Archives de catégorie : France
Un village médiéval de potiers à visiter à Romans-sur-Isère
Archéologie à Romans-sur-Isère : découverte d’un remarquable village de potiers du Moyen âge et visite publique le 15 janvier 2022
A l’ouest de Romans-sur-Isère a lieu une fouille archéologique préventive, en préalable à la construction d’un centre de méthanisation par la société Bioteppes. Sur 10 000 m², les archéologues d’Archeodunum ont mis au jour un village de potiers du Moyen âge (Xe-XIe siècle).
Parmi les fondations de bâtiments (habitats, ateliers) et quelques sépultures, ce ne sont pas moins de seize fours de potiers qui ont émergé du sol, formant un ensemble tout à fait remarquable.
Présents par dizaines de milliers, des fragments de poteries témoignent d’une production intense, qui a été largement diffusée à l’échelle régionale.
Ces découvertes éclairent d’un jour nouveau le passé millénaire de la région.
une journée de visite portes ouvertes sera organisée le samedi 15 janvier 2022 de 10h à 12h et de 13h30 à 16h30
Rendez-vous au croisement entre le chemin des Serres et le chemin Saint-Pierre à Romans-sur-Isère
Une visite presse du site est possible durant la première semaine de janvier 2022 (soit entre le 4 et le 7 janvier), sur rendez-vous, avant que la fouille ne touche à sa fin.
Opération d’archéologie préventive à l’hiver 2021-2022 sur la commune de Romans-sur-Isère (Var), en préalable à la construction d’une unité de méthanisation
Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes
Maitrise d’ouvrage : Bioteppes SAS
Opérateur archéologique : Archeodunum – Responsable : Quentin Rochet
Visite d’un site archéologique à La Farlède (Var)
Archéologie à La Farlède : découverte d’une exceptionnelle exploitation oléicole d’époque romaine et visite publique le 13 janvier 2022
Au cœur de La Farlède, les archéologues d’Archeodunum procèdent à une nouvelle fouille dans le cadre du Projet de Centralité porté par la commune. Sur près de 6 000 m2, c’est la partie résidentielle d’un riche domaine oléicole d’époque romaine qui surgit du sol.
Il y a 2000 ans, entre le Ier et le IIIe siècle après J.-C., les lieux étaient en effet occupés par un grand domaine agricole, qui produisait de l’huile d’olive et, peut-être, du vin.
En 2013 et 2014, une première fouille a permis de dégager un long bâtiment destiné au logement des ouvriers ou au stockage, ainsi qu’une série d’aménagements liés à l’exploitation. Trois cuves en maçonnerie servaient à la production de l’huile d’olive, ainsi que l’ont prouvé des analyses chimiques. À proximité, un chai abritait 30 jarres destinées au stockage de l’huile.
Ces bâtiments occupaient le côté sud d’une vaste cour dont les flancs ouest et nord sont explorés aujourd’hui. Les découvertes sont nombreuses et confirment la richesse du site. Le plan général suit une organisation symétrique, traduisant une conception globale rigoureuse.
Au nord, les archéologues sont en train d’exhumer la résidence des propriétaires. À première vue, il s’agit d’un bâtiment de plus de 700 m2, bordé par un portique et muni de nombreuses pièces.
Ces découvertes révèlent le passé prestigieux du cœur de La Farlède. Après deux mille ans de sommeil, elles rappellent que, depuis la plus haute antiquité, l’olivier et ses fruits ont été considérés comme le don le plus utile à l’humanité. Elles entrent également en résonance avec les moulins à huile (Partégal, Guiol) actifs sur la commune.
Afin de rendre ces découvertes accessibles au public, une après-midi « portes ouvertes » sera organisée le jeudi 13 janvier 2022 de 13 h 30 à 16 h 30.
Rendez-vous Rue Xavier Messina
Le lendemain matin 14 janvier 2022, trois classes d’écoliers et de collégiens seront accueillies par les archéologues.
Une visite presse du site est possible durant la première semaine de janvier 2022 (soit entre le 4 et le 7 janvier), sur rendez-vous, avant que la fouille ne touche à sa fin.
Opération d’archéologie préventive à l’hiver 2021-2022 sur la commune de La Farlède (Var), en préalable à un projet d’aménagement urbain
Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie de Provence-Alpes-Côte-d’Azur
Maitrise d’ouvrage : Commune de la Farlède
Opérateur archéologique : Archeodunum – Responsable : Jérôme Grasso
Arsenal et vieux poteaux
Une occupation de l’âge du Bronze à Mably
À la périphérie du célèbre arsenal de Roanne, sur la commune de Mably, trois archéologues d’Archeodunum ont mis au jour un très grand bâtiment vieux d’environ 3500 ans (milieu de l’âge du Bronze). Associé à deux petites annexes, cet édifice de près de 160 m2 constitue une découverte tout à fait remarquable pour la région.
16 hectares et trois fouilles
L’intervention archéologique a pour origine la création d’une zone d’activité de près de 16 hectares aux abords de l’arsenal de Mably, un vaste projet porté par la communauté Roannais Agglomération. Dès les années 2017, un diagnostic archéologique réalisé par l’Inrap a mis au jour des vestiges anciens, conduisant l’Etat (Service régional de l’archéologie) à prescrire trois fouilles. En septembre 2021, Clément Moreau et son équipe ont pris en charge le Lot 1, d’une surface 3 900 m2. (Un deuxième lot a permis la découverte de vestiges gaulois et antique).
Cent structures et quelques bribes d’arsenal
Après les quatre semaines de décapage et de fouille, près d’une centaine de structures ont pu être étudiées, photographiées, dessinées et fouillées entièrement.
Les vestiges les plus récents appartiennent à des parties démantelées de l’arsenal militaire, installé et développé à partir de 1917. Il s’agit de notamment de plateformes bétonnées au nord de l’emprise, ultimes traces des parties communes des baraquements des ouvriers travaillant pour l’arsenal. 2000 ans auparavant, c’est un fossé parcellaire de l’époque romaine qui traverse le sud de l’emprise.
Du bois au cœur des âges des Métaux
Ce sont toutefois des vestiges de l’âge du Bronze qui ont constitué l’enjeu scientifique principal de la fouille. Comme son nom l’indique, cette première période de la Protohistoire correspond au développement de la métallurgie du bronze, entre 2200 et 800 avant J.-C. Elle voit l’essor d’une société agropastorale de plus en plus hiérarchisée, avec des réseaux d’échanges complexes et un artisanat spécialisé. Les vestiges identifiés à Mably datent a priori de la deuxième moitié de la période, entre 1600 et 800 avant notre ère.
Durant cette période, dans nos régions, les bâtiments sont généralement à ossature de bois, avec des parois en terre habillant des poteaux profondément ancrés dans le sol. Si ces architectures ont disparu depuis longtemps, la fouille permet de retrouver les fosses d’ancrage, voire les négatifs des pièces de bois.
Calibre d’exception
Au sud de l’emprise, deux grandes lignes parallèles de trous de poteau dessinent un très grand bâtiment de 27 m de long pour près de 6 m de large. Sa toiture était probablement à deux pans avec des grandes parois sur petits poteaux et des structures intermédiaires pour soutenir la charpente. Au centre, une interruption de la paroi permet une entrée depuis le nord, avec quelques poteaux qui pourraient dégager la partie centrale de l’édifice. Le reste des poteaux faîtiers a pu être effacé par le fossé antique, qui passe par coïncidence au centre du bâtiment.
La découverte d’un tel bâtiment est très rare, car très peu de plans d’édifices bien conservés sont connus pour l’âge du Bronze. En Rhône-Alpes, c’est encore plus exceptionnel, et des comparaisons seront à rechercher vers d’autres sites archéologiques dans le nord-est de la France et le sud de l’Allemagne.
Deux petits bâtiments
Un peu plus au nord, au centre de la surface de fouille, un petit bâtiment est associé à plusieurs autres traces de poteau. Le plan de l’architecture, avec une surface assez réduite de 30 à 40 m², reste difficile à interpréter.
Dans l’angle nord-ouest, une autre concentration de structure a été retrouvée lors de notre fouille. Il s’agit là encore de trous de poteau, qui semblent notamment dessiner une petite structure circulaire de 3 à 4 m de diamètre. À proximité, un vase enterré devait servir de récipient de stockage.
Tous contemporains ?
Nos archéologues ont recueilli quelques charbons et des tessons de céramique caractéristiques de l’âge du Bronze. Ces objets incitent à penser que le grand bâtiment et les petits bâtiments circulaires sont probablement contemporains. Nous serions alors en présence d’une occupation de l’âge du Bronze en bord de Loire, avec sa grande maison, probablement collective et à multiples usages (habitation, étable, lieu de stockage…), et deux annexes domestiques ou agricoles.
Et après ?
Roannais Agglomération a désormais récupéré son terrain, la fouille du deuxième lot vient d’être terminé et une troisième est à venir. Côté archéologie, une dizaine de nos experts va analyser l’ensemble des données recueillies (photos, dessins, objets, etc.). La céramique va être étudiée pour parvenir à dater et comprendre la fonction du site. Des prélèvements de terre effectués dans certains trous de poteau seront tamisés pour tenter de retrouver d’anciennes graines carbonisées ou des charbons. Ces derniers seront envoyés à un laboratoire pour réaliser des datations radiocarbones. Tous les résultats seront rassemblés dans un rapport de fouille abondamment documenté, qui permettra de mieux comprendre pourquoi et comment vivaient les hommes entre 1600 et 800 avant J.-C. en bord de Loire.
Opération d’archéologie préventive conduite en septembre 2021 sur la commune de Mably, en préalable à la création de la zone d’activité Nexter-Valmy (Lot 1).
Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes
Maîtrise d’ouvrage : Communauté Roannais Agglomération
Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Clément Moreau)
Des glands de 3200 ans
Découvertes culinaires de l’âge du Bronze à Livron-sur-Drôme
Si le Moyen âge et la période moderne de Livron-sur-Drôme sont bien connus, c’est à un voyage inédit de plusieurs millénaires vers le passé que nous convie la fouille archéologique réalisée par Archeodunum en été 2020, au nord de la commune. Au milieu de vestiges des âges du Bronze et du Fer, des glands de chêne carbonisés sont une véritable curiosité.
Âges des Métaux et pièces d’occasion
C’est l’extension de Géant Pièces Auto 26, une entreprise spécialisée dans la pièce auto d’occasion, qui a motivé l’exploration d’un peu plus de 10 000 m2, sur prescription du Service régional de l’archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes. Les vestiges se concentrent sur une légère surélévation du terrain longée par des vallons (thalwegs) très peu marqués. L’occupation principale du site couvre l’âge du Bronze final (1400-800 av. J.-C.) et l’âge du Fer (800-50 av. J.-C.).
Présence gauloise assurée
C’est dans la moitié sud de la zone de fouille qu’Arthur Tramon et son équipe ont reconnu les traces les plus récentes, datées de la période dite de La Tène B-C (400-150 av. J.-C.). Elles se matérialisent par une concentration de structures en creux (trous de poteau, fosses). Aucun plan de bâtiment ne se détecte clairement, mais l’organisation générale suggère une orientation spécifique.
Des bûches et des galets pour cuisiner
On attribue à la transition Bronze final/Premier âge du Fer (vers 800 av. J.-C.) plusieurs aménagements, dont un foyer à pierres chauffantes. Cette structure prend la forme d’une fosse quadrangulaire de 2,10 x 1,10 m. Son fond était tapissé des restes d’une trentaine de bûches carbonisées, surmontées d’une charge constituée de très nombreux galets (651 galets pour un poids de 187 kg !). Le fonctionnement du foyer consistait à activer un feu vif pour chauffer les galets, qui restituaient ensuite la chaleur au cours d’une cuisson à l’étouffée.
Un habitat de l’Âge du Bronze
Les traces les plus anciennes datent de la fin de l’âge du Bronze, vers 1400-1000 av. J.-C. Il s’agit de tout un ensemble d’objets dispersés sur une surface d’environ 60 m2, correspondant selon toute vraisemblance au sol d’un bâtiment disparu : céramiques écrasées, outillage en pierre (éclats de silex, galets, meules à main) ou en terre cuite (fusaïole pour le filage), fragment de bronze.
Des restes de glands carbonisés
Elément le plus remarquable de la fouille, le sol du bâtiment était jonché de graines carbonisées, particulièrement autour d’un foyer. Notre spécialiste carpologue (Laurie Flottes) a identifié des glands, conservés depuis près de 3000 ans. Pour cette époque très ancienne, on a donc ici une preuve directe du ramassage (la glandée, qui a donné ensuite le terme péjoratif ‘glandeur’) et de la consommation des fruits du chêne – peut-être sous forme de farine ou de pâte.
Comme des châtaignes ardéchoises ?
Bien que plus tardifs, les textes romains rappellent l’importance de cette ressource alimentaire, souvent sollicitée en cas de disette. Au Ier siècle apr. J.-C., le naturaliste Pline l’Ancien écrit par exemple ceci (HN, VI, V, 1) : « Il est certain que de nos jours encore les glands sont une richesse pour plusieurs nations, même en temps de paix. Les céréales venant à manquer, on sèche les glands, on les moud, et on en pétrit la farine en forme de pain. » Il ajoute que le gland « est plus doux cuit sous la cendre » – ce qui n’est pas sans évoquer la charbonneuse découverte de Livron-sur-Drôme…
Et après ?
Sur le terrain, Géant Pièces Auto 26 a pu poursuivre l’extension de son site. Côté archéologie, nos experts étudient l’ensemble des données recueillies (photos, dessins, objets), afin de comprendre au mieux comment on a vécu et mangé dans ce secteur de la vallée du Rhône aux deux derniers millénaires av. J.-C. Tous ces résultats contribuent à éclairer un passé encore mal connu. Ils sont rassemblés dans un rapport de fouille abondamment documenté.
Opération d’archéologie préventive conduite à l’été 2020 sur la commune de Livron-sur-Drôme (Drôme), au quartier de la Lauze, en préalable à l’extension du site GPA 26.
Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes
Maîtrise d’ouvrage : Géant Pièces Auto 26
Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Arthur Tramon)
Visite de site archéologique à Briord
Pour en savoir plus...
Depuis août 2021, les archéologues d’Archeodunum sont à pied d’œuvre au cœur de Briord. Enjeu : procéder à une fouille archéologique avant la construction d’une maison individuelle. Sur près de 2 000 m2, c’est un quartier vieux de 2 000 ans qui surgit du sous-sol, avec une rue, une maison de belle qualité et des voisins artisans.
Bienvenue à Briorate
La fouille se situe à Briord (Ain), ancienne agglomération secondaire antique située au bord du Rhône à environ 60 km en amont de Lyon, entre Belley et Saint-Vulbas. L’agglomération est notamment connue pour sa nécropole principale des Plantées, fouillée des années 1960 aux années 1980. Ayant livré plus de 600 tombes, ce cimetière se développe entre le Ier siècle avant J.-C. et le VIIIe siècle après J.-C.
De l’agglomération antique proprement dire, on connaissait jusqu’il y a peu des éléments ponctuels : des fours artisanaux, quelques lots de monnaie, une statuette de Mercure, une série d’inscriptions dont l’une a donné le nom des habitants, [BR]IORATENSES, « ceux de Briorate », d’après un toponyme gaulois signifiant « le pont » ou « le gué » – le Rhône n’est pas loin !
Une fenêtre sur l’agglomération antique
L’élément structurant l’occupation gallo-romaine est une voie, initialement large d’environ 8 mètres, cheminant selon un axe nord-ouest / sud-est – une orientation générale que reprend l’actuelle rue des Ecoles. Le quartier semble habité dès le début du Ier siècle après J.-C., pour s’échelonner jusqu’au IIIe ou au IVe siècle. Des constructions occupent les deux côtés de la chaussée.
Une maison chic
L’emprise de la fouille recoupe principalement un important bâtiment édifié sur la bordure nord-est de la rue. Il s’agit vraisemblablement d’une maison d’habitation de bon standing, munie d’un atrium. Cette cour intérieure, caractéristique de l’architecture romaine, est couverte sur ses quatre côtés et recueille les eaux pluviales dans un bassin central. Elle dessert également les pièces de vie situées en retrait.
Les archéologues ont d’ores et déjà identifié des phases d’agrandissement et de transformation de cette maison. Le bassin de l’atrium est reconstruit sur un plan légèrement plus petit. De nouvelles pièces sont créées au nord-est, bordées par une vaste cour équipée d’un puits et de canalisations. Côté rue, deux pièces sont créées en empiétant sur l’espace de la chaussée : on y restitue volontiers des boutiques.
Ailleurs dans le quartier
Tel qu’on le perçoit, le voisinage n’est pas entièrement à l’image de cette maison. Au nord-ouest, séparé de la maison par un étroit passage, un nouvel édifice se distingue par une pièce chauffée par hypocauste : il pourrait s’agir de thermes. Au sud-est, plusieurs pièces équipées de foyers abritent sans doute des artisans. Derrière, un vaste espace vide évoque une place, sans écarter l’hypothèse qu’on se trouve à la limite de l’agglomération. Enfin, de l’autre côté de la rue, des structures en creux (fosses, négatifs de poteaux, puits) ainsi que des sols délimités par des maçonneries pourraient témoigner d’une activité artisanale pratiquée en bordure de voie. De nombreux pesons de métiers à tisser y ont notamment été découverts.
Affaire à suivre !
Ces premiers résultats montrent la richesse et la diversité de l’agglomération des Brioratenses. La poursuite de la fouille (jusqu’en décembre 2021) sera à n’en pas douter riche de nouvelles données et d’enseignements sur la vie à l’époque romaine au bord du Rhône. Elément supplémentaire, une évaluation réalisée en 2019 à une centaine de mètres au nord a montré que l’agglomération antique s’étend dans cette direction. Affaire à suivre !
Opération d’archéologie préventive conduite à l’été et l’automne 2021 sur la commune de Briord (Ain), en préalable à la construction d’une maison individuelle
Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie d’Auvergne-Rhône-Alpes
Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Elio Polo)
Rempart, crimes et botanique
Rempart, crimes et botanique
Résultats de l’accompagnement archéologique à l’Orangerie de Montbard
L’ambitieux projet de réhabilitation du parc Buffon et de ses abords, porté depuis juin 2019 par la municipalité de Montbard, se poursuit. De juillet 2020 au printemps 2021, il s’est attaché à la création du pôle pédagogique et récréatif de l’Orangerie, en contrebas de l’ancien château. À la demande du Service Régional de l’Archéologie de Bourgogne-Franche-Comté, les archéologues de la société Archeodunum, sous la responsabilité de Cécile Rivals, ont accompagné ces travaux.
L’intervention archéologique a été plurielle : un suivi de travaux, pour accompagner le creusement de tranchées de réseaux et de fosses de plantation et documenter les vestiges archéologiques ; une étude du bâti, pour analyser deux caves aux singuliers graffiti ; enfin, une étude documentaire, pour faire dialoguer résultats archéologiques et sources historiques. Sur les surfaces explorées, les résultats sont spectaculaires, avec notamment l’identification du rempart nord de la ville médiévale et la découverte d’une prison contemporaine de Buffon.
Les traces de la fortification urbaine médiévale
Cécile Rivals et son équipe ont commencé par découvrir une portion de la fortification urbaine de Montbard, dont le tracé était encore méconnu. Un tronçon du mur de courtine de cet ouvrage défensif, large de 1,50 m, ainsi qu’une tour semi-circulaire accolée ont été mis au jour en limite nord de l’emprise. Les sources écrites nous permettent de savoir que ce rempart a été édifié avant le milieu du XIVe siècle, puis largement reconstruit au début du XVIIe siècle.
Chez Bogureau et compagnie : un îlot d’habitation de l’époque moderne
Dans l’espace intra-muros, les murs de plusieurs maisons sont apparus sous les remblais. Ces murs formaient les caves enterrées d’un îlot urbain de la fin du Moyen Âge ou de l’époque moderne. La trace de ces bâtiments a également été retrouvée dans des actes de vente de la seconde moitié du XVIIIe siècle. On dispose ainsi d’une brève description de ces maisons avant leur destruction, et on connait les noms des familles qui y ont vécu : Bogureau, Berthuot, Cochat et Varret – des ancêtres de Montbardois d’aujourd’hui ?
Un lieu d’incarcération au temps de Buffon
Nos spécialistes de l’archéologie du bâti ont étudié deux caves enterrées, découvertes fortuitement avant le début des travaux. Il s’agit de deux espaces voûtés superposés, une organisation qui témoigne de l’adaptation à la forte pente marquant ce secteur de la ville. Une troisième cave a été entrevue lors du suivi de travaux, mais il n’a pas été possible d’y pénétrer.
Ces trois caves appartiennent à un bâtiment disparu, qui a servi de prison entre 1726 et 1774. Sur les murs, les prisonniers ont laissé des traces émouvantes de leur passage, sous la forme d’un impressionnant enchevêtrement de graffiti, dessinés ou incisés. Les représentations sont très variées : portraits, bateaux, inscriptions, peignes de comptage du temps ; à la vue de quelques dessins de plantes en pot, il est difficile de ne pas penser à la proximité des grands travaux botaniques de Buffon, contemporains de ces sinistres cachots.
L’Orangerie de Buffon
Après avoir transformé l’ancien château de Montbard en jardin botanique, le naturaliste Georges-Louis Leclerc de Buffon s’est attaché à installer une Orangerie. Celle-ci, mentionnée à partir de 1742, se compose dans un premier temps d’une serre, d’un puits et de parterres. En 1780, elle est agrandie vers le nord, à l’emplacement de l’îlot d’habitation découvert. C’est également dans ce cadre que Buffon échange une de ses propriétés contre l’ancienne prison, à la pointe sud-est de l’Orangerie.
Ces aménagements successifs sont attestés tant par les documents anciens que par les vestiges archéologiques. L’ensemble donne l’image d’un jardin soigné, où les orangers et les citronniers plantés en pots étaient rentrés l’hiver dans des serres chauffées. Des statues et de nombreuses fleurs agrémentaient les allées plantées de sycomores.
Et après ?
Au cours du XXe siècle, les serres de l’Orangerie servent de gymnase pour l’école primaire de Montbard, tandis qu’une partie des jardins devient un parking. Aujourd’hui, le seul bâtiment encore conservé accueille le service de médiation culturelle du Musée Buffon et le siège de la Société naturaliste du Montbardois. Et, avec l’aménagement d’une aire de jeux dans un écrin de verdure, c’est une nouvelle page de l’histoire de ce secteur qui est en train de s’écrire.
Côté archéologie, nos experts étudient l’ensemble des données recueillies (photos, dessins, objets, archives) afin de comprendre au mieux comment on a vécu, libre ou enfermé, dans ce secteur de Montbard au cours des siècles. Tous les résultats sont rassemblés dans un rapport de fouille abondamment documenté.
Opération d’archéologie préventive conduite entre juillet 2020 et mars 2021 sur la commune de Montbard (Côte-d’Or), au lieu-dit Parc de l’Orangerie, en préalable à la création du pôle pédagogique et récréatif de l’Orangerie.
Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie de Bourgogne Franche-Comté
Maîtrise d’ouvrage : Municipalité de Montbard
Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Cécile Rivals)
Parties de campagnes gallo-romaines
Parties de campagnes gallo-romaines
En octobre 2020, une équipe d’Archeodunum a investi le nord-ouest de la commune de Crissey (Saône-et-Loire). Mission : réaliser une fouille archéologique de 3 600 m² prescrite par le Service régional de l’archéologie de Bourgogne-Franche-Comté, en préalable à la création d’une plateforme logistique (Aubade / Comptoir des Fers). Sous les terres agricoles d’aujourd’hui, c’est une évocation des paysages campagnards d’époque romaine qui se dégage, sur un mode impressionniste.
Des drains, des fossés et des pots
Sous les trente centimètres de terre végétale retirés en début d’opération, apparaissent les stries parallèles de drains modernes – qui ont parfois recoupé les structures anciennes.
2000 ans auparavant, c’est un autre réseau qui se développe sur l’ensemble de l’emprise. Il s’agit de plusieurs fossés, répartis en deux phases chronologiques (Ier siècle apr. J.-C. ; du milieu du IIe au IIIe siècle). Limites de parcelles ou de champs, fossés drainants, bordures de chemin, les usages sont difficiles à préciser.
Elément remarquable, l’équipe a découvert des vases brisés, mais complets, dans les comblements des fossés. Pour Marie-José Ancel, responsable de l’opération, ces dépôts visiblement intentionnels pourraient bien être liés au bornage des terres : une pratique fréquemment attestée en Gaule, également mentionnée par l’agronome latin Siculus Flaccus. C’est peut-être également à cette fonction qu’il faut rapporter les pots entiers découverts lors du diagnostic.
L’insondable profondeur du puits
Un puits a été découvert à l’ouest de l’emprise. Creusé dans l’argile, il est cuvelé de pierres dans sa moitié inférieure, en partie effondrée. Sa profondeur totale, supérieure à 2,70 m, reste inconnue, car la présence de la nappe phréatique n’a pas permis de poursuivre l’exploration. L’existence de ce puits est un indice en faveur d’une occupation de longue durée.
De terre, de rouille et d’os
Les vestiges antiques, principalement des négatifs de poteaux et quelques fosses, se concentrent dans la moitié ouest de la fouille. Ils sont en partie recouverts par un vaste « remblai » de près de 200 m², riche en fragments de tuiles et objets de la vie courante datés jusqu’au IIIe siècle après J.-C. Zone de dépotoir, cette couche témoigne de la proximité d’un habitat.
Parmi l’abondant mobilier, mentionnons une patère (récipient à manche pour les ablutions) et deux fibules en bronze, des bandages de roues de char et des outils agricoles en fer, ainsi que de nombreux récipients en céramique et quelques-uns en verre. Quelques fragments d’os animaux ont également été mis au jour.
Céréales killer : un grenier incendié
Si aucun habitat n’a pu être reconnu, un petit bâtiment rectangulaire se situe à l’est, à l’écart de la zone la plus dense en vestiges. Les quatre négatifs de poteau qui en révèlent l’existence dessinent le plan d’un grenier sans doute surélevé. Dans leur remplissage, des couches charbonneuses ou rubéfiées évoquent un incendie. Grâce à un tamisage très fin, on y a retrouvé des grains de blé, d’orge et de millet, ultimes restes des céréales qu’on y stockait !
Un peu d’au-delà
Outre ces traces d’organisation de l’espace et d’activités des vivants, nos archéologues ont découvert deux tombes à inhumation dans la zone la plus riche en vestiges. La première abritait un individu adulte dont le squelette est très mal conservé – au point même qu’une tentative de datation par carbone 14 a été infructueuse ! Le corps a été enseveli dans une fosse étroite, sans aménagement ni mobilier particulier. Il est orienté la tête à l’ouest et repose sur le dos.
La seconde tombe est incertaine. Il s’agit d’un coffrage en pierres de petites dimensions, suggérant qu’il ait pu accueillir un enfant. Aucun ossement n’est toutefois conservé et il n’est pas possible d’assurer qu’il s’agisse bien d’une sépulture.
Et après ?
À l’issue du chantier, le Comptoir des Fers a repris possession des lieux pour y aménager sa plateforme. Côté archéologie, nos experts étudient l’ensemble des données recueillies (photos, dessins, objets, etc.) afin de comprendre au mieux comment on a vécu dans ce secteur du Chalonnais durant l’époque romaine. Tous les résultats sont rassemblés dans un rapport de fouille abondamment documenté.
Opération d’archéologie préventive conduite en automne 2020 sur la commune de Crissey (Saône-et-Loire), en préalable à la création d’une plateforme logistique.
Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie de Bourgogne-Franche-Comté.
Maîtrise d’ouvrage : Comptoir des fers
Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Marie-José Ancel)
Journées Européennes de l’Archéologie 2021
Journées Européennes de l’Archéologie
A l’occasion de l’édition 2021 des journées européennes de l’Archéologie, Archeodunum vous invitent à visiter un chantier archéologique en cours de fouille à Ligugé (Vienne) et à déambuler le long des remparts de Guérande (Loire-Atlantique). Profitez-en également pour découvrir nos dernières actualités et nos opérations proches de chez vous !
Bonnes découvertes !!
Ligugé « Fief du Pilier / route de Croutelle » : invitation aux portes ouvertes sur le chantier de fouille
Notre équipe à l’œuvre sur le futur lotissement du Fief au Pilier vous invite à venir découvrir 3000 ans d’histoire, des âges des Métaux au Moyen-âge
Accès libre 19 juin
9h-12h / 13h-16h
Présentation du métier d’archéologue et visite du site
Accès au chantier : Fief du Pilier – route de Croutelle, Ligugé à 10 km au sud de Poitiers (Vienne) (lien Google Map)
Accès gratuit dans les limites de capacité du site et du respect des gestes barrières.
Port du masque obligatoire.
Guérande : incitation à déambuler le long des remparts
Notre équipe d’experts du bâti accompagne la restauration des remparts de Guérande. Même en l’absence d’archéologues lors des JEA, nous vous incitons à déambuler le long de cette fortification exceptionnelle, et à chercher le panneau présentant la mission archéologique !
Reportage France TV, réalisé à l’occasion de la restauration des remparts
Nos dernières actualités
Des archéologues à l’assaut de Guérande
Des archéologues à l’assaut de Guérande
Des remparts exceptionnels
Guérande est l’une des rares villes bretonnes, avec Concarneau, Dinan et Saint-Malo, à avoir conservé l’intégralité de son enceinte urbaine. Cette fortification a pris sa forme définitive au 15e siècle, mais certaines parties pourraient dater du 13e siècle.
Elle servait à protéger les habitants en cas d’attaque tout en ayant un rôle politique, économique et symbolique. Les conflits étaient nombreux, comme la guerre de succession de Bretagne au 14e siècle, ou les guerres de religions au 16e siècle.
L’enceinte est longue de 1 250 m. Actuellement, elle se compose de six tours, de quatre portes monumentales et d’une poterne. Le tout est relié par des murs imposants, munis d’un chemin de ronde.
Enrichir les connaissances grâce à l’archéologie
Guérande, Ville d’art et d’histoire, soucieuse de conserver ce patrimoine architectural qui fait sa renommée, a lancé depuis quelques années un vaste programme de restauration de ses monuments historiques. La Direction Régionale des Affaires Culturelles a demandé que des archéologues accompagnent ces travaux pour étudier l’ensemble des maçonneries et procéder à des fouilles lorsque des terrassements sont prévus. Les études compléteront celles menées depuis 2016 à d’autres endroits de la ville pour retracer, à terme, l’histoire architecturale de l’enceinte urbaine de Guérande.
Les missions des archéologues
Les archéologues, sous la direction de Jean-Baptiste Vincent ont pour missions de déterminer les phases chronologiques (notamment les origines) et les modalités d’accès au sommet des remparts. Ils vont également étudier les dispositifs défensifs (archères, bouches à feu), pour analyser l’évolution de la fortification en lien avec celle des armements (développement de l’artillerie à partir du 15e siècle).
La tranche de travaux en cours porte sur deux secteurs : au nord de la ville, une longueur d’environ 100 mètres de la Porte Vannetaise, traditionnellement qualifiée comme étant la porte la plus ancienne de l’enceinte, à la Tour de Kerbenet ; et au sud, la Porte de Saillé et un tronçon d’environ 75 mètres à l’est de la porte.
Une multiplicité d’approches
Pour obtenir les relevés nécessaires à l’étude architecturale, les archéologues recourent à des méthodes numériques. Grâce à des méthodes recourant au laser et à la photographie, avec l’assistance d’un drone, on obtient des documents de haute précision.
Ce sont ensuite toutes les composantes de la construction qui sont passées en revue : les matériaux et leur mise en œuvre, les programmes techniques, les recouvrements successifs des enduits, les charpentes, les sols. Ces données sont confrontées aux archives historiques, afin de retracer, autant que faire se peut, l’histoire architecturale des constructions.
Qu’est-ce que l’archéologie du bâti ?
Des mégalithes préhistoriques à l’architecture contemporaine, des milliers de constructions sont les témoins de notre histoire. Elles conservent les traces de celles et ceux qui les ont édifiées, habitées, transformées.
L’archéologie du bâti est une discipline de l’archéologie qui étudie les élévations des édifices. Elle consiste à « lire les murs » afin de retrouver les phases de travail, les traces de reprise ou de transformation. Elle cherche également à comprendre les chantiers de construction. Cette connaissance scientifique est indispensable pour accompagner la conservation et la mise en valeur du patrimoine bâti.
Reportage de France TV réalisé à l’occasion de ces travaux de restauration
Opération d’archéologie préventive de mars 2021 au printemps 2022 en accompagnement de la restauration des remparts.
Prescription et contrôle scientifique : Service régional de l’archéologie des Pays de la Loire.
Maîtrise d’ouvrage : Mairie de Guérande
Opérateur archéologique : Archeodunum (Responsable : Jean-Baptiste Vincent)



















































