Archives de catégorie : Antiquité

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Plus de 4000 ans d’histoire sur les bords de l’Erdre

Plus de 4000 ans d’histoire sur les bords de l’Erdre

Archéologie sur la “déviation nord” de Nort-sur-Erdre (Loire-Atlantique)

Une équipe d’une douzaine d’archéologues a procédé à une vaste fouille archéologique sur la commune de Nort-sur-Erdre tout au long de l’année 2022. Cette opération a été prescrite par le Service Régional de l’Archéologie. Elle était motivée par la création, par le Département de Loire-Atlantique, d’un axe routier contournant le centre de la ville. Sur près de 15 hectares, les archéologues d’Archeodunum ont mis au jour des vestiges datés de l’âge du Bronze, de l’Antiquité et du Moyen-âge, dont des aménagements de berge le long de l’Erdre.

 

Vue aérienne du site de « La Pancarte » (© Anthony Béranger)
Vue aérienne du site de « La Pancarte » (© Anthony Béranger)
Plan général de l’intervention archéologique
Plan général de l’intervention archéologique

Une vaste surface à explorer aux abord de l’Erdre

Sous la direction d’Audrey Blanchard, l’équipe a travaillé par étapes entre février et novembre 2022. On distingue les lieux-dits dits « Saint-Yves » (ouest), « L’Onglée » (centre) et « La Pancarte » (est). Les archéologues ont mis au jour plus de 3 000 aménagements. Ces vestiges appartiennent à plusieurs phases chronologiques : âge du Bronze ancien, âge du Bronze final, Moyen-âge et Antiquité.

Archéologues au travail
Archéologues au travail
Archéologues au travail (© Anthony Béranger)
Archéologues au travail (© Anthony Béranger)

Sur les plateaux, deux habitats de l’âge du Bronze

Sur les plateaux situés de part et d’autre de l’Erdre, deux occupations humaines de l’âge du Bronze ont été décelées. À l’ouest, sur le site de « Saint-Yves », la fouille a révélé de nombreuses fosses d’ancrage de poteau. Plusieurs alignements permettent de restituer des plans de bâtiments, tous à ossature de bois ancrée dans le sol et dont les parois sont réalisées en matériaux périssables (clayonnage et torchis). Les archéologues ont reconnu des petits greniers à quatre poteaux ou des bâtiments de superficie plus imposante. Des fosses jouxtent ces constructions. Certaines, dites « polylobées » en raison de leur forme complexe, contenaient de nombreux fragments de céramique attribuables à l’âge du Bronze final (1350-800 av. n. è.).

À l’est, sur le site de « La Pancarte », les creusements sont plus arasés, mais permettent également de restituer des plans de bâtiment. Le mobilier céramique, rare, renvoie à une phase plus ancienne : âge du Bonze ancien à moyen (2000-1350 av. n. è). Un fossé circulaire de 10 m de diamètre environ pourrait quant à lui indiquer l’existence d’une architecture funéraire au sud de l’habitat.

Près de la rivière, un enclos gallo-romain

Sur le site de « L’Onglée », à proximité de l’Erdre, l’équipe a découvert un vaste enclos daté de l’Antiquité (Ier– IIIe s. de n. è.). Ce dispositif prend la forme de deux fossés parallèles, qui délimitent un espace habité doté de plusieurs bâtiments quadrangulaires.

 

Vue aérienne d’un fossé circulaire probablement daté de l’âge du Bronze (© Anthony Béranger)
Vue aérienne d’un fossé circulaire probablement daté de l’âge du Bronze (© Anthony Béranger)
Aménagements de berge au bord de l’Erdre (© Anthony Béranger)
Aménagements de berge au bord de l’Erdre (© Anthony Béranger)

Des aménagements au bord de l’eau

Dans la plaine alluviale, à proximité immédiate de l’Erdre, les sondages ont révélé des vestiges d’aménagement de berge : des pieux verticaux et des pièces de bois horizontales forment des caissons quadrangulaires. Le milieu, très humide, a permis une bonne conservation du bois. Les premiers éléments de datation plaident en faveur d’un aménagement médiéval.

Les Nortais à la découverte de leur patrimoine

Près de 260 habitants de Nort-sur-Erdre et des communes alentour ont pu visiter le site archéologique lors des Journées Européennes du Patrimoine, le samedi 17 septembre 2022. Quatre classes de collégiens de la ville ont également fait le déplacement et ont pu bénéficier d’échanges enrichissants avec les archéologues.

Après la fouille …

Au terme de l’intervention de terrain, les investigations se poursuivront en laboratoire durant deux ans. Les archéologues et les spécialistes d’Archeodunum vont exploiter les informations recueillies sur le terrain. Des analyses par le radiocarbone ou par dendrochronologie (pour dater les pièces de bois des berges) permettront d’affiner la datation des différents contextes. Tous les résultats de l’opération seront synthétisés dans un rapport abondamment documenté et argumenté.

En laboratoire, fouille d’un vase prélevé sur le site
En laboratoire, fouille d’un vase prélevé sur le site

Opération d’archéologie préventive durant l’année 2022 sur la commune de Nort-sur-Erdre (Loire-Atlantique), en préalable à la déviation nord de la commune.

Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie du Pays de la Loire

Maîtrise d’ouvrage : Département de Loire-Atlantique

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Audrey Blanchard)

Découverte d’une petite agglomération romaine à Belleville-en-Beaujolais

Belleville-en-Beaujolais, déviation sud-est de la RD109

Découverte d’une petite agglomération romaine

 

C’est dans le cadre du projet de la déviation sud-est de Belleville que le Service régional de l’archéologie a prescrit une fouille archéologique, réalisée par Archeodunum entre juillet et octobre 2022. Les premiers résultats en sont spectaculaires, avec la découverte d’une série de bâtiments d’époque romaine. Ceux-ci font face au quartier artisanal exploré en 2020 sur la ZAC Lybertec, de l’autre côté de la route D306. L’ensemble constitue une occupation dense, révélant l’existence d’une petite agglomération, à quelques kilomètres au nord de Ludna (Saint-Georges-de-Reneins).

À proximité de la Voie de l’Océan

Depuis des temps très anciens et jusqu’à aujourd’hui, la vallée de la Saône sert d’axe de circulation majeur. Au lendemain de la conquête de la Gaule (milieu du Ier s. av. J.-C.), les Romains pérennisent ou installent un réseau routier naissant de Lyon pour monter vers le nord et l’ouest de la Gaule (Voie dite de l’Océan), desservant notamment Mâcon puis Chalon-sur-Saône. Le long de cette artère maîtresse se développent habitats, lieux d’étape, petites ou grandes agglomérations. C’est dans ce contexte que s’inscrivent les fouilles menées à Belleville-en-Beaujolais.

Plan général du secteur 1, fouillé par Archeodunum
Plan général du secteur 1, fouillé par Archeodunum

De discrets gaulois

Deux secteurs font l’objet d’investigations archéologiques. À proximité du Lac des Sablons et de l’autoroute A6, des traces ténues (négatifs de poteaux, fosses diverses) évoquent assez discrètement une occupation gauloise. Trouvé dans une fosse profonde d’environ 40 cm, un ensemble de poteries est ainsi datable de la fin de l’âge du Fer (milieu IIe – début Ier siècle avant J.-C.).

Découverte de poteries gauloises
Découverte de poteries gauloises
Les mêmes poteries gauloises au fond d'une fosse
Les mêmes poteries gauloises au fond d'une fosse

Un site gallo-romain bien structuré

C’est directement en contrebas du rond-point de la RD109, à l’emplacement du départ de la future déviation, que les découvertes sont les plus remarquables. Sur une surface de près de 6000 m2, de nombreux vestiges sont datés de l’époque romaine (Ier – IIIe siècle après J.-C.). Le site, très bien organisé, se développe pour l’essentiel sur la moitié ouest de la zone de fouille. Il est limité à l’est par un mur de clôture et par un fossé d’axe nord-sud, mais se poursuit hors emprise au nord, au sud et à l’ouest.

Portion de mur construit essentiellement en fragments de tuiles
Portion de mur construit essentiellement en fragments de tuiles
Vue aérienne des fondations du bâtiment 3, une grange ?
Vue aérienne des fondations du bâtiment 3, une grange ?

Au moins cinq bâtiments

Les nombreux murs, dont seules sont conservées les fondations en galets et en blocs de calcaire, dessinent les plans d’au moins cinq bâtiments. Ceux-ci semblent répartis en deux parcelles contiguës, séparées par un mur constitué de fragments de tuiles. Parmi ces constructions, on remarque le plan presque complet d’une grange de plan carré (bâtiment 3).

Hypocauste et foyers

À l’est du bâtiment 4, le bâtiment 5 livre dans sa démolition de nombreux matériaux (briques creuses, pilettes carrées, mortier de tuileau) qui suggèrent la présence d’un hypocauste : ce dispositif de chauffage par le sol, bien connu dans le monde romain, pourrait équiper des bains privés (thermes). Les alentours livrent d’autres types de vestiges, dont des fosses et un puits, ainsi que plusieurs foyers, peut-être liés à une activité artisanale.

Foyer constitué de tuiles plates (tegulae), disposées à l'envers
Foyer constitué de tuiles plates (tegulae), disposées à l'envers

Autour d’une voie fantôme

Ces résultats sont à apprécier en regard de la fouille menée en 2020 par la société Éveha sur le site de la ZAC Fontenailles, de l’autre côté de la route D306. On y a découvert un quartier à vocation artisanale (travail du métal en particulier). Les orientations des bâtiments sont identiques, et l’ensemble donne l’impression d’une occupation cristallisée de part et d’autre d’un axe fort, situé par hypothèse sous la D306. Par extension, il est tentant de restituer à cet endroit le passage de la Voie de l’Océan – à moins qu’il ne s’agisse d’une voie secondaire.

Ludna ou Lunna ?

Ces nouvelles données permettront également d’alimenter une discussion ancienne mais non tranchée à propos des sites de Ludna et de Lunna, que deux sources antiques mentionnent entre Anse et Mâcon (article à ce propos). Il n’est pas clair si les deux noms, très similaires, désignaient un même lieu, ou deux sites différents. Les dernières recherches penchent en faveur d’un lieu unique, positionné à Saint-Georges-de-Reneins. Désormais, il paraît établi qu’il existait à l’époque romaine une autre petite agglomération à proximité immédiate de l’actuel Belleville-en-Beaujolais !

Et après ?

À l’issue de la fouille, en octobre 2022, l’aménagement routier se poursuivra. Côté archéologie, les investigations se dérouleront en laboratoire durant deux ans. Un important travail d’étude sera réalisé par les archéologues et les spécialistes – notamment pour réfléchir à l’articulation entre Ludna et Lunna ! Finalement, les résultats seront rassemblés dans un copieux rapport, remis à l’État avec l’ensemble de la documentation et des objets collectés sur le site.

Opération d’archéologie préventive conduite durant l’été 2022 sur la commune de Belleville-en-Beaujolais (Rhône), en préalable à la déviation sud-est de la commune.

Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Maîtrise d’ouvrage : Département du Rhône

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Jérôme Grasso)

Visite Saint-Sever

Visite du site archéologique de Saint-Sever (Landes)

Visite du site antique de Saint-Sever (Landes) en cours de fouille

Visite Saint-Sever
Archéologues au travail à Saint-Sever (Cliché P. Meyranx)

Les équipes d’Archeodunum seront heureuses de vous accueillir à Saint-Sever (Landes) pour vous faire découvrir l’habitat rural antique qu’elles sont en train de fouiller.

Les visites auront lieu le mercredi 27 juillet de 13h à 17h.

Les visites commentées par les archéologues dureront environ 45 minutes, avec un départ toutes les 20 minutes.

Les groupes seront limitées à une vingtaine de personnes.

Entrée libre.

Pensez à prendre de bonne chaussures  et bonne visite !

Accès par la D924 aux abords du Chemin de Matoch.

Accès Saint-Sever
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Presque 10 000 ans d’histoire à Cercy-la-Tour (Nièvre)

Presque 10 000 ans d’histoire à Cercy-la-Tour !

Vestiges du Mésolithique au Moyen Âge sur le site des “Fourneaux”

C’est en préalable à l’extension des activités de l’entreprise Cassier qu’une fouille archéologique s’est déroulée au sud de Cercy-la-Tour (Nièvre), au lieu-dit « Les Fourneaux ». Cette opération apporte de nouvelles et solides données sur le lointain passé des lieux. Un passé aux allures de zone de chasse, puis, sept millénaires plus tard, de vie de campagne avec une ferme gauloise, un hameau gallo-romain et des fours du haut Moyen Âge.

Vue générale du site en direction du nord. Au fond, la route de Decize et l’entreprise Cassier.
Vue générale du site en direction du nord. Au fond, la route de Decize et l’entreprise Cassier.
Plan général sur fond de vue aérienne © Google Earth
Plan général sur fond de vue aérienne © Google Earth

À la recherche des Gallo-Romains

La fouille se positionne directement au sud de la route de Decize, qui traverse la commune d’est en ouest. L’opération était motivée par l’agrandissement des locaux de l’entreprise de transport Cassier, un projet accompagné par Nièvre Aménagement. C’est à la suite de la détection de vestiges gallo-romains, du IIIe siècle après J.-C. en particulier, que le Service régional de l’archéologie a demandé l’exploration d’un hectare de terrain.

Colluvions et intempéries

L’emprise occupe un bas de pente, bordé à l’est par un ancien vallon. Cette configuration a engendré de forts colluvionnements recouvrant et séparant les vestiges. Les conditions météorologiques particulièrement éprouvantes durant la fouille (du 25 mai au 23 juillet 2021) ont permis de prendre la mesure de l’ampleur et de la rapidité de ces phénomènes.

450 vestiges et 10 000 ans d’histoire

Le site a été décapé à l’aide de pelles mécaniques afin d’atteindre le toit des vestiges. Sur la totalité de la surface, Jonathan Javelle et son équipe ont documenté près de 450 structures, couvrant une période chronologique plus large qu’attendue, allant du Mésolithique au Moyen Âge.

Coupe d’une fosse mésolithique
Coupe d’une fosse mésolithique, avec sa forme caractéristique dite « à téton », due au surcreusement que l'on perçoit au centre

De bien étranges fosses

Les premiers indices d’occupation remontent au Mésolithique, une période de transition qui voit l’émergence des premiers agriculteurs. Il s’agit de quatre fosses dites « à téton ». Ce nom est lié à leur forme, un creusement circulaire large et profond (environ 1,80 m de diamètre pour une profondeur de 1 m), prolongé en son centre par un étroit creusement. Leur fonction peut être liée à la chasse en tant que piège, le surcreusement ayant éventuellement été pratiqué pour y installer un pieu. Des datations au carbone 14, réalisées après la fin de la fouille, ont donné une fourchette chronologique comprise entre 7 350 et 6 800 av. J.-C.

Les Gaulois sont dans le vallon

C’est dans la zone du vallon, à une profondeur de plusieurs mètres, que plusieurs éléments suggèrent une occupation de la fin de la période gauloise. Quatre trous de poteau particulièrement massifs, de 1,40 m de diamètre pour 1,20 m de profondeur, dessinent l’ossature principale d’un bâtiment sur poteaux porteurs. Il s’agit d’un modèle de bâtiment largement documenté par ailleurs, mais qui apparaît pour la première fois dans la région de Cercy-la-Tour. Cet ensemble est notamment complété par des fossés. Les amphores et la céramique qui en sont issues sont attribuables à la fin de la période gauloise (Ier siècle avant J.-C.).

La chambre de cuisson du four de potier
La chambre de cuisson du four de potier

À l’époque gallo-romaine, un hameau et un potier

C’est la période antique qui est la mieux représentée, avec un mobilier abondant et de nombreuses structures fossoyées (trous de poteau, fosses et fossés). Plusieurs ensembles de trous de poteau semblent former des plans de bâtiments : dans la partie basse du site, c’est ainsi un long bâtiment de douze poteaux de 13 m sur 6 m qui se dessine.
En amont, nos archéologues ont documenté un four de potier bien conservé, avec sa fosse de travail, son alandier et sa chambre de chauffe équipée de piles maçonnées. L’ensemble paraît avoir fonctionné durant la période antique, entre le IIe et le IIIe siècle après J.-C.

Perle en pâte de verre
Perle en pâte de verre
Meule en pierre
Meule en pierre
Fragment de tuile avec une empreinte de pied d’enfant
Fragment de tuile avec une empreinte de pied d’enfant
Traces de pattes de chat et de chien sur une tuile
Traces de pattes de chat et de chien sur une tuile

Six fours à pain du haut Moyen Âge ?

Enfin, six autres fours creusés dans le sol ont été dégagés. Il pourrait s’agir de fours à pain. Leur forme semble renvoyer à une datation au Haut Moyen Âge. Aux alentours, de nombreuses empreintes de poteau évoquent la présence de bâtiments.

Et après ?

La fouille étant terminée, l’aménageur a récupéré son terrain pour y mettre en œuvre son projet. Côté archéologie, une dizaine de nos experts va analyser l’ensemble des données recueillies (photos, dessins, objets, etc.). La céramique, les objets en métal et les ossements vont être étudiés pour parvenir à dater le site et comprendre ses fonctions. Tous les résultats seront rassemblés dans un rapport de fouille abondamment documenté, qui permettra de mieux comprendre comment vivaient nos ancêtres plus ou moins lointains aux abords de Cercy-la-Tour.

Opération d’archéologie préventive conduite de mai à juillet 2021 sur la commune de Cercy-la-Tour (Nièvre), en préalable à l’extension de l’entreprise Cassier.

Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie de Bourgogne-Franche-Comté

Maîtrise d’ouvrage : Nièvre Aménagement

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Jonathan Javelle)

Boigny-2021

Riche passé et mur tombé à Boigny-sur-Bionne

Riche passé et mur tombé à Boigny-sur-Bionne

Boigny-sur-Bionne (Loiret) – ZAC de la Clairière, Tranche 2

En 2019, une première fouille archéologique avait levé le voile sur un important domaine rural d’époque romaine au nord de Boigny-sur-Bionne (45), en explorant la résidence des maîtres des lieux. En 2021, ce sont les structures d’exploitation qui ont émergé du sol, sous la forme de bâtiments disposés au sein d’un vaste enclos. Mais ces vestiges romains s’installent sur un substrat déjà occupé depuis près de six siècles, en particulier avec une ferme gauloise manifestant la présence ancienne d’une puissante élite locale.

Quelques chiffres clés

Semaines de fouilles
Structures fouillées
iconSacs d'objets
mètres carrés explorés
Archéologues sur le terrain
Spécialistes pour les analyses

Les raisons de l’intervention

La fouille archéologique menée en 2021 s’inscrit dans la continuité d’une opération engagée en 2019, dans le cadre de la future ZAC de la Clairière. Piloté par Nexity, cet aménagement est destiné à la construction de logements. Les deux campagnes successives ont porté sur une surface totale de 2,7 hectares (dont plus de 2,3 ha ont été décapés).
D’après le diagnostic archéologique préalable à la fouille, ce secteur de la commune de Boigny-sur-Bionne était occupé de la fin de la période gauloise au Moyen Âge. Si la fouille de 2019 a révélé la partie résidentielle d’une vaste villa gallo-romaine, il restait à identifier la partie agricole de cette exploitation rurale.

Les principaux résultats

En 2021, l’équipe dirigée par Jérôme Besson s’est concentrée sur un secteur localisé à l’est de la rue du Vieux-Bourg, au nord de l’église actuelle. La fouille a livré une quantité importante de vestiges datés du Premier âge du Fer à l’Époque moderne.

Les bâtiments agricoles de la villa gallo-romaine

Sujet principal du dossier, l’occupation antique a fait l’objet d’une étude particulière. Les vestiges correspondent à l’extension de la villa en direction de l’est. Ils se composent de plusieurs bâtiments disposés au sein d’un grand enclos délimité par un mur.

500 m2 d’étable et de stockage

La plus vaste des constructions est un bâtiment technique qui couvrait une surface de 500 m². Cet édifice avait probablement un usage mixte, comme étable et pour le stockage. Il est doté de deux pièces excavées, dont une cave. Il jouxte une dépression naturelle aménagée à l’aide de blocs de calcaire et de fragments de tuiles, correspondant vraisemblablement à une zone de stockage de fumier (fumière).

Plan général du site archéologique
Plan général du site archéologique. Fond © Google Earth
Cave et empreinte de son escalier d’accès
Cave et empreinte de son escalier d’accès

Chute de mur

Fait remarquable, un pan de mur, long de 9 mètres, a été retrouvé couché d’un seul tenant sur le sol côté fumière. Cette découverte, particulièrement rare dans le monde rural, permet de restituer une hauteur minimale de 4 m pour la façade orientale du bâtiment.

Cour et dépendances

Trois autres constructions complétaient cette partie agricole de l’établissement. Par comparaison avec d’autres villae déjà fouillées en France, il faut probablement imaginer plusieurs bâtiments supplémentaires au sud et à l’est, encadrant une vaste cour faisant face au bâtiment résidentiel.
Cette ferme gallo-romaine a également livré trois puits et trois fours à chaux, peut-être liés aux chantiers de construction. En quantité beaucoup plus abondante qu’en 2019, les objets récoltés révèlent une occupation longue, entre le Ier et Ve siècle après J.-C.

Vue aérienne du mur effondré
Vue aérienne du mur effondré
Le mur effondré en cours d’étude
Le mur effondré en cours d’étude
Deux des trois fours à chaux
Deux des trois fours à chaux
Parmi un abondant mobilier, des fragments de céramique
Parmi un abondant mobilier, des fragments de céramique
Une clochette en fer
Une clochette en fer
Dépôt de quelques monnaies
Dépôt de quelques monnaies
Une épingle en os ornée d’une tête stylisée
Une épingle en os ornée d’une tête stylisée

Avant la villa

Ce secteur était déjà fréquenté avant la construction de la villa antique. En témoignent plusieurs fosses ayant livré des tessons de poterie du Premier âge du Fer (entre 600 et 450 avant J.-C.). Outre ces objets qui suggèrent la proximité d’un habitat rural, nos archéologues y ont recueilli des fragments de bracelets en lignite (bois fossilisé) et une fusaïole (disque percé lié au filage).

Une vaste ferme gauloise

Plus tard, aux alentours de 100 av. J.-C., la même zone accueille une ferme gauloise délimitée par un puissant fossé. Si les vestiges de cette époque ne sont pas nombreux, la fouille a permis l’identification d’une probable habitation construite sur de gros poteaux en bois. La disposition de ces derniers évoque un bâtiment doté de deux porches d’entrées, et couvrant une surface d’environ 170 m². La continuité entre des établissements ruraux gaulois et gallo-romains est chose courante ; dans le cas du site de Boigny-sur-Bionne, elle témoigne de l’ancrage sur le temps long d’une puissante élite locale.

Habitats et sépultures au Moyen Âge

Après l’abandon de la villa, des populations installent leurs habitats durant le haut Moyen Âge (VIIe-Xe siècles après J.-C.). Il s’agit de constructions modestes sur de petits poteaux de bois. Quelques foyers domestiques et silos à grains complètent les vestiges de ces établissements. Dans la continuité des découvertes de 2019, 25 sépultures de cette époque ont été retrouvées ; certaines d’entre elles ont été aménagées près des ruines de l’ancienne villa.
Au Moyen Âge et à l’Époque moderne, le site antique – ou ce qu’il en restait – a servi de carrière. Les moellons ont été récupérés, parfois jusqu’aux fondations, afin d’être réutilisés dans de nouvelles constructions.

Fosse du premier Âge du Fer
Fosse du premier Âge du Fer
Le grand bâtiment gaulois
Le grand bâtiment gaulois
Etude de sépultures médiévales
Etude de sépultures médiévales

Aménagement, rapport scientifique et actions vers le public

Dès que les investigations archéologiques se sont achevées, les terres ont été remises en place et l’ensemble des parcelles est aujourd’hui accessible pour la suite de l’aménagement. Le travail des archéologues n’est pour autant pas terminé, puisque les données et les objets collectés vont être minutieusement analysés par un cortège de spécialistes (céramologues, anthropologues, numismate, géomorphologue, etc.). Il s’agira de retranscrire au mieux l’histoire des populations anciennes qui vivaient à Boigny-sur-Bionne. À l’issue de ce travail, un copieux rapport scientifique sera remis aux services de l’État, et des restitutions pourront être proposées au public (conférences, évocations graphiques, maquettes, etc.).

Dès le 4 mars 2022, Jérôme Besson présentera ses premiers résultats à la communauté scientifique lors des Journées archéologiques de la région Centre-Val-de-Loire 2022

Opération d’archéologie préventive conduite en 2021 sur la commune de Boigny-sur-Bionne (Loiret), en préalableà la mise en place d’une ZAC et à la construction de logements.

Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie de Centre-Val-de-Loire

Maîtrise d’ouvrage : Nexity

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Jérôme Besson)

Mably - Lot 2

Quelques reliques de la mort. Vestiges gaulois et romains à l’arsenal de Mably

Quelques reliques de la mort

Vestiges gaulois et romains à l’arsenal de Mably

C’est à la marge orientale de l’arsenal de Roanne, sur la commune de Mably, que des archéologues d’Archeodunum ont mis au jour des vestiges des époques gauloise et romaine. Si ces traces évoquent un paysage rural, un fossé a livré des reliquats de pratiques funéraires, sous la forme de vases brûlés et d’ossements humains.

16 hectares et trois fouilles

L’intervention archéologique a été motivée par la création d’une zone d’activité de près de 16 hectares aux abords de l’arsenal de Mably, un vaste projet porté par la communauté Roannais Agglomération. Dès les années 2017, un diagnostic archéologique réalisé par l’Inrap a mis au jour des vestiges anciens, conduisant l’État (Service régional de l’archéologie) à prescrire trois fouilles. Un premier lot avait permis la fouille d’une occupation de l’âge du Bronze (Voir la notice) et, de septembre à novembre 2021, Marie-José Ancel et son équipe ont pris en charge le Lot 2, d’une surface de 9 700 m2.

Plan général des vestiges
Plan général des vestiges
Couches principales du site. La strate noire est le remblai d’installation de l’arsenal en 1917
Couches principales du site. La strate noire est le remblai d’installation de l’arsenal en 1917

Arsenal et archéologie

La fouille est localisée à proximité de l’agglomération antique de Rodumna et, dans un contexte plus récent, à l’emplacement de l’arsenal militaire de Roanne. Installé et déployé à partir de 1917, ce complexe militaire a laissé des traces évidentes, impactant parfois fortement les vestiges archéologiques anciens. Depuis 30 ans, l’arsenal a connu de profondes restructurations ayant entraîné le démantèlement de certains bâtiments, notamment à l’emplacement de la fouille. Un épais remblai constitué de gravats, de ferrailles et de rejets de forge recouvre le niveau de terre végétale de 1917. Les structures archéologiques se trouvent en moyenne à 1 m de profondeur.
L’emprise de fouille a également connu le passage de la voie ferrée liée au port fluvial du canal situé à l’est du chantier – même si cette voie n’a laissé pratiquement aucune trace dans le sous-sol. Installés récemment, de nombreux réseaux hydrauliques ou électriques traversent également le site, perturbant parfois la lecture des vestiges anciens.

Trou de poteau avec pierres de calage
Trou de poteau avec pierres de calage
Vue du fossé ayant livré des restes funéraires
Vue du fossé ayant livré des restes funéraires

Un peu de campagne gauloise et romaine

D’un point de vue archéologique, le site offre la vision assez fugace d’une occupation rurale datée des époques gauloise et romaine. Ces occupations s’installent sur une zone marquée par d’anciens chenaux de la Loire.
À l’époque gauloise, un fossé traverse le site d’est en ouest. Au moins trois trous de poteau pourraient appartenir à un bâtiment à ossature de bois.
À l’époque romaine se rattachent quelques structures excavées, telles que des trous de poteau, des fosses et des fossés de parcellaire et/ou de drainage. Hormis une orientation inscrite dans la continuité de la période précédente, l’ensemble n’est pas organisé et demeure difficilement interprétable.
Le mobilier mis au jour est principalement constitué de fragments de récipients en céramique. Les quelques objets en fer sont très corrodés et ne pourront être identifiés que par radiographie. En définitive, il est probable que nous soyons en périphérie d’un site plus important.

Résidus de bûcher
Résidus de bûcher
Assiette brûlée lors d’une crémation
Assiette brûlée lors d’une crémation

Des restes de bûcher(s) funéraire(s)

Une découverte particulière tient dans la reconnaissance de pratiques funéraires. Un fossé, daté de l’époque romaine a livré les restes d’une ou plusieurs crémations. Après son comblement, on est venu y déposer des résidus de crémation provenant de bûchers funéraires. Ces vestiges, noyés dans une couche charbonneuse, se composent de nombreux récipients en céramique brûlés et fragmentés, ainsi que de quelques esquilles osseuses humaines. Aucune tombe n’a été trouvée sur le site, mais il est probable qu’une nécropole ait existé à proximité.

Pour la suite…

Roannais Agglomération a désormais récupéré son terrain et poursuit ses aménagements. Côté archéologie, une dizaine de nos experts va analyser l’ensemble des données recueillies (photos, dessins, objets, etc.). La céramique, les objets en métal et les ossements vont être étudiés pour parvenir à dater le site et comprendre ses fonctions. Tous les résultats seront rassemblés dans un rapport de fouille abondamment documenté, qui permettra de mieux comprendre comment vivaient (et mouraient) les hommes aux époques gauloise et romaine en bord de Loire.

Opération d’archéologie préventive conduite en automne 2021 sur la commune de Mably (Loire), en préalable à la création de la zone d’activité Nexter-Valmy (Lot2).

Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes.

Maîtrise d’ouvrage : Communauté Roannais Agglomération

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Marie-José Ancel)

La Farlède 2022

Visite d’un site archéologique à La Farlède (Var)

Le grand bâtiment romain retrouvé au nord de la fouille

Archéologie à La Farlède : découverte d’une exceptionnelle exploitation oléicole d’époque romaine et visite publique le 13 janvier 2022

Au cœur de La Farlède, les archéologues d’Archeodunum procèdent à une nouvelle fouille dans le cadre du Projet de Centralité porté par la commune. Sur près de 6 000 m2, c’est la partie résidentielle d’un riche domaine oléicole d’époque romaine qui surgit du sol.

Il y a 2000 ans, entre le Ier et le IIIe siècle après J.-C., les lieux étaient en effet occupés par un grand domaine agricole, qui produisait de l’huile d’olive et, peut-être, du vin.

En 2013 et 2014, une première fouille a permis de dégager un long bâtiment destiné au logement des ouvriers ou au stockage, ainsi qu’une série d’aménagements liés à l’exploitation. Trois cuves en maçonnerie servaient à la production de l’huile d’olive, ainsi que l’ont prouvé des analyses chimiques. À proximité, un chai abritait 30 jarres destinées au stockage de l’huile.

Ces bâtiments occupaient le côté sud d’une vaste cour dont les flancs ouest et nord sont explorés aujourd’hui. Les découvertes sont nombreuses et confirment la richesse du site. Le plan général suit une organisation symétrique, traduisant une conception globale rigoureuse.

Au nord, les archéologues sont en train d’exhumer la résidence des propriétaires. À première vue, il s’agit d’un bâtiment de plus de 700 m2, bordé par un portique et muni de nombreuses pièces.

Ces découvertes révèlent le passé prestigieux du cœur de La Farlède. Après deux mille ans de sommeil, elles rappellent que, depuis la plus haute antiquité, l’olivier et ses fruits ont été considérés comme le don le plus utile à l’humanité. Elles entrent également en résonance avec les moulins à huile (Partégal, Guiol) actifs sur la commune.

Plan général des vestiges des fouilles de 2013-2014 et de 2021-2022
Plan général des vestiges des fouilles de 2013-2014 et de 2021-2022
Restes d'une chaussure à semelle en bois
Restes d'une chaussure à semelle en bois

Afin de rendre ces découvertes accessibles au public, une après-midi « portes ouvertes » sera organisée le jeudi 13 janvier 2022 de 13 h 30 à 16 h 30.

Rendez-vous Rue Xavier Messina

Le lendemain matin 14 janvier 2022, trois classes d’écoliers et de collégiens seront accueillies par les archéologues.

Une visite presse du site est possible durant la première semaine de janvier 2022 (soit entre le 4 et le 7 janvier), sur rendez-vous, avant que la fouille ne touche à sa fin.

Opération d’archéologie préventive à l’hiver 2021-2022 sur la commune de La Farlède (Var), en préalable à un projet d’aménagement urbain

Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie de Provence-Alpes-Côte-d’Azur

Maitrise d’ouvrage : Commune de la Farlède

Opérateur archéologique : Archeodunum – Responsable : Jérôme Grasso

Briord_visite

Visite de site archéologique à Briord

Venez visiter le chantier antique de Briord (Ain)

Visites prévues entre 16h et 17h les lundi 18, mercredi 20 et jeudi 21 octobre 2021.

Visite gratuite

Accès au chantier : 251 Rue Saint-Didier à Briord (Ain)

Parking près du musée archéologique

Affiche visite Briord

Pour en savoir plus...

Depuis août 2021, les archéologues d’Archeodunum sont à pied d’œuvre au cœur de Briord. Enjeu : procéder à une fouille archéologique avant la construction d’une maison individuelle. Sur près de 2 000 m2, c’est un quartier vieux de 2 000 ans qui surgit du sous-sol, avec une rue, une maison de belle qualité et des voisins artisans.

Bienvenue à Briorate

La fouille se situe à Briord (Ain), ancienne agglomération secondaire antique située au bord du Rhône à environ 60 km en amont de Lyon, entre Belley et Saint-Vulbas. L’agglomération est notamment connue pour sa nécropole principale des Plantées, fouillée des années 1960 aux années 1980. Ayant livré plus de 600 tombes, ce cimetière se développe entre le Ier siècle avant J.-C. et le VIIIe siècle après J.-C.

De l’agglomération antique proprement dire, on connaissait jusqu’il y a peu des éléments ponctuels : des fours artisanaux, quelques lots de monnaie, une statuette de Mercure, une série d’inscriptions dont l’une a donné le nom des habitants, [BR]IORATENSES, « ceux de Briorate », d’après un toponyme gaulois signifiant « le pont » ou « le gué » – le Rhône n’est pas loin !

Une fenêtre sur l’agglomération antique

L’élément structurant l’occupation gallo-romaine est une voie, initialement large d’environ 8 mètres, cheminant selon un axe nord-ouest / sud-est – une orientation générale que reprend l’actuelle rue des Ecoles. Le quartier semble habité dès le début du Ier siècle après J.-C., pour s’échelonner jusqu’au IIIe ou au IVe siècle. Des constructions occupent les deux côtés de la chaussée.

Briord_Ambiance de fouille

Une maison chic

L’emprise de la fouille recoupe principalement un important bâtiment édifié sur la bordure nord-est de la rue. Il s’agit vraisemblablement d’une maison d’habitation de bon standing, munie d’un atrium. Cette cour intérieure, caractéristique de l’architecture romaine, est couverte sur ses quatre côtés et recueille les eaux pluviales dans un bassin central. Elle dessert également les pièces de vie situées en retrait.

Les archéologues ont d’ores et déjà identifié des phases d’agrandissement et de transformation de cette maison. Le bassin de l’atrium est reconstruit sur un plan légèrement plus petit. De nouvelles pièces sont créées au nord-est, bordées par une vaste cour équipée d’un puits et de canalisations. Côté rue, deux pièces sont créées en empiétant sur l’espace de la chaussée : on y restitue volontiers des boutiques.

Ailleurs dans le quartier

Tel qu’on le perçoit, le voisinage n’est pas entièrement à l’image de cette maison. Au nord-ouest, séparé de la maison par un étroit passage, un nouvel édifice se distingue par une pièce chauffée par hypocauste : il pourrait s’agir de thermes. Au sud-est, plusieurs pièces équipées de foyers abritent sans doute des artisans. Derrière, un vaste espace vide évoque une place, sans écarter l’hypothèse qu’on se trouve à la limite de l’agglomération. Enfin, de l’autre côté de la rue, des structures en creux (fosses, négatifs de poteaux, puits) ainsi que des sols délimités par des maçonneries pourraient témoigner d’une activité artisanale pratiquée en bordure de voie. De nombreux pesons de métiers à tisser y ont notamment été découverts.

Affaire à suivre !

Ces premiers résultats montrent la richesse et la diversité de l’agglomération des Brioratenses. La poursuite de la fouille (jusqu’en décembre 2021) sera à n’en pas douter riche de nouvelles données et d’enseignements sur la vie à l’époque romaine au bord du Rhône. Elément supplémentaire, une évaluation réalisée en 2019 à une centaine de mètres au nord a montré que l’agglomération antique s’étend dans cette direction. Affaire à suivre !

Opération d’archéologie préventive conduite à l’été et l’automne 2021 sur la commune de Briord (Ain), en préalable à la construction d’une maison individuelle

Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Elio Polo)

Décapage en cours à Crissey

Parties de campagnes gallo-romaines

Parties de campagnes gallo-romaines

En octobre 2020, une équipe d’Archeodunum a investi le nord-ouest de la commune de Crissey (Saône-et-Loire). Mission : réaliser une fouille archéologique de 3 600 m² prescrite par le Service régional de l’archéologie de Bourgogne-Franche-Comté, en préalable à la création d’une plateforme logistique (Aubade / Comptoir des Fers). Sous les terres agricoles d’aujourd’hui, c’est une évocation des paysages campagnards d’époque romaine qui se dégage, sur un mode impressionniste.

Des drains, des fossés et des pots

Sous les trente centimètres de terre végétale retirés en début d’opération, apparaissent les stries parallèles de drains modernes – qui ont parfois recoupé les structures anciennes.
2000 ans auparavant, c’est un autre réseau qui se développe sur l’ensemble de l’emprise. Il s’agit de plusieurs fossés, répartis en deux phases chronologiques (Ier siècle apr. J.-C. ; du milieu du IIe au IIIe siècle). Limites de parcelles ou de champs, fossés drainants, bordures de chemin, les usages sont difficiles à préciser.
Elément remarquable, l’équipe a découvert des vases brisés, mais complets, dans les comblements des fossés. Pour Marie-José Ancel, responsable de l’opération, ces dépôts visiblement intentionnels pourraient bien être liés au bornage des terres : une pratique fréquemment attestée en Gaule, également mentionnée par l’agronome latin Siculus Flaccus. C’est peut-être également à cette fonction qu’il faut rapporter les pots entiers découverts lors du diagnostic.

Plan général des vestiges
Plan général des vestiges
Le puits, vue en coupe
Le puits, vue en coupe

L’insondable profondeur du puits

Un puits a été découvert à l’ouest de l’emprise. Creusé dans l’argile, il est cuvelé de pierres dans sa moitié inférieure, en partie effondrée. Sa profondeur totale, supérieure à 2,70 m, reste inconnue, car la présence de la nappe phréatique n’a pas permis de poursuivre l’exploration. L’existence de ce puits est un indice en faveur d’une occupation de longue durée.

Patère en bronze
Patère en bronze
Bandages de roues de char en fer
Bandages de roues de char en fer

De terre, de rouille et d’os

Les vestiges antiques, principalement des négatifs de poteaux et quelques fosses, se concentrent dans la moitié ouest de la fouille. Ils sont en partie recouverts par un vaste « remblai » de près de 200 m², riche en fragments de tuiles et objets de la vie courante datés jusqu’au IIIe siècle après J.-C. Zone de dépotoir, cette couche témoigne de la proximité d’un habitat.
Parmi l’abondant mobilier, mentionnons une patère (récipient à manche pour les ablutions) et deux fibules en bronze, des bandages de roues de char et des outils agricoles en fer, ainsi que de nombreux récipients en céramique et quelques-uns en verre. Quelques fragments d’os animaux ont également été mis au jour.

Céréales killer : un grenier incendié

Si aucun habitat n’a pu être reconnu, un petit bâtiment rectangulaire se situe à l’est, à l’écart de la zone la plus dense en vestiges. Les quatre négatifs de poteau qui en révèlent l’existence dessinent le plan d’un grenier sans doute surélevé. Dans leur remplissage, des couches charbonneuses ou rubéfiées évoquent un incendie. Grâce à un tamisage très fin, on y a retrouvé des grains de blé, d’orge et de millet, ultimes restes des céréales qu’on y stockait !

Fouille en cours des trous de poteau du grenier
Fouille en cours des trous de poteau du grenier
Tombe
Tombe
Coffrage de pierre, pour une tombe d'enfant ?
Coffrage de pierre, pour une tombe d'enfant ?

Un peu d’au-delà

Outre ces traces d’organisation de l’espace et d’activités des vivants, nos archéologues ont découvert deux tombes à inhumation dans la zone la plus riche en vestiges. La première  abritait un individu adulte dont le squelette est très mal conservé – au point même qu’une tentative de datation par carbone 14 a été infructueuse ! Le corps a été enseveli dans une fosse étroite, sans aménagement ni mobilier particulier. Il est orienté la tête à l’ouest et repose sur le dos.
La seconde tombe est incertaine. Il s’agit d’un coffrage en pierres de petites dimensions, suggérant qu’il ait pu accueillir un enfant. Aucun ossement n’est toutefois conservé et il n’est pas possible d’assurer qu’il s’agisse bien d’une sépulture.

Et après ?

À l’issue du chantier, le Comptoir des Fers a repris possession des lieux pour y aménager sa plateforme. Côté archéologie, nos experts étudient l’ensemble des données recueillies (photos, dessins, objets, etc.) afin de comprendre au mieux comment on a vécu dans ce secteur du Chalonnais durant l’époque romaine. Tous les résultats sont rassemblés dans un rapport de fouille abondamment documenté.

Opération d’archéologie préventive conduite en automne 2020 sur la commune de Crissey (Saône-et-Loire), en préalable à la création d’une plateforme logistique.

Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie de Bourgogne-Franche-Comté.

Maîtrise d’ouvrage : Comptoir des fers

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Marie-José Ancel)

Clermont_Hotel_Dieu-couv

Recherches archéologiques en cours à l’Hôtel-Dieu

Recherches archéologiques en cours à l’Hôtel-Dieu

Avant la future Bibliothèque métropolitaine, Archeodunum écrit une nouvelle page du passé de Clermont-Ferrand

Clermont Auvergne Métropole : A livres ouverts #2 : Feuilleter la terre

Après la Place des Carmes, c’est de l’autre côté du cœur historique de Clermont-Ferrand que les archéologues d’Archeodunum ouvrent une nouvelle fenêtre sur le passé de la capitale auvergnate sous la responsabilité de Marco Zabeo.

La transformation de l’Hôtel-Dieu en Bibliothèque métropolitaine est à l’origine d’une fouille archéologique de près de 5 000 m².

Clermont Auvergne Métropole en assure la maîtrise d’ouvrage, et le contrôle scientifique est réalisé par le Service régional de l’archéologie.

La deuxième tranche de travaux est en cours, à l’emplacement du futur « jardin de lecture ». On y découvre principalement la frange ouest de la ville gallo-romaine, avec rue, portique et constructions, ainsi que des vestiges plus récents qui font le lien avec l’Hôtel-Dieu.

Le site en images

L’Hôtel-Dieu et les zones archéologiques vus du ciel. En jaune, la fouille en cours. (Google Earth et Archeodunum)
L’Hôtel-Dieu et les zones archéologiques vus du ciel. En jaune, la fouille en cours. (Google Earth et Archeodunum)
Le chantier a démarré en hiver
Le chantier a démarré en hiver
En plein décapage
En plein décapage
L’équipe au travail au pied de l’Hôtel-Dieu
L’équipe au travail au pied de l’Hôtel-Dieu
Rue antique et école ultra-moderne
Rue antique et école ultra-moderne
Canalisations en bois, dont seuls subsistent les joints en fer.
Canalisations en bois, dont seuls subsistent les joints en fer.
Canalisations en bois, dont seuls subsistent les joints en fer.
Canalisations en bois, dont seuls subsistent les joints en fer.
Une entrée de cave
Une entrée de cave
Manque de pot : d’un vase antique, seul a survécu ce décor de Bacchus
Manque de pot : d’un vase antique, seul a survécu ce décor de Bacchus
Découvert à Pâques (ou peu s’en faut), un faux œuf en terre blanche
Découvert à Pâques (ou peu s’en faut), un faux œuf en terre blanche

Opération d’archéologie préventive conduite début 2021 sur la commune de Clermont-Ferrand, sur le site de l’Hôtel-Dieu, en préalable à sa transformation en bibliothèque.

Prescription et contrôle scientifique : Service Régional de l’Archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes

Maîtrise d’ouvrage : Clermont Auvergne Métropole

Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Marco Zabeo)