agglomération, grâce à la prescription du Service régional de l’archéologie de la région Auvergne-Rhône-Alpes. En 2024 et 2025, les archéologues de la société Archeodunum ont en effet eu accès aux maçonneries des élévations intérieures et extérieures de la tour (fig. 1), ainsi qu’au sous-sol des rues adjacentes lors de l’installation de réseaux (fig. 2). Les découvertes enrichissent l’histoire de la tour et du village.
La « tour du Fort »
Un ancien castrum1 est mentionné à Empurany à partir du XIIIe siècle. La tour qui occupe le centre du village, à proximité immédiate de l’église, pourrait avoir appartenu à ce castrum. Il s’agit d’un bâtiment quadrangulaire d’environ 8,5 m de long sur 7 m de large, qui se développe sur près de 10 m de haut. Communément appelée « tour du Fort », cette architecture présente de puissants murs, bâtis en moellons de granite extraits localement.
L’évolution de la tour
L’étude fine des maçonneries a permis de proposer un phasage chronologique de cette tour, depuis sa construction jusqu’à nos jours (fig. 3 et 4). Il apparaît que l’édifice a été extrêmement modifié, tant en plan qu’en élévation. Les vestiges de son état initial ne sont conservés que dans
son mur est, sur 6 m de haut (fig. 5). À l’origine, la tour, plus vaste, s’étendait vers le sud et l’est. Elle a été dotée d’un contrefort, puis d’un mur taluté qui a par la suite été partiellement supprimé. L’intérieur a également été réaménagé à plusieurs reprises, notamment à la fin du XVe siècle pour transformer la tour en lieu d’habitation.
Fig. 3 : Relevé de la façade est à partir d’une photogrammétrie.
La découverte d’un enduit peint de l’époque moderne
Au premier étage de la tour, les décroutages réalisés sur les parements intérieurs ont mis au jour un décor peint au-dessus d’une porte (fig. 6). Il représente en trompe l’oeil une fenêtre à petit bois, dont l’embrasure est symbolisée par de fins traits noirs marquant la perspective. Ce décor a fait l’objet d’une restauration et sera visible par les visiteurs du musée (fig. 7).
Les traces d’occupation dans le sous-sol
La tour est construite directement sur le substrat rocheux (fig. 8). Celui-ci a conservé quelques traces d’occupations successives dans les rues adjacentes, à l’exemple des fondations des murs des états antérieurs. De plus, un puits circulaire taillé dans la roche a été partiellement dégagé (fig. 9). Son comblement n’a pas été exploré et il demeure délicat d’en proposer une datation. Une canalisation était également conservée en partie. Elle suit le même axe que la rue nord/sud qui longe la tour et devait servir à évacuer les eaux au Moyen Âge et à la période moderne.
Et maintenant ?
Les travaux sont terminés et le musée peut ouvrir ses portes et permettre au public de découvrir l’histoire d’Empurany. Côté archéologie, un long travail d’analyse des données recueillies sur le terrain est en cours (relevés, photographies, objets, prélèvements, documents d’archive). Tous les résultats seront réunis dans un rapport final abondamment documenté. Les archives et les objets seront remis à l’État, qui en assurera la conservation.
Opération d’archéologie préventive conduite en 2024 et 2025 sur la commune d’Empurany au lieu-dit Rue du Fort, en préalable à la restauration de la tour du Fort en vue de sa transformation en musée
Prescription et contrôle scientifique :
Service régional de l’archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes
Maîtrise d’oeuvre : Municipalité d’Empurany
Opérateur archéologique : Archeodunum
Responsable : Cécile Rivals
Retrouvez la notice complète du site

Équipe de terrain
- Cécile RIVALS* (RO)
- Jean-Baptiste KOWALSKI
- Charlotte SANCHEZ
- Camille COLLOMB*
- Guilhem TURGIS
- Jessy CROCHAT
* Fouille & post-fouille

Notes.
1 – Un castrum désigne au Moyen Âge un château et l’habitat qui lui est subordonné.







