Genas, à la découverte de la bâtie d’Azieu

Genas :

À la découverte de la bâtie d’Azieu

Premiers résultats de la fouille archéologique

Grâce au financement de la mairie de Genas, la société Archeodunum a pu procéder à la fouille de la bâtie d’Azieu du 29 juin au 24 juillet 2026 (fig. 1). Il s’agit d’une étude passionnante car plurielle, invoquant à la fois l’archéologie dite « sédimentaire » – qui se rapporte aux vestiges enfouis dans le sol – et l’archéologie dite « du bâti » – pour l’analyse des vestiges encore en élévation.

Fig. 1 : Décapage mécanique de la zone de fouille.
Fig. 2 : Trou de poteau signalant la présence d'une structure en bois aujourd'hui disparue.
Fig. 3 : Exemple de la bâtie Rouelbeau, avec restitution d'après les données de fouille de son enceinte en pierre. © On-situ / Service cantonal d'archéologie de Genève

Guerre…

Dans le contexte d’un conflit territorial entre le Dauphiné et les comtes de Savoie, ces derniers font ériger la bâtie d’Azieu afin de défendre la frontière. Elle est constituée de bâtiments destinés à la vie de la garnison, protégés par une vaste enceinte. Les bâties, construites généralement en bois dans un premier temps (fig. 2), se parent rapidement d’enceintes en pierres, plus solides pour résister aux assauts (fig. 3). En leur sein, les aménagements en bois et en pierre cohabitent.

… et paix

À la fin du conflit, de nombreuses bâties sont abandonnées, tandis que d’autres perdurent, à l’instar de la bâtie d’Azieu (fig. 4). Si les sources historiques peuvent être lacunaires, de nombreuses mentions indiquent toutefois que l’édifice accueille « le grenier » du Dauphiné. En contribuant au stockage et à la protection des denrées, la place forte reste donc un lieu majeur pour le territoire.

Fig. 4 : La bâtie en cours de fouille avec en arrière-plan son mur d'enceinte toujours en élévation.
Fig. 5 : Mise au jour de vestiges enfouis dans le sol.
Fig. 6 : Foyer aménagé à même le sol.

Les apports de l’archéologie

Les fouilles archéologiques ont pu confirmer la présence de vestiges conservés en sous-sol (fig. 5). Si l’emprise fouillée ne permet pas encore de projeter un plan des aménagements intérieurs, les structures mises au jour attestent la présence de bâtiments en bois, d’espaces dédiés à la vie quotidienne et à la subsistance, et d’éléments de confort tels qu’un foyer (fig. 6). La poursuite des recherches permettra sans nul doute de comprendre l’organisation interne de la bâtie d’Azieu et de la restituer. Les reliefs visibles aujourd’hui ainsi que les résultats de la prospection géophysique nous indiquent que la bâtie a encore de nombreux secrets à nous révéler.

Affaire à suivre

Après la fouille, l’analyse des données recueillies nous permettra d’affiner la compréhension de ces espaces et leur fonction. L’étude du mobilier mis au jour (céramique, petit mobilier, restes de faune…) précisera quant à elle les datations, et fera également la lumière sur les usages dans la bâtie d’Azieu (fig. 7 & 8), nous dévoilant alors tout un pan de la vie quotidienne dans cette vaste fortification.

Fig. 7 : Exemple de mobilier découvert lors de la fouille : molette d'éperon (diam. : 8 cm), carreau d'arbalète (longueur : 12 cm)
Fig. 8 : Exemple de mobilier découvert lors de la fouille : fragments de céramique.

Opération d’archéologie programmée conduite en juillet 2026 sur la commune de Genas (Rhône) à l’initiative et grâce au financement de la ville de Genas.

Prescription et contrôle scientifique :
Service régional de l’archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes

Commanditaire : Ville de Genas

Opérateur archéologique : Archeodunum

Responsable : Auriane Lorphelin

Équipe de terrain

  • Auriane LORPHELIN (RO)
  • Jean-Baptiste KOWALSKI (RA)
  • Aurélie COURTOT
  • Jean BROUARD
  • Eloi JEGAT
  • Zoé BONNIN
  • Pieter HELWIG
     

Notes.

1 – Un castrum désigne au Moyen Âge un château et l’habitat qui lui est subordonné.